Allez, je vais poster ça en deux fois. Voici donc la première demie journée, la suite arrivera avant jeudi soir dans le meilleur des cas. Bonne lecture.« Bonjour New York il est 6h00. Les températures aujourd’hui s’annoncent caniculaires, préparez-vous à affronter un soleil de plomb. Tout de suite les infos… » Une main masculine vint s’abattre lourdement sur le radio réveil faisant ainsi taire le présentateur à la voix nasillarde. Un jour, il faudrait qu’il pense à changer de station de radio, un jour. Pour le moment il avait d’autres chats à fouetter et ceux là n’attendraient pas. Il sortit donc de son lit, les yeux encore voilés de sommeil et prit la direction de la cuisine afin d’absorber sa dose de caféine matinale. Devant la cafetière vide, il poussa un soupir et se promit d’investir dans une cafetière programmable. Cela lui éviterait la désagréable surprise de ne pas trouver de café prêt à son réveil. Il prépara le breuvage miracle, enclencha l’appareil et profita des quelques minutes d’oisiveté dont il disposait pour prendre une douche. Perdre son temps n’était pas dans ses habitudes et regarder le café s’écouler goutte à goutte ne ferait pas s’accélérer la chose.
Il pesta et prononça quelques jurons bien colorés quand l’eau chaude fut remplacer par un jet glacé, un de ses charmants voisins avait encore dû utiliser toute l’eau chaude. Il faudrait qu’il parle de ce problème au propriétaire de l’immeuble, les douches froides étaient de plus en plus fréquentes, et il détestait ça.
Une douche froide et un café plus tard, il sortait de chez lui, prêt à affronter une nouvelle journée épuisante. Il adorait son job, il lui prenait tout son temps mais pour rien au monde il n’en aurait changé. Perdu dans ses pensées, il n’aperçut pas la vieille dame qui semblait l’attendre au pied des escaliers. Ce n’est que lorsqu’il entendit sa voix qu’il réalisa alors que quelqu’un s’adressait à lui. Il soupira, résigné quand il vit qu’il s’agissait de sa voisine, celle qui semblait collectionner les chats. Que pouvait-elle faire debout si tôt? Il réalisa alors ce qui l’attendait lorsque sa charmante voisine lui fit part de la nouvelle fugue de son Roméo. Ce n’était pas la première fois, Roméo était un délinquant récidiviste. Ce chat, une très belle et adorable bête selon sa propriétaire, s’obstinait à pourchasser les oiseaux qui prenaient tranquillement le soleil sur le balcon de Madame Fine et se retrouvait immanquablement coincé quelque part. Cette fois-ci ce ne fut pas différent, le félin était prisonnier de la benne à ordures et refusait dans sortir. Voyant ce que sa voisine attendait de lui, le jeune homme soupira discrètement et l’accompagna dans la ruelle qui bordait leur immeuble. Il souleva le couvercle de la benne et cette fois-ci poussa un soupir beaucoup moins discret. Le chat avait bien choisi son jour, la benne était pleine et l’odeur qui s’en dégageait loin d’être agréable. Jusqu’à présent il n’avait jamais rien eu à reprocher aux chats mais les choses venaient de changer. Il les détestait, tous en général et celui-ci en particulier.
Il fut accueillit par des sourires amusés et des rires peu discrets quand il franchit les portes du labo. Son escapade dans la benne à ordures avait laissé des traces. Le chat s’en était donné à cœur joie. Au lieu de l’accueillir en sauveur, il avait griffé, craché, mordu. Le jeune homme avait bien été tenté de le laisser moisir dans sa benne mais sa maîtresse le regardait avec des yeux pleins d’espoir. Il s’était donc résolu à entrer dans le contener et récupérer l’impossible animal. Peu reconnaissante la teigne avait filé dans les pattes de sa maîtresse après un dernier coup de griffes. La vieille dame avait remercié son voisin avant de filer aussi vite que le lui permettaient ses petites jambes. Il avait à peine pensé à remonter prendre une nouvelle douche et se changer que son bipper avait sonné furieusement le rappelant à l’ordre.
Il traversait donc les couloirs vitrés du labo avec la désagréable impression d’être une bête de foire. Bon d’accord, il puait, des tâches diverses et variées maculaient ses vêtements et alors? Aucun d’entre eux n’avait jamais plongé dans une benne pour secourir un chat? Il arriva enfin à destination. Ils étaient déjà tous là, buvant un café, discutant et l’attendant. Il fit une entrée remarquée évidemment. Stella et Lindsay le regardaient avec des yeux ronds comme des soucoupes, Flack était prêt à exploser de rire mais se retenait devant le regard furieux de son ami, quant à Mac, il leva un sourcil intrigué mais ne fit aucun commentaire sur sa tenue.
