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 CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)

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Lindsay
CSI niveau 2


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Date d'inscription: 27/10/2006

MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Ven 13 Juil - 22:01

Merciiiiiiiiii les filles !!!! bizz


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Chapitre 4



Sheldon sortit de l’ascenseur et commença à s’avancer dans les couloirs du laboratoire. Il n’eut pas besoin de les parcourir longtemps avant de tomber sur la personne qu’il cherchait. Mac sortait du Labo audiovisuel et était en grande conversation avec un laborantin qui lui faisait part des résultats qu’il avait obtenus de l’analyse d’une vidéo. Le médecin s’arrêta à une dizaine de mètres des deux hommes et observa Mac. Son visage s’assombrit soudain et il soupira. Comment allait-il lui annoncer que Danny se droguait depuis près d’un mois ? Comment allait-il le prendre ? Que ferait-il alors ? L’angoisse se mit à grandir en lui à mesure que le moment fatidique où Mac le remarquerait s’approchait. Et ce fut vite le cas. Celui-ci ne tarda pas à relever les yeux du document qu’il lisait et aperçut Sheldon dans le couloir. Les traits de son visage s’imprégnèrent alors très rapidement d’interrogation et d’inquiétude en constatant le malaise de Hawkes. Il tourna la tête vers son interlocuteur pour lui donner son avis et clore leur discussion. Il lui tendit ensuite la fiche de résultats et le scientifique s’en retourna dans la salle audiovisuelle. Mac se dirigea alors immédiatement vers Sheldon d’un pas déterminé.

- Hawkes ! Danny n’est toujours pas avec vous ? demanda t-il inquiet.
- Non… mais je sais où il est. Lui répondit Sheldon le regard grave.
- Et où est-il ? …
… Qu’est-ce qui se passe ? Ajouta t-il en haussant la voix devant le silence de son subalterne.
- Il faut que je vous parle…. Mais pas ici … dans votre bureau.

Mac fronça les sourcils en fixant le jeune médecin dans les yeux et déglutit. Ses propos et sa mine déconfite ne lui laissaient présager rien de bon. Il soupira et hocha la tête tout en l’invitant à se diriger vers son bureau. Les deux hommes se déplacèrent alors jusque là et y entrèrent. A peine la porte fut-elle fermée que Mac réitéra ses questions avec autorité.

- Qu’est-ce qui se passe ? Où est Danny ?
- Il est chez lui Mac, tout simplement chez lui.
- Chez lui ? Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Pourquoi ne répondait-il pas au téléphone ? Il lui est arrivé quelque chose ? demanda Mac inquiet.
- Non. Enfin oui …mais …. Hésita t-il.
- Oui ou non ? Soyez plus clair Sheldon ! Pourquoi Danny n’est-il pas venu travailler ce matin ? Fulmina Mac.
- Il a manqué l’heure. Il ne s’est pas réveillé.
- Je vous demande pardon ? Vous vous foutez de moi là ?
- Non Mac ! Pas du tout ! C’est juste que….

N’arrivant plus à soutenir le regard de son patron, Sheldon baissa les yeux.

- Crachez le morceau ….Je vois bien que vous essayez de me dire quelque chose. Déclara Mac plus calmement … Qu’est-ce qu’il a fait ? Finit-il par demander tout en craignant la réponse.
- Mac, … ça fait un mois…. Que Danny se défonce à l’héro, lui avoua t-il péniblement en relevant les yeux vers lui.
- Quoi ? Lança Mac, totalement stupéfait et atterré par la nouvelle. Mais qu’est-ce que vous me racontez ?
- Uniquement la vérité. Quand vous avez appelé Don, il s’est rendu chez lui et l’a trouvé complètement camé dans son canapé.
- C’est impossible ! On l’aurait remarqué si c’était le cas ! Ajouta t-il se refusant d’y croire, encore choqué.
- C’est ce que je me suis dit aussi au début, mais il faut se rendre à l’évidence. Le fait est qu’on n’a rien vu Mac, en tout cas … pas ça !
- Mais il allait bien ! La semaine dernière encore, lors du pot de départ en retraite de Jenkins, il a plaisanté et ri toute la soirée ! Il avait l’air d’aller bien ! rétorqua Mac, les yeux commençant à devenir brillants.
- Oui, comme vous dites, il en avait l’air. Ça ne veut rien dire ça Mac ! La prise d’héroïne provoque en général beaucoup de plaisir et une formidable euphorie s’en suit. Mais si vous y réfléchissez bien, comme je ne cesse de le faire depuis ce matin. Danny était souvent fatigué ces temps-ci, avait beaucoup moins d’appétit, disparaissait quelques instants de temps à autre sans qu’on sache pourquoi et était de plus en plus lunatique.
- C’est vrai. Affirma Mac en plongeant son regard éperdu dans le vide. J’avais remarqué aussi qu’il avait parfois de brusques changements d’humeur…. Mais j’avais mis ça sur le compte d’une déprime passagère. Après tout ce qu’il avait vécu, c’était on ne peut plus … « normal ». D’autant plus que la psychologue m’avait affirmé qu’il était sur la bonne voix ! Qu’il allait de mieux en mieux !
- Et bien il faut croire qu’il a réussi à la berner parce que je vous assure … qu’il ne va pas bien du tout. Déclara Sheldon le regard empli de tristesse.
- Mais comment a-t-il pu faire ça ? Comment s’en est-il procuré ? Comment cette idée stupide lui est passée par la tête ? Hurla de plus en plus fort Mac, très affecté par le sort de son jeune protégé.
- Je ne sais pas. On n’a pas eu le temps d’aborder le sujet.
- Un mois ! Murmura t-il en passant ses mains sur son visage. Un mois Sheldon ! Répéta t-il en haussant le ton. Comment a-t-on pu le laisser s’enfoncer durant tout ce temps ? …. Et bien sûr, il est accro je suppose ?

Le regard désolé, Sheldon ne put qu’acquiescer en silence. Mac ferma les yeux et lui tourna le dos pour faire quelques pas. Il avait du mal à réaliser que son jeune protégé était devenu un junkie. Il avait du mal à accepter de ne s’être aperçu de rien. Il le connaissait pourtant bien. Il savait par quelles épreuves difficiles il était passé. Mais jamais, non jamais il n’aurait imaginé que Danny puisse succomber aux délices des paradis artificiels. Jamais il n’aurait imaginé qu’il puisse tomber si bas ! Il aurait dû faire plus attention, plus veiller sur lui. Mais pourquoi ? Pourquoi avait-il fait ça ? Mac était en colère. Il lui en voulait d’avoir eu cette faiblesse. Danny avait tellement fait preuve de courage jusque là ayant su inexorablement rester debout face à l’adversité et à tous les horribles drames qui l’avaient frappé ! Alors pourquoi craquait-il maintenant ? Pourquoi ? Alors que tout semblait s’arranger, que tout semblait enfin rentrer dans l’ordre ?
Trop de questions se bousculaient dans sa tête. Mac avait l’impression d’être soudain replongé dans un cauchemar dont il croyait s’être enfin débarrassé. Et qu’il le veuille ou non, il allait devoir l’affronter et réagir en conséquence. Il tenta de reprendre ses esprits et fit face à nouveau à Hawkes.

- Vous vous êtes renseignés pour lui avoir une place en cure de désintox ?
- Non, il ne veut pas en entendre parler….
- Comment ça il ne veut pas en entendre parler ? Fulmina Mac en lui coupant la parole. Je ne vais sûrement pas lui laisser le choix !
- Non, vous n’avez pas compris, ce que je veux dire c’est que … il ne veut pas aller dans un centre. Il m’a demandé de le sevrer chez lui.
- C’est complètement inconscient et bien trop risqué ! Il n’est pas question que je vous laisse faire ça ! Il doit entrer dans un Centre spécialisé ! Continua t-il de hurler.
- Ecoutez Mac, essayez de le comprendre ! Répondit Hawkes en haussant légèrement la voix. Il a peur !
- Peur ? Mais peur de quoi ?
- Peur de ce que les autres vont penser, peur que Mitford ne l’apprenne et ne tente de le faire virer ! Et vous savez bien qu’il n’a pas tord ! Son boulot Mac, c’est tout ce qu’il lui reste ! poursuivit Sheldon en fixant le regard de son patron.

Mac extirpa un profond soupir pour apaiser la colère qui le rongeait et tenter de voir les choses sous un angle différent, sous l’angle que lui proposait Sheldon.

- Soit. Je le conçois. D’un autre côté, il faut être lucide Sheldon, Danny travaille dans un laboratoire où il est tous les jours en contact avec des produits comme l’héroïne. Il sera tenté et ce n’est pas bon pour lui.
- Oui peut-être, mais si le sevrage réussit, il pourra re bosser normalement, je vous assure ! Justifia Sheldon. Il suffit juste de le cantonner quelques temps au travail informatique et à l’audiovisuel. En plus, c’est son domaine, il est calé là dedans et vous le savez !.
- Oui, je sais. Rassurez-vous, je n’ai aucunement l’intention de le virer. Il a besoin d’être aidé et c’est ce que je compte faire. Je ne désire qu’une seule chose Hawkes : qu’il s’en sorte !

Sheldon fut soulagé.

- Il vous faut combien de temps ?
- Un sevrage dure en général environ une semaine mais il faut prévoir une marge pour être sûr.
- Je vous donne à chacun deux semaines…. Prises sur vos congés. Ajouta Mac.
- Ok. Pas de problème.
- Je suppose que Don est avec lui en ce moment ?
- Vous supposez bien. D’ailleurs, il ne faut pas que je tarde. Etant donné la dose quotidienne à laquelle Danny s’est accoutumé, il risque d’être en manque très rapidement.
- Vous avez tout ce qu’il vous faut ?
- Oui, je suis passé me procurer de la méthadone et tout le matériel médical dont j’ai besoin. Et puis j’ai aussi pris quelques affaires chez moi.
- Bien. Je viens avec vous.
- Non, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Danny ne voulait déjà pas au départ que vous soyez au courant alors si vous débarquez là bas ….
- Je me contrefous qu’il ait envie de me voir ou pas ! Je viens un point c’est tout. … Il faut juste que je mette au courant Stella afin de lui confier les rennes du labo pour la journée.
- Vous allez lui dire pour Danny ?
- Je ne peux pas lui dire que je m’absente sans qu’elle en connaisse la raison et qui plus est « cette » raison. Danny est son ami à elle aussi. Mais personne d’autre ne le saura.
- Ok. dit Sheldon en appuyant sa réponse d’un hochement de tête. Je pars en avant.
- Oui, faites ça. Je vous rejoins chez Danny le plus vite possible.

Sur ces mots, Sheldon quitta le bureau pour prendre le chemin de la sortie. Mac le regarda s’éloigner puis, dépité, s’installa dans son fauteuil. Il posa alors ses coudes sur le bureau et enfouit sa tête entre ses mains pour essayer de faire le vide, d’accuser le coup de la triste nouvelle. Plongé dans ses pensées, il tressaillit quand soudainement quelqu’un toqua à la porte. Il releva alors la tête et constata que Stella était là. Par un regard, il l’invita aussitôt à entrer. Celle-ci, à la vue de l’expression sombre de son ami, comprit immédiatement que quelque chose n’allait pas.

- Mac ? Qu’est-ce qu’il y a ? Tu m’as l’air …abattu.

Mac s’adossa contre son siège en soupirant et plongea son regard dans celui de la jeune femme.

- ça tombe bien que tu passes. Je voulais justement te parler. … Comment tu … comment tu qualifierais l’attitude de Danny ces derniers temps ? dit-il en se redressant.
- Quoi ? Pourquoi me poses-tu cette question ? demanda Stella, surprise.
- Tu le trouves changé ?
- Oui. Enfin je veux dire, c’est évident qu’il a changé. Après tout ce qui lui est arrivé, c’est un peu logique qu’il ne soit plus exactement le même qu’avant.
- Oui je sais ça mais … ce que je veux dire c’est … tu as remarqué ses changements d’humeurs ?
- C’est vrai qu’il est assez lunatique ces temps-ci. Par exemple, il y a quelques jours, il a pris son service le matin avec le sourire, il avait l’air de très bonne humeur. Et puis, sans qu’il ne se soit passé quoi que ce soit de spécial dans la matinée, quand je l’ai revu avant la pause déjeunée, il avait totalement changé de comportement. Il ne riait plus, était nerveux et a même cassé une série de béchers par inattention.
- Et pourquoi je ne l’ai pas su ? Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé ? Haussa t-il le ton légèrement.
- Mais Mac, ce n’était rien de bien grave. Il a juste cassé quelques béchers ! Je ne comprends pas, où veux-tu en venir ? lui dit-elle en s’approchant de lui et en prenant place sur une chaise à ses côtés. Je te sens soucieux. Tu t’inquiètes pour lui ?

Mac baissa la tête, ferma les yeux et se frotta le visage en poussant un profond soupir d’affliction.

- Mac ? Mais enfin qu’est-ce qui se passe ? demanda t-elle en se penchant pour poser sa main sur celle de Mac.

L’inquiétude s’affichait désormais clairement sur son visage. Elle sentait que Mac était porteur d’une mauvaise nouvelle et commença à redouter les mots qui allaient sortir de sa bouche. Il lui serra la main et accrocha à nouveau son regard.

- Stella … Danny se drogue.
- Pardon ? s’exclama t-elle complètement abasourdie.
- Cela fait un mois qu’il se fait des injections d’héroïne.

Stella lâcha la main de Mac et se redressa sur sa chaise.

- De l’héro ? demanda t-elle les yeux brillants. Mais tu le sais depuis quand ?
- Depuis il y a quelques minutes. Danny n’est pas venu travailler ce matin et il ne répondait pas au téléphone. Alors j’ai demandé à Hawkes et Flack de le chercher. … Ils l’ont retrouvé chez lui complètement défoncé.
- Je ne comprends pas ! Pourquoi a-t-il fait ça ? Il connaît pourtant les risques ! Où est-il ? Toujours chez lui ?
- Oui. Et Sheldon va tenter une désintoxication à domicile.
- C’est risqué ça non ?
- Oui mais il m’a dit que Danny refusait catégoriquement d’aller dans un centre et puis ses arguments se tiennent. …
Ecoute Stella. Dit-il en se levant après un profond soupir. Je vais aller le voir pour en savoir davantage et j’aimerais que tu t’occupes du labo en mon absence.
- Oui, pas de soucis. Vas-y. Je m’occupe de tout. Répondit-elle assurément en se levant à son tour.
- Merci. … Et si jamais il y a un problème, tu m’avertis tout de suite ! recommanda Mac en enfilant sa veste.
- Oui, ne t’inquiète pas. … De ton côté, tu me donnes des nouvelles de Danny le plus rapidement possible d’accord ? Insista Stella, inquiète.
- Bien sûr. J’e t’appelle dès que j’en sais plus. A tout à l’heure.
- A tout à l’heure.

Après avoir lancé à son amie un regard complice, agrémenté d’un léger et triste sourire, Mac sortit du bureau pour se diriger à son tour vers l’ascenseur.

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clairou7
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Ven 13 Juil - 23:17

encore une bonne suite, ta fic est vraiment géniale. J'espère que Danny va s'en sortir tout de meme et que lui et sa belle et douce vons se remettre ensemble. Et quelqu'un va t-il prévenir Lindsay de ce qui arrive a Danny? d'ailleur qu'est ce qu'elle deviens?
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gaelle
Invité



MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Mer 18 Juil - 10:35

Oulala que va faire Danny quand il va voir Mac débarquer chez lui ?
Sinon encore une très belle suite plein d'émotion.
J'espère vraiment qu'ils vont réussir à sortir Danny de l'emprise de la drogue.

Vite la suite stp.
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Lindsay
CSI niveau 2


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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Sam 28 Juil - 13:18

Merciiiiiiiii les filles !!


Je vous poste cette première partie de chapitre. La suivante arrivera sous peu mais, là, je n'en suis pas satisfaite donc je la rebosse.
Wink



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Chapitre 5



Une heure que Sheldon était parti. Presqu’une heure que Danny dormait d’un sommeil paisible dans la chambre. Don avait eu beaucoup à faire durant ce laps de temps. Il avait en effet continué de fouiller de fond en comble l’appartement à la recherche de la moindre substance illicite. Danny lui avait dit où regarder mais il connaissait assez bien les toxicos pour savoir qu’on ne pouvait pas leur faire confiance. En tout cas, pas une totale confiance. Pas même s’il s’agissait de son meilleur ami. Don se méfiait de ses propos et de ses aveux. Il avait effectivement trouvé des doses d’héro aux emplacements que Danny lui avait indiqués mais il savait que les drogués se réservaient toujours une porte de sortie. Et c’est cette échappatoire que Don cherchait désespérément. « LA » dose que Danny se gardait de côté, en secours, au cas où. Il secoua la tête en y pensant. Un secours ? Quel secours pouvait bien lui apporter cette saloperie de poudre blanche ? Certes, elle le faisait planer et apaisait son esprit durant quelques heures … et puis après ? Cela ne résolvait rien. Rien du tout. Lorsque les effets hallucinatoires se dissipaient, le mal être qui le consumait à petit feu était toujours bel et bien présent … lui. Alors pourquoi ? Dans quel but ? Pour se laisser mourir ? Ou … pour essayer de survivre ? Cela ne pouvait être que ça. Essayer de survivre. Don frémit. Il se rendit soudainement compte qu’en s’accrochant de cette manière à cette came aux effets enivrants et dangereux, Danny tentait seulement de gagner du temps. Pour ne pas sombrer définitivement. Pour éviter de passer de l’autre côté. Attendant peut-être tout simplement qu’on lui tende la main, qu’on lui redonne une once d’espoir lui permettant de croire qu’il avait encore un avenir.
Don fut plus déterminé que jamais. Il lui fallait à tout prix trouver cette dose !
Ayant terminé d’inspecter la salle de bain, il décida de réexaminer minutieusement la cuisine. A nouveau il ouvrit les placards et les tiroirs et à nouveau il ne trouva rien. Dépité, le jeune policier passa une main sur son visage. Mais qu’aurait-il donc fait à sa place ? Quelle astuce aurait-il utilisée pour leurrer tout le monde ? Quel stratagème avait-il déjà rencontré lors des perquizs chez des junkies ? Soudain une étincelle illumina son regard. Bien sûr. Comment n’y avait-il pas pensé plus tôt ? Peut-être que …
Il commença alors à enlever tout ce qui se trouvait dans les tiroirs. Une fois fait, il toqua doucement le fond de chacun d’eux. Quand le troisième tiroir fit entendre un son creux, un sourire s’esquissa sur ses lèvres. Don se munit aussitôt d’un couteau et réussit très vite à déboîter le faux fond que Danny avait habillement conçu.
« Je t’ai eu Dan. C’est encore moi qui gagne. » Fit-il en en découvrant le contenu étant à la fois fier et furieux de sa trouvaille. Il s’en doutait, il lui avait encore menti. Don sortit du tiroir une dose d’héroïne. Mais pas seulement. Danny y avait également dissimulé deux belles liasses de billets de 50 $. Le jeune policier soupira rageusement et tourna la tête vers le couloir avant de poser à nouveau son regard sur l’argent. Danny avait dû vider un de ses comptes en banque pour pouvoir avoir une telle somme en liquide chez lui. Et tout ça pour se foutre la tête à l’envers ! Quelle connerie !

Malgré tout soulagé d’avoir mis la main sur ce trésor empoisonné, Don entreprit de ranger l’appartement qu’il avait mis sans dessus dessous.
Une fois cette tâche laborieuse accomplie, il se dirigea vers le frigidaire pour s’y prendre une canette de bière. Il l’ouvrit et en but la moitié avant d’aller jeter un œil dans la chambre. Appuyé contre l’encadrement de la porte, sa bière à la main, Don observa Danny d’un air soucieux. Celui-ci dormait toujours, se retournant seulement de temps à autre en extirpant un faible soupir. Recroquevillé sur lui-même, les bras pliés contre son corps et la tête enfoncée dans l’oreiller, il semblait avoir la fragilité d’un enfant. Cette vulnérabilité lui ressemblait si peu ... Putain de drogue ! Elle n’avait pas eu pour seul effet de noyer sa détresse … elle avait aussi fait de lui quelqu’un d’autre.

Le bruit de la porte d’entrée qui s’ouvrait le fit brusquement sortir de ses pensées. Il tourna la tête vers celle-ci et s’y dirigea sans ne plus attendre. Sheldon était enfin de retour. Ce dernier s’empressa aussitôt de s’enquérir de l’état de leur ami commun et Don lui fit un rapide rapport de la situation. Il lui expliqua qu’il avait plus ou moins contraint Danny à lui révéler les endroits où il planquait l’héroïne mais qu’il avait néanmoins pris l’initiative de fouiller tout l’appartement. Il lui fit part alors de ces deux sombres découvertes en lui indiquant où il les avait trouvait. Hawkes se contenta de hocher la tête, une expression grave s’affichant sur son visage. Don l’informa ensuite qu’il avait bien suivi ses recommandations, soit, rassembler tous les médicaments et tout ce qui pourrait constituer un danger trop grand pour Danny ou pour eux-mêmes en cas de crise. Bien évidemment, il n’était pas possible d’écarter tout risque dans un appartement mais du moins essayaient-ils de les réduire un temps soit peu. Ce fut alors au tour de Sheldon d’annoncer à Don qu’il avait mis Mac au courant et qu’il n’allait pas tarder à arriver.

-ça va pas être évident pour Danny de lui faire face. Tu comprends, c’est Mac ! Dit Don d’un ton calme.
- Je sais. Soupira Sheldon … Il dort depuis combien de temps ?
- A peu près deux heures maintenant.
- Très bien, je vais le laisser encore se reposer une trentaine de minutes avant de le réveiller.
- Pour lui faire prendre la Méthadone ?
- Oui. Le problème c’est que je ne peux pas lui donner trop tôt, parce que, s’il s’est planté dans l’heure de sa dernière injection, l’héro et la Méthadone combinées à forte dose risquent de pas faire bon ménage.
- En effet, je comprends. … Et merde ! lança Don après avoir regardé sa montre.
- Quoi ? S’étonna Sheldon.
- Je commence mon service dans dix minutes. Lui répondit-il d’un air contrarié.
- Et bien file alors, tu vas te faire allumer par Sinclair sinon.
- Oui mais …tu crois que ça va aller si je te laisse ? Dit don, hésitant à partir.
- Oui. T’inquiète pas. Ça ira. De toute façon, Mac ne va pas tarder. Faut pas éveiller les soupçons Don ! Va bosser !
- Ok. Se résigna t-il. Je repasse dès que je peux alors. Poursuivit-il en se dirigeant vers la sortie. Et puis surtout, s’il se passe quoi que ce soit, tu me préviens !
- Pas de problème. Je t’appelle.

Don opina de la tête avant de jeter un dernier regard en direction de la chambre et de finalement sortir de l’appartement bien à contre cœur. Il emporta avec lui le butin sur lequel il avait mis la main lors de sa fouille.
Quelques cinq minutes plus tard, Mac fit à son tour son entrée.

- Comment va-t-il ? demanda t-il aussitôt.
- Il dort.

Sheldon l’avisa alors de ce qu’il avait appris de Don. Ensuite, il lui expliqua les différentes étapes du sevrage, par quelles phases Danny passerait très certainement avant d’espérer pouvoir renoncer totalement à l’héroïne. A mesure des paroles que débitait Hawkes, le visage de Mac s’assombrit. Il pensa à Danny. A ce qu’il avait déjà vécu. A ce qu’il avait déjà souffert. Et à ce qu’il allait devoir encore souffrir. Tiendrait-il le coup jusqu’au bout ? Avait-il réellement l’intention de s’en sortir ? Et puis merde ! Pourquoi s’était-il mis à se shooter ? Ragea t-il intérieurement. Soudain, l’angoisse l’envahit. Comment allait-il réagir en le voyant ? Dans quel état serait-il ?

A l’instant où il s’interrogeait, Mac ne s’imaginait sûrement pas avec quelle rapidité il aurait une réponse à ses questions. Il ne s'imaginait sûrement pas avec quelle violence il allait devoir affronter l’ombre qu’était devenu son jeune protégé. En effet, au même moment, dans la chambre …

Mr.Red

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gaelle
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Dim 29 Juil - 12:02

Tu peux pas finir comme ça !! C'est horrible !!
Que va faire Danny en voyant Mac ?
Comment va se passer le sevrage ?

Vite une suite stp !
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Lindsay
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Lun 30 Juil - 22:46

Merciiiii Gaëlle !!! Voilà la suite !!!

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Chapitre 6


Plongé insoucieusement dans son sommeil, Danny ressentit une étrange et indéfinissable sensation. Lointaine et infime au départ, elle le gagna progressivement, semblant irrémédiablement vouloir l’arracher de sa léthargie. Son esprit embrumé refusa tout d’abord d’y accorder de l’importance mais bientôt, elle devint si intense et présente qu’il ne lui fut plus possible de l’ignorer. Elle eut finalement gain de cause. Danny se retourna plusieurs fois dans le lit laissant s’échapper quelques geignements sourds sans qu’il ne comprenne ce qui était en train de se passer. Il finit par cligner des paupières et ouvrit péniblement les yeux. Eveillé, il fut soudain foudroyé par de puissantes et atroces douleurs qui irradiaient tout son corps ! En effet, d’horribles et violents maux de tête se mirent à frapper son crâne et chacun de ses muscles se crispa sous l’action d’épouvantables et interminables crampes. Danny serra les dents, se recroquevilla sur lui même et pressa ses bras sur son ventre. Celui-ci aussi lui faisait un mal de chien ! Tellement mal qu’il avait la cruelle impression qu’on lui lacérait les entrailles à l’aide d’un couteau ! Terrassé par la douleur de plus en plus vive et insupportable, il grimaça rageusement et ses yeux rougis commencèrent à se noyer de larmes. Dans la continuité des tortures qu’il subissait, de terribles tremblements commencèrent à secouer son corps rendant sa respiration difficile et irrégulière. Il ouvrit alors grand la bouche à la recherche d’air et, s’accrochant avec force aux draps du matelas, lâcha un long gémissement de douleur qu’il tenta d’étouffer. Des gouttes de sueur suintèrent bientôt par tous les pores de sa peau devenue brûlante. Il avait chaud. Il avait froid. Il ne savait plus vraiment. Il ne savait plus non plus comment se positionner pour que la souffrance s’atténue. Il se retourna et se tordit encore et encore sur le lit en jetant son regard éperdu autour de lui. Les murs semblaient avoir décidé d’entamer une danse étrange, s’approchant, s’éloignant et se déplaçant en tout sens. « Mais merde, qu’est-ce qui m’arrive ? » ragea t-il dans un murmure éraillé. Il révulsa les yeux et fut pris insidieusement de nausées. Si la douleur ne cessait pas d’ici peu, c’était une évidence, il allait devenir fou ! Il fallait absolument qu’il trouve une solution pour l’enrailler ! Mais il n’arrivait plus à réfléchir ! Il n’arrivait plus à penser à autre chose qu’à cette souffrance qui le bouffait de l’intérieur ! Ou plutôt si. Il se mit à penser à une seule autre chose. A ce qu’il savait être le plus efficace pour le soulager rapidement. Se shooter. Il lui fallait à tout prix mettre la main sur sa came ! S’emparer de son remède miracle devint subitement son unique et oppressante obsession. Quel qu’en soit les obstacles et les moyens, il y parviendrait. Dans le but d’exécuter la mission qu’il s’était fixée, il se traîna péniblement jusqu’au bord du lit. Il posa une main sur le sol et, n’ayant plus tous les réflexes de maintien adéquats, s’y laissa lourdement tombé.

Le bruit de sa chute interpella aussitôt Mac et Sheldon qui accoururent en direction de la chambre. Danny se releva difficilement en s’appuyant sur le mur et apparut dans le couloir. Il avança pieds nus en titubant ne regardant dans un premier temps que le sol. Mais il s’arrêta net et releva les yeux quand il s’aperçut que quelqu’un lui bloquer le chemin. Mac se tenait debout devant lui, figé de stupeur. Son jeune protégé lui offrait une vision effroyable. Il ne le reconnaissait plus. Danny le fixait et semblait complètement enragé. Il était légèrement cambré en avant, tremblant frénétiquement et ne cessant de se frotter la peau des bras. Son souffle saccadé et sifflant marquait toute la souffrance qu’il endurait et ses yeux, injectés de sang et embués de larmes, semblait cracher des éclairs. C’était comme s’il se retrouvait en face d’un homme possédé par le diable. Oui, l’enfer. C’est ce que vivait Danny en ce moment. Un enfer. Ce dernier passa sa langue sur ses lèvres en mitraillant Mac d’un regard assassin. Son esprit d’héroïnomane ne fit pas de demi-mesure. Mac était un ennemi. Il était un obstacle entre lui et sa came.

« Barrez-vous ! » ragea t-il férocement en le poussant violemment contre le mur sans que Mac s’y attende. Il passa devant Sheldon sans même lui adresser un regard et se précipita directement dans la cuisine pour se diriger vers le fameux troisième tiroir. Ses deux amis lui emboîtèrent aussitôt le pas et se postèrent l’un et l’autre à quelques mètres de lui. Pressé, les mains tremblantes, Danny ouvrit le tiroir. Il se débarrassa très vite de tous les objets qui s’y trouvaient en les balançant à terre afin de mettre la main sur ce qu’il convoitait. Quand le tiroir fut vide, Danny déglutit et une expression de terreur se dessina sur son visage. Paniqué, il tata le fond de ses deux mains comme s’il n’arrivait pas à croire ce qu’il avait sous les yeux ou plutôt ce qu’il n’y avait plus. Mais où était passé le double fond qu’il avait fabriqué ? Mais où étaient passés sa dose d’héro et son fric ? La panique se mua rapidement en colère. Sa respiration s’accéléra et ses yeux, dans le fond desquels miroitait une agressivité sauvage, se posèrent sur Sheldon.
- Où est-elle ? Je veux ma came, rends la moi ! Fulmina t-il en le foudroyant du regard.
- Elle n’est plus ici. Don l’a trouvée et l’a emportée. Lui répondit Sheldon calmement.
- Le salop ! Hurla t-il en claquant avec une terrible force le tiroir.

De rage, il frappa son bras contre les ustensiles qui étaient posés sur le plan de travail. Ceux-ci volèrent au travers de la pièce. Il leva alors les yeux au ciel avant de se tenir fermement la tête et de pousser un cri de démence mêlé de pleurs.

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Lindsay
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Lun 30 Juil - 22:47

Mac et Hawkes se regardèrent, inquiets. Chacun était conscient que les réactions de Danny étaient désormais imprévisibles et qu’il fallait être prudents. Sheldon tenta néanmoins une approche. Doucement et sans geste brusque, il s’avança vers Danny.

- Ecoute Danny. Calme-toi. Lui dit-il doucement.
- Mais tu comprends pas !!! J’ai mal !!!!!! ragea t-il un sanglot dans la voix. J’ai mal !!!!!! hurla t-il de plus belle en se tordant de douleur.
- Je sais et je peux te donner quelque chose qui te soulagera. Mais il faut que t’essaies de te calmer avant.
- Je veux pas de ta saloperie ! Je veux ma came ! lui répondit-il des larmes glissant le long de son visage.

Danny éclata alors brusquement en sanglots. Il avait décidé de jouer une autre carte. Celle de la supplication.

- S’il te plait, donne la moi. S’il te plait Sheld, j’ai mal ! J’ai la peau qui brûle ! Je vais crever !! L’implora t-il en pleurs, espérant que ce subterfuge fonctionne.
- Non. Je suis désolé mais tu l’auras pas. Je vais te donner de la Méthadone.

Danny s’arrêta subitement de pleurer, laissant de nouveau paraître sa fureur. Il fixa durement son ami et son souffle redevint dangereusement haletant.

- J’en ai rien à foutre de ton truc ! Vociféra t-il à nouveau.

Tel un fou en pleine crise de démence, Danny se jeta soudain au cou de Sheldon, le plaquant contre le meuble derrière lui.
Mac intervint immédiatement, le ceinturant par derrière en tentant de le faire lâcher prise.

- Je veux que tu me la rendes !!! Où tu la caches ? Je sais que t’en as !!!!! Hurla t-il en frappant férocement son poing contre le meuble, manquant de peu la tête de Hawkes. Celui-ci ne répondant pas à ses attentes, il commença à serrer puissamment ses mains autour de son cou. Sheldon se saisit de ses poignets et tenta vigoureusement de se dégager, mais sans succès. Il ouvrit la bouche cherchant désespérément à pouvoir reprendre son souffle et supplia Danny du regard.
- Dis-moi où tu la caches !!!
- Lâchez le Danny !!! Hurla Mac en essayant de l’éloigner de Hawkes qui commençait à manquer d’air. Bon dieu Danny, lâchez le !!! Vous allez le tuer !!!

Sur ces mots, un bref sursaut de lucidité lui fit prendre conscience avec horreur qu’il était en train d’étouffer son ami. Atterré par son geste, il desserra ses doigts laissant Hawkes reprendre sa respiration. Celui-ci se tint le cou et toussa sèchement en regardant son ami avec méfiance. Mac profita immédiatement de ce moment de relâchement et tira le jeune homme violemment en arrière.
Danny enragea. A nouveau combatif et n’étant pas prêt à se laisser dominer, il lui flanqua un coup de coude bien senti dans les côtes pour se libérer de son emprise. Se courbant sous la douleur, Mac le lâcha. le jeune expert se retourna alors immédiatement pour lui faire face et lui balança avec une hargne incontestable son poing dans la figure. Son adversaire se retrouva projeté contre le plan de travail. Quelque peu sonné mais reprenant vite ses esprits Mac vit Danny à nouveau fondre sur lui. Il ne pouvait pas le laisser gagner. Il fallait absolument qu’il réussisse à le maîtriser. Cette fois-ci, ce fut Mac qui prit le dessus. Il esquiva le coup que le jeune homme enragé s’apprêtait à lui asséner et lui agrippa le bras gauche qu’il lui tordit dans le dos. Danny hurla de douleur. Sa blessure récente à l’épaule se réveilla brusquement et le fit horriblement souffrir. Tenant sa nuque avec l’autre main, Mac le colla néanmoins sans ménagement sur le plan de travail. Essayant toujours de se défendre, Danny attrapa une bouteille en verre qui était à sa portée avec la ferme intention de s’en servir contre son ennemi. Mais celui-ci lui asséna aussitôt un coup de pied derrière les genoux pour l’en dissuader et le faire chuter au sol. Le jeune expert lâcha la bouteille et se retrouva vite face contre terre maintenu fermement par Mac qui le coinça avec ses genoux tout en lui tordant son bras gauche dans le dos.

- Lâche-moi !!!! Enfoiré, lâche-moi !!! Tu me fais mal !!! Hurla t-il sauvagement la voix muée par les sanglots.

Sheldon se précipita aussitôt dans le salon et fouilla rapidement et nerveusement sa mallette médicale à la recherche d’un calmant.

Les traits du visage crispés par l’hystérie et ne se résignant pas à être vaincu, Danny donna du fil à retordre à Mac. Il se débattit encore et encore dans l’espoir de se libérer. La tête contre le sol, il continua malgré tout de hurler comme un damné en le maudissant.

- Sheldon, faites quelque chose ! On ne peut pas le laisser comme ça !!
- J’arrive ! Cria t-il de l’autre pièce. Laissez-moi juste le temps de préparer ce qu’il faut !

- Calmez-vous Danny, calmez-vous par pitié ! Lui dit Mac, essoufflé.

Mais Danny ne décolérait pas et continuait de gémir tout en s’agitant énergiquement. C’est alors que ses cris et ses pleurs se muèrent soudainement en une toux malsaine. L’inquiétude de Mac atteignit son paroxysme quand il vit Danny se mettre à vomir ses tripes sur le sol. Et ce n’était pas fini. A peine eut-il régurgité le contenu de son estomac qu’il fut soudainement pris de tremblements compulsifs.

- Hawkes ! Merde ! Dépêchez-vous ! Il convulse !

Mac le lâcha alors immédiatement et le retourna avec précaution. Les yeux du jeune homme étaient complètement révulsés et de violentes convulsions étreignaient son corps. Il n’était pas médecin mais il savait que dans ce genre de cas, il fallait à tout prix empêcher la victime de s’étouffer avec sa langue. C’est ce qu’il fit donc en plongeant ses doigts dans sa bouche pour la lui attraper.
Hawkes arriva enfin à leurs côtés une seringue à la main. Il chercha une veine encore potable dans le bras de Danny et y enfonça l’aiguille. Quelques secondes après l’injection, le corps malmené et tendu se relâcha complètement et devint à nouveau paisible. Danny ferma les yeux et reprit un souffle régulier.
Sheldon se saisit de son poignet pour vérifier son rythme cardiaque et souleva ses paupières pour contrôler la réactivité de ses pupilles.

- Il va bien ? demanda Mac terriblement inquiet.
- Oui. Soupira Sheldon. Ça va. Il dort.

Mac ferma les yeux et poussa un long soupir de soulagement avant de les rouvrir et de poser son regard sur Sheldon.

- Et vous, vous allez bien ?
- Oui. Ne vous inquiétez pas. Ça va. C’est de ma faute. J’aurais dû faire gaffe. … Faut soigner votre lèvre. Il ne vous a pas loupé !
- ça ira. Fit-il en essuyant les gouttes de sang qui en coulaient. Qu’est-ce que vous lui avait donné ?
- Juste un calmant. Ça va pas faire effet bien longtemps.
- Qu’est-ce que vous voulez dire ? S’inquiéta aussitôt Mac en fronçant les sourcils.
- Je veux simplement dire que ce calmant n’a aucun effet sur les symptômes de manque. Quand Danny va se réveiller. Il n’ira pas mieux. Y a que la méthadone qui peut les faire disparaître. Encore faut-il qu’il accepte de la prendre !
- Et s’il refuse ?
- S’il refuse ? J’aurais pas le choix. Pour le soulager, je devrais lui faire une injection d’héro.
- Vous en avez ici ? demanda Mac surpris.
- Oui. Mais ne vous inquiétez pas. C’est dans la mallette que j’ai emmené et elle est sous forme liquide. Impossible pour lui de savoir que c’est de l’héro. Aidez-moi. On va le porter jusqu’au canapé.
- ok.

Mac pris alors Danny par les épaules et Hawkes par les pieds pour le porter jusqu’au canapé et l’y allonger.

- Comment se fait-il qu’il ait eu une telle crise de manque ? demanda Mac aussitôt Danny installé.
- Il a dû se planter quelque part. Soit dans l’heure de sa dernière prise, soit ça fait bien plus de deux jours qu’il en est à quatre injections.
- Et dans combien de temps va-t-il se réveiller ?
- D’ici environ trois quarts d’heure.
- ok. Il ne nous reste plus qu’à attendre.
- Non. Il nous reste une petite chose à faire. Bougez pas je reviens.

Il regarda Hawkes s’éloigner et disparaître dans le couloir sans avoir réellement saisi le sens de ses paroles. Que leur restait-il donc à faire ?
Sheldon ne tarda pas à revenir, un vieux drap blanc à la main. Celui-ci traînait dans un des placards de Danny. Mac fronça les sourcils quand il vit son ami commençait à en déchirer des petites bandes.

- Vous comptez faire quoi … au juste ? demanda t-il tout en craignant la réponse.
- A votre avis ? lui répondit fermement Hawkes.
- Vous allez l’attacher ? Comprit Mac, stupéfait.
- On n’a pas le choix.
- Mais si. On va le tenir.
- Ah oui ? Vraiment ? fit Hawkes, en haussant les sourcils, n’étant absolument pas convaincu par les propos de Mac.
Vous pensez réellement qu’on pourra le maîtriser dans l’état où il était tout à l’heure durant une demi-heure ? Parce que …
- … C’est le temps que met la méthadone pour agir. Le coupa Mac dépité. Je sais.
- Ce n’est pas de gaité de cœur que je le fais mais c’est pour son bien et aussi un peu pour le notre. Vous savez, s’il était dans un centre spécialisé, là où vous vouliez qu’il se rende, il serait sanglé sur son lit d’hôpital à l’heure qu’il est … et seul. Au moins ici, … on est là, près de lui.

Mac serra les lèvres tristement et acquiesça. Ils commencèrent alors leur sale besogne en prenant soin de ne pas le réveiller avant l’heure. Ils lui lièrent solidement les chevilles et les genoux et nouèrent également un lien à chacun de ses poignets. Ils lui croisèrent ensuite les bras et attachèrent ensemble les deux bandes dans son dos afin de lui confectionner une camisole de fortune.
Une fois ceci fait, ils le reposèrent précautionneusement sur le canapé. Il dormait toujours. Sheldon alla préparer son matériel médical ainsi que la méthadone alors que Mac s’assit sur la table basse. Il se frotta le visage avant de poser sur Danny un regard soucieux. Il attendait avec beaucoup d’appréhension le moment fatidique où il se réveillerait à nouveau et avec lui ses souffrances physiques.

- Cette demi-heure va être pénible. Lui dit Hawkes ayant remarqué l’air dépité de son supérieur. Mais dites-vous que ses douleurs, si abominables soient-elles, ne peuvent pas le tuer. L’héroïne, oui.
- Je sais tout ça mais … Comment en est-on arrivé là Hawkes ? lui rétorqua Mac, désabusé.