Harm avait alors placé sa mains droite sur le ventre de Harriet comme si par ce geste il avait pu retenir le bébé.
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15:03 GMT
Appartement de Mac
Georgetown, Washington, D.C.
Mac introduisit la clé dans la serrure de la porte de son appartement, entrouvrit la porte et attendit quelques secondes avant d’aller plus loin. Elle s’attendait encore aujourd’hui – trois semaines après sa disparition - à ce qu’il vienne l’accueillir d’un baiser lorsqu’elle entrerait dans l’appartement. Elle referma la porte sans entrer et se tourna vers Harriet, la regardant avec de grands yeux humides.
« Harriet, je suis désolée, je ne peux pas. » Dit-elle d’une toute petite voix triste.
« Ce n’est rien, Madame. Je comprends. » Lui répondit celle-ci en la serrant dans ses bras.
Mac et Harriet restèrent ainsi enlacées pendant de longues minutes. Sarah Mackenzie pleurant à chaudes larmes. Elle n’en pouvait plus, elle avait essayé d’être forte pendant ces trois dernières semaines sans Harm et ç’avait été un véritable enfer. La vie sans Harm était un enfer.
En réalité depuis sa disparition Mac était désemparée et perdue – une tonne de questions tournait et tournait encore dans sa tête et aucune réponse. De plus, le fait qu’elle n’arrivait pas à se sortir de la tête que l’accident de Harm n’en était pas un ne lui rendait pas service.
Mais comment pouvait-elle en parler à Harriet ? Elle n’était pas prête à l’expliquer à qui que ce soit d’ailleurs. Le seul à le savoir était l’amiral Chegwidden – elle espérait que si leurs soupçons s’avéraient être fondés, c’est lui qui mettrait l’équipe au courant car elle savait qu’elle n’en aurait pas le courage.
« Harriet ? » Murmura Mac en se dégageant de l’étreinte de son amie.
« Oui, qu’y a-t-il ? » Demanda-t-elle tout aussi doucement.
« Pourriez-vous me conduire à l’appartement de Harm, s’il vous plaît ? »
Harriet ne réagit pas, tout d’abord un peu interloquée par cette demande, puis elle vit dans les yeux de Mac pourquoi celle-ci voulait aller là-bas et elle acquiesça d’une signe de tête. Les deux amies reprirent le chemin vers la voiture pour aller à l’appartement de Harm.
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15:33 GMT
Appartement de Harm
Au Nord de Union Station
Washington, D.C.
Mac ouvrit la porte et ferma les yeux, se remémorant des paroles que Harm avait prononcées un mois et demi auparavant pendant la nuit où ils s’étaient aimés pour la dernière fois.
« Sarah Mackenzie, je t’aime plus que ma propre vie. Je ne trouve pas de mots assez forts dans tous les mots que je connais qui puissent exprimer la force de mon amour pour toi et cela depuis le premier jour de notre rencontre dans la roseraie de la Maison-Blanche et ce, même si au début les choses n’étaient pas parfaites. J’étais effrayé et ne savais pas quoi faire de tout cet amour. Aujourd’hui je ne regrette rien, remerciant Dieu, chaque jour de t’avoir fait croiser mon chemin, de pouvoir t’aimer et d’avoir ton amour en retour. Depuis que tu fais partie de ma vie, celle-ci est plus belle, plus facile. Tu es le soleil qui me réchauffe lorsque j’ai froid. Tu es m’a bouffée d’air, mon oxygène, ma raison de vivre, sans toi je ne suis rien. Si je suis heureux, c’est grâce à toi ; si je suis malheureux, c’est à cause de toi et quand tu n’es pas là, chaque minute, chaque seconde est une souffrance. Je t’aime Sarah, je t’aime plus que tout au monde… »
Une petite perle roula le long de la joue de Mac avant qu’elle n’entre dans l’appartement. Ce souvenir était encore si présent dans sa tête et la voix de son amant disparu si présente que parfois, lorsqu’elle y repensait le soir, elle se retournait dans son lit, prête à se blottir contre lui. Seulement, lorsqu’elle ouvrait alors les yeux, tout ce qu’il y avait c’était une place vide et un drap glacial. C’est alors qu’elle se levait pour aller dans la penderie chercher quelque chose qui lui avait appartenu – une chemise, un pull, un t-shirt n’importe quoi qui avait son odeur - qu’elle enfilait pour qu’elle puisse le sentir prêt d’elle. Ensuite elle se rendormait plus paisiblement car elle avait l’impression d’être serré tout contre Harm.
Harriet entra avec Mac car l’amiral lui avait donné l’ordre de ne plus la lâcher pour la soirée – il n’était vraiment pas à l’aise et il ne voulait pas qu’elle passe la nuit seule. A.J. Chegwidden s’en voulait un peu de l’avoir demandé au lieutenant Sims, mais il ne voyait pas à qui d’autre le demander : le Quartier-maître Jennifer Coates était trop jeune – enfin peut-être pas trop jeune, mais connaissait Mac depuis trop peu de temps. Non, Harriet était la personne requise.