- Vous êtes en retard.
- Désolé.
Ne manquait que Hawkes, absent lui aussi. Il ne tarda cependant pas à faire son apparition, beaucoup plus discrète que la sienne mais ne put s’empêcher de faire un commentaire sur l’odeur omniprésente qui avait à présent envahi le bureau de leur supérieur.
- Charmante odeur. On a un problème d’égouts?
Sans fut trop pour Flack qui laissa son fou rire éclater. Stella et Lindsay se joignirent à son hilarité devant la mine furieuse de Danny. Hawkes comprenant enfin d’où s’échappait l’odeur nauséabonde jeta un coup d’œil curieux à Danny, cherchant visiblement à comprendre ce qui avait bien pu se passer pour que le jeune homme soit dans un état aussi lamentable.
- S’il vous plaît, dois-je vous rappeler que nous avons du travail?
L’intervention de Mac suffit à rétablir l’ordre. Celui-ci distribua les enquêtes et Danny se retrouva pour son plus grand malheur coincé avec Don au labo, afin de régler une sombre histoire de paperasse. Son instinct lui disait que la journée allait être très longue et à voir le sourire goguenard du détective, ça ne faisait aucun doute. En plus il détestait la paperasse. Ils sortirent tous du bureau de Mac, celui-ci retenant le jeune homme.
- Une dernière chose, prenez une douche avant de commencer.
Flack qui attendait son ami sur le pas de la porte rit à nouveau.
- Qu’est ce qui s’est passé au juste?
- Tu ne le croiras jamais et de toute façon, je trouve que tu t’es assez marré aujourd’hui.
Voyant que Flack ne comptait pas le lâcher tant qu’il ne lui aurait rien dit, Danny se décida à lui raconter sa relation conflictuelle avec Roméo. Il savait bien que c’était une mauvaise idée mais connaissant la pugnacité du détective, il savait qu’il n’aurait pas eu la paix tant qu’il n’aurait rien dit. Autant le laisser se marre une bonne fois pour toutes et travailler sérieusement ensuite. Dire que tous les autres étaient sur le terrain et qu’il se retrouvait coincé avec son meilleur ami, qui en ce moment même se fouettait royalement de lui. Il laissa Flack se calmer et sortit chercher un café.
Décidément ce n’était pas sa journée. Face à la machine il cherchait du regard ce qui pouvait bien ne pas fonctionner. Il lui avait fallu dix minutes pour obtenir un jus de chaussettes et le second se faisait attendre. Quand enfin il récupéra le gobelet, il entendit une voix dans son dos et sursauta, renversant la quasi-totalité du breuvage brûlant sur sa chemise toute propre. Il se retourna pour faire face à celui qui était la cause de ce nouveau désastre et plongea son regard dans les prunelles bleues de Don.
- Il n’y a pas 36 solutions. Ou mon horoscope est particulièrement mauvais et les catastrophes vont continuer à s’enchaîner, ou j’ai eu ma dose pour la journée et ça ne pourra pas empirer. Et arrête de te marrer comme ça, tu me fatigues.
Il jeta ce qui restait de café dans la poubelle et reprit le chemin de la salle de réunion. Il sentait dans son dos le regard amusé de son ami mais décida de ne pas y prêter attention.
Finalement ils avaient été plutôt productifs, ils avaient réussi à monter le dossier de l’accusation, recensant toutes les preuves, les témoignages et le déroulement de leur dernière enquête. Danny était soulagé, aucune nouvelle catastrophe n’était venue perturber leur travail. Il s’était levé et s’apprêtait à sortir de la salle quand Flack poussa un juron. Danny se retourna lentement, s’attendait au pire et il vit le pire. Son ami fixait, furieux, l’écran du portable sur lequel ils venaient de finir de rédiger leur rapport.
- Quoi?!
- Tu avais fais une copie du rapport hein?
- Non, je pensais que tu l’avais fait. Pourquoi?
Flack orienta l’écran vers Danny et celui-ci ferma les yeux devant cette vision d’horreur. Tout leur travail de la matinée était perdu, à la place s’affichait une page blanche.
- Tu es sûr de ne pas l’avoir enregistré?
- A ton avis.
- C’est pas possible. Tu es en train de me dire qu’on vient de perdre une demi-journée de boulot?
- Oui.
- Cette journée est merdique, elle ne finira donc jamais?
Ca leur prit deux nouvelles heures pour rédiger le rapport maudi. Lorsqu’il fut terminer, Danny prit toutes les précautions possibles pour l’enregistrer, ne lésinant pas sur le nombre de copies de sauvegarde. Paranoïaque peut-être mais vu comment avait démarré sa journée, il valait mieux se méfier.