Elle se sourit à elle-même, elle se sentait brusquement stupide. Ecrire une lettre au Père Noël, cela signifiait vraiment qu’elle était désespérée. Mais pour une raison qu’elle ne s’expliquait pas, elle était heureuse de l’avoir fait.
Abby prit la lettre lorsqu’elle entendit le *bip* résonner, ce qui indiquait que les portes du labo venaient de s’ouvrirent. L’objet de son souhait venait d’entrer. Il se posta juste derrière elle et Abby plia rapidement la feuille de papier pour la glisser dans la poche de sa blouse de travail.
« Hey, Gibbs ! »
« Hey, Abby, tu ne t’ennuies pas trop ? » lui demanda-t-il en lui tendant un de ces tant appréciés Caf-Paw.
Tendant la main, Abby prit la boisson des mains de Gibbs alors qu’elle lui souriait.
« Un peu, mais j’y survis. Je suis simplement heureuse que cette affaire soit enfin terminée, Gibbs. Tu sais, parfois, je ne comprends vraiment pas les gens. » La dernière partie de la phrase fut prononcée avec une pointe de tristesse dans sa voix.
« Je sais, Abby mais c’est la raison pour laquelle nous sommes là, et faisons ce que nous faisons pour rétablir la justice dans le monde. Nous sommes la voix des victimes… » Expliqua Gibbs alors que sa main droite venait se poser dans le creux de son dos et le caressait doucement.
Gibbs était descendu voir Abby sans aucune raison particulière, il voulait simplement être avec elle. Noël était sensé être une période joyeuse mais, pour lui, Noël n’était pas sa période favorite de l’année parce qu’elle lui rappelait douloureusement qu’il était seul lorsqu’il rentrait chez lui dans la nuit ou aux petites heures du jour. Shannon et Kelly lui manquaient tellement tous les jours, même après toutes ces années. La douleur était encore bien plus vivace pendant cette période particulière de l’année. Son cœur saignait à chaque fois.
Lorsqu’il se sentait ainsi, il descendait voir Abby sans dire un mot à son équipe et lorsque son regard croisait celui de la jeune femme, il sentait la douleur dans son cœur s’atténuer.
Gibbs l’observait de manière bizarre, quelque chose dans l’expression de son regard venait de changer. Une expression qu’elle n’avait jamais vue auparavant. « Que penserais-tu si un vieux loup de mer comme moi t’offrait de prendre un café à l’extérieur puisqu’il n’y a pas vraiment grand-chose faire ? »
Abby rayonnait « Le rat de laboratoire que je suis adorerait ! » répondit-elle toute excitée.
« Laisse-moi enlever ma blouse de travail, ensuite, je suis toute à toi et tu n’es pas vieux. » Elle lui fit un clin d’œil.
Gibbs secoua la tête en riant.
Abby enleva sa blouse de travail oubliant complètement la lettre qu’elle avait écrite au Père Noël. Et lorsqu’elle accrocha sa blouse à la patère, celle-ci vacilla légèrement, juste assez cependant pour faire tomber la lettre de sa place relativement sécurisée. Mais comme la poche dans laquelle elle se trouvait était du côté opposé, elle ne remarqua pas que la lettre était tombée.
« Prête ? » Demanda Gibbs en lui offrant son bras.
Glissant son bras sous le sien, ils étaient sur le point de sortir du labo quand Ziva entra et Abby sentit son cœur se serrer « Je t’en prie, dis-moi que rien de grave ne s’est produit. » demanda-t-elle à sa collège, une tristesse évidente dans la voix.
Ziva fut légèrement surprise par la réaction d’Abby mais elle vit ensuite la distance à laquelle cette dernière se tenait de Gibbs et ne put s’empêcher de sourire.
Nous y revoilà, ils ne s’en rendent même pas compte. Ils sont amoureux l’un de l’autre… c’est pourquoi Ari avait essayé de la tuer pour atteindre Gibbs car il l’avait vu lui aussi… pensa-t-elle amèrement. L’expression de son visage avait dû se modifier alors qu’elle avait ces pensées en tête car elle entendit Abby lui demander « Tout va bien, Ziva ? »
« Hein ? Oui, oui, ne t’en fais pas pour moi… » dit-elle en agitant la main comme si cela ne signifiait rien.
Gibbs fronça les sourcils. « Ziva ? »
« Je vais bien, Gibbs. Vraiment. Maintenant, va rendre cette lady heureuse avec un Caf-Paw ! » Sourit-elle.
Le visage d’Abby s’éclaira d’un sourire.
« Merci, Ziva, mais tu es certaine, tout va bien ? »
« Oui, » répondit-elle en leur faisant un signe de main signifiant qu’ils pouvaient y aller.
Abby fit un sourire et elle et Gibbs prirent la direction de l’ascenseur en discutant comme ils le faisaient si souvent tous les deux. Ces deux-là avaient vraiment une relation spéciale qu’aucun adjectif ne pouvait qualifier. Cette relation était tout sauf celle d’un père avec sa fille.
Abby Sciuto pouvait faire plus de choses que les autres membres de l’équipe. Mais elle avait aussi des limites à ne pas dépasser et elle le savait très bien. Il lui arrivait parfois de tenter sa chance mais elle ne le faisait que rarement, elle respectait beaucoup trop son patron pour ça.
Ziva les regarda enter dans la cage d’ascenseur et elle ne put empêcher un sourire de se dessiner sur ses lèvres. Elle décida de ne pas remonter tout de suite et resta dans le labo, laissant promener son regard sur les ordinateurs et diverses machines présentes.
Son regard entraîné d’ancien agent du Mossad — quoique l’on est jamais ex-agent de quoi que ce soit — vit une chose blanche par terre qui ressemblait à un petit carré tout plat. L’objet qui avait attiré son attention se trouvait aux pieds de la patère du côté opposé à celui où se trouvait accrochée la blouse de travail d’Abigail Sciuto. Ziva en conclut que cette dernière n’avait probablement pas réalisé que c’était tombé.
Elle s’approcha et ramassa ce qu’elle réalisa être une feuille de papier pliée en quatre.
S’accroupissant, elle ramassa le papier sans le déplier, elle n’avait pas à mettre son nez dans les affaires d’Abby. Cependant quelques instants plus tard, poussée par une force irrésistible, Ziva déplia néanmoins la feuille et un nouveau sourire apparut sur ses lèvres lorsqu’elle lut les mots que le rat de laboratoire avait écrits au Père Noël.
Après avoir lu la lettre, Ziva replia soigneusement la feuille en quatre et la plaça dans la poche de la veste de labo accrochée à la patère avant de quitter les lieux et de se diriger vers l’ascenseur pour remonter dans les bureaux du NCIS.
Je pense que les rêves d’Abby vont se réaliser cette fois ou du moins un des deux souhaits formulés au Père Noël pensa Ziva alors que des étincelles brillaient dans ses yeux.
Avec cette idée en tête, elle pénétra dans l’ascenseur. Ouais, un des vœux d’Abby se réaliserait mais pour accomplir sa bonne action Ziva aurait besoin d’un complice.
Elle avait toujours suspecté que Gibbs et Abby partageaient un lien beaucoup plus fort qu’une simple amitié ou plus fort encore que le lien qu’il y a encore entre un patron et son employée. Et bien maintenant ses suspicions étaient confirmées.
Assise à nouveau dernière son bureau, un sourire éclairait toujours le visage de Ziva. Elle regarda Tony d’un air malicieux. Ziva fit tourner sa main droite de telle façon que la paume était à présent tournée vers elle, son index tendu vers lui, elle replia ensuite son doigt tout en l’appelant.
Surpris, Tony se demandait ce que lui voulait sa collègue. Se levant de sa chaise, il s’avança vers elle.
« Vous avez appelé, mademoiselle ? » demanda-t-il sur un ton assez snob.
« Ouais. »
Ziva David se pencha brusquement au-dessus de son bureau et attrapa Tony par le col de sa chemise pour l’attirer vers elle. Leurs visages étaient à présent à quelques centimètres l’un de l’autre. Elle fit mine de vouloir l’embrasser mais au dernier moment elle tourna la tête et ses lèvres étaient maintenant très près de son oreille gauche, si près qu’il pouvait sentir son souffle lorsqu’elle lui dit : « Tu vas m’aider à jouer les Pères Noël pour Abby. »
Tony DiNozzo fut surpris par les mots de Ziva. Il effectua un mouvement de recul avec sa tête de telle sorte qu’il pouvait la regarder dans les yeux.
« Quoi ? »
« Tu m’as bien entendue. » lui dit-elle en lui faisant un clin d’œil avant de lui lâcher le col de chemise. « Arrête de me regarder avec ces yeux de merle frit et suis-moi. Ne t’avise pas de répéter un mot à McGee… » Le mit-elle en garde.
« Des yeux de merlan frit, tu veux dire ? »
A suivre...
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Si le monde ne s'adapte pas à vous, c'est à vous de vous adapter à lui -- Gil Grissom
Rien ne dure dans ce monde cruel pas même nos souffrances
-- Charlie Chaplin 