« Colonel, puis-je téléphoner ? »
« Oui, bien entendu, faites comme chez vous. »
Le lieutenant Sims se dirigea vers le téléphone et Mac referma la porte derrière elle avant d’enlever son manteau et de se diriger vers la chambre qui fut celle de Harm et qui pour Mac l’était encore toujours. Si cela devait changer un jour, ce serait dans de très nombreuses années et encore.
Mac ne voulait plus aimer personne – elle n’était plus capable d’aimer une personne comme elle avait aimé Harm. Harm était quelqu’un d’extraordinaire. Il n’y avait personne comme lui. Il était aimant, loyal, il aurait été capable de sacrifier sa vie pour son pays s’il l’avait fallu. Il était toujours là pour aider ses amis quand ils en avaient besoin.
Aucun homme ne prendrait jamais la place qu’occupait Harmon Rabb Junior dans son cœur, de toutes manières il n’y avait plus de place puisque Harm y occupait toute la place disponible. Le seul être qu’elle serait encore capable d’aimer était le petit être qu’elle portait en elle. Fille ou garçon, cela n’avait aucune importance, elle l’aimerait totalement et inconditionnellement comme elle avait aimé le père.
Sarah ouvrit la penderie et y prit une des chemises de celui qui avait égaillé ses nuits et les avait rendues si belles et merveilleuses. Mac prit une douche enfila ensuite une paire de blue-jeans et la chemise qu’elle venait de sortir de l’armoire et retourna auprès de Harriet qui était toujours au téléphone, mais qui semblait être sur le point de raccrocher.
« Tout va bien, Harriet ? »
« Oui, Madame, ne vous en faites pas. Et vous ? »
« Disons que ça va, d’accord ? »
« Comme vous voulez. Bud passera tout à l’heure avec le petit A.J., il vient m’apporter quelques affaires pour la nuit. »
« Harriet, vous devriez rentrer chez vous, je suis tout à fait capable de veiller sur moi. Vous savez. »
« Mac, je sais que vous semblez aller bien, mais je sais aussi ce que vous pouvez ressentir. De plus, l’amiral m’a ordonné de ne pas vous quitter d’une semelle… » Sourit-elle.
Mac lui rendit un petit sourire faible. Elle se sentait lasse et fatiguée. De plus, elle commençait à avoir un léger mal de tête.
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15:59 GMT
Appartement de Harm
Au Nord de Union Station
Washington, D.C.
Mac se demandait comme toujours ces derniers temps comment elle pouvait continuer à vivre après que celui qui était une autre moitié d’elle-même était parti à jamais. Comment pourrait-elle jamais retrouver une vie normale après ce qu’elle avait vécu avec Harm.
Oui, elle portait le fruit de leur amour mais cela ne l’empêchait pas de vouloir le rejoindre au moins une fois par jour. C’était une chose que Mac n’avait jamais pensé à faire même lorsque son père maltraitait sa mère ou même elle-même – il ne lui avait jamais fait du mal physiquement mais moralement, c’était une autre histoire.
Son enfance avait été une période si difficile et traumatisante et jamais elle n’avait pensé ne serait-ce qu’une seconde à mettre fin à ses jours. Elle avait préféré noyer son chagrin dans l’alcool. Aujourd’hui tout était différent, il n’y avait pas une seule seconde où elle ne pensait pas à lui.
Harriet avait raison, ainsi que l’amiral, Mac jetait de la poudre aux yeux des autres mais également aux siens. Elle faisait semblant d’aller bien devant les autres alors qu’en réalité tout ce qu’elle voulait c’était que Harm soit là près d’elle pour l’aimer encore une fois, pour la prendre dans ses bras, pour lui dire qu’il l’aimait. Juste une fois encore, rien qu’une fois. Mac aurait donné n’importe quoi pour que cela puisse se produire… même sa vie.
Elle voulait le voir pour qu’il la rassure. Cela arriverait bien plus vite qu’elle ne pensait…
Les yeux de Mac étaient brillants de larmes, il suffisait qu’elle se mette à penser à Harm pour se mettre à pleurer. Ce n’était pas son habitude mais la perte de Harm était la pire des choses qui s’étaient produites dans sa vie.
Le jour de la mort de Harm, une partie de son cœur avait été arrachée tout comme une partie d’elle-même était morte avec lui.
Ce n’est que maintenant qu’il était parti qu’elle réalisait à quel point elle l’aimait. Elle n’aurait jamais cru qu’elle était capable d’aimer quelqu’un à ce point. Si elle avait un jour pensé qu’elle avait aimé Chris, John ou même Mic, elle savait aujourd’hui qu’elle se trompait lourdement. En effet, elle n’avait jamais ressenti le tiers du quart de ce qu’elle avait ressenti et ressentait encore pour Harm.
Harm était celui qui lui avait appris ce qu’aimer et être aimée signifiait réellement, et elle ne l’oublierait jamais.
Harriet, attentive comme toujours, perçut les yeux brillants de Mac. Elle s’approcha d’elle et lui ouvrit les bras, Mac ne fit même pas semblant qu’elle n’avait pas besoin de réconfort – le fait était qu’elle en avait tellement besoin, qu’elle pensait ne jamais survivre à cette épreuve toute seule.
« Ca va aller, Colonel, ne vous en faites pas. » Lui murmura Harriet.
Mac ne réagit pas et laissa simplement libre cours à son chagrin. Elle n’avait pas vraiment pleuré depuis le drame, gardant tout pour elle comme le marine fier qu’elle était – extérieurement du moins car intérieurement c’était une toute autre histoire... Sarah n’arrivait pas à accepter le fait que Harm ait disparu à jamais.
De plus, elle s’en voulait du fait qu’ils aient perdu tant de temps tous les deux. Harm aussi avait sa part de responsabilité dans ce fait mais les choses étaient différentes à présent : le temps perdu en chamailleries et stupidités ne se rattrape jamais.
Toutes les fois où ils s’étaient disputés parce qu’ils étaient trop fiers pour admettre avoir fait une erreur. Aujourd’hui, plus besoin d’être trop fier, il n’était plus là.
Pourquoi ne comprend-on les choses que lorsqu’il est trop tard ? On a beau tourner la chose dans tous les sens, le résultat final est le même : on sait que l’on devrait agir d’une manière mais, rien à faire, on se dispute pour des choses futiles et inutiles et on ne peut s’en empêcher car c’est dans la nature humaine. Si seulement on pouvait se rappeler plus souvent à quel point le temps ici bas est précieux, on éviterait peut-être de faire des bêtises et pas besoin de croire en Dieu pour cela.
Mac se calma enfin doucement. Très doucement, elle se détacha de l’étreinte d’Harriet et la regarda, le visage défait par le chagrin. Le cœur d’Harriet se serra à cette vision de Mac : elle n’aurait jamais cru la voir un jour comme cela, aussi… ravagée.
« Harriet ? » commença-t-elle.
« Vous voulez aller vous coucher ? Cela vous fera peut-être du bien de vous allonger un peu même si vous ne dormez pas. Vous êtes épuisée. »
Sarah Mackenzie vit un signe affirmatif de la tête. Elles se levèrent toutes les deux et Harriet accompagna Mac jusqu’au lit qui, il n’y a pas encore si longtemps, était celui de Harm et qui ensuite était devenu le leur.
Mac s’assit sur le lit et se laissa lentement aller sur le côté avant de relever ses longues jambes, Harriet l’aida à se mettre correctement sous les draps en lui souriant doucement.
« Vous voulez que je reste près de vous, Madame ? »
« C’est gentil, Harriet, mais je voudrais rester un peu seule… » Lui répondit Mac d’une voix triste et lasse.
« Très bien. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous n’avez qu’à m’appeler, d’accord… » Fit Harriet en quittant la pièce.
Sarah fit signe de la tête et Harriet s’éloigna sans bruit, pensant qu’elle ne pouvait pas vraiment faire grand-chose pour aider son amie. Elle se dirigea vers le canapé et se laissa tomber dessus. La vie était décidément bien injuste envers les gens bien.
Ils avaient mis tant de temps tous les deux pour s’avouer enfin qu’ils s’aimaient et maintenant qu’ils étaient sur le point de se marier, le destin avait frappé : Harm s’était tué dans un accident d’avion.
Harriet avait toujours aimé Harm comme ami, et c’était de fait son meilleur ami – lorsque les choses allaient mal avec Bud, il était le premier à qui elle allait se confier. Il était facile de lui parler et il avait aussi toujours le don d’avoir les mots qui réconfortent ; il faisait sourire aussi et même si elle était mariée et heureuse avec Bud, elle ne pouvait s’empêcher de trouver qu’il avait un sourire ravageur.
Harm et Mac étaient si heureux ces dernières semaines. Alors pourquoi avait-il fallu que ce bonheur se brise en mille morceaux ? Si Harriet l’avait pu, elle aurait remonté l’horloge du temps pour que cette terrible épreuve ne se produise jamais mais d’un autre côté elle ne put s’empêcher de penser que Harm avait probablement eut la mort qu’il voulait puisque il était en avion…
« Harriet, non mais ça va pas de penser une chose pareille !? » se dit-elle.
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Si le monde ne s'adapte pas à vous, c'est à vous de vous adapter à lui -- Gil Grissom
Rien ne dure dans ce monde cruel pas même nos souffrances
-- Charlie Chaplin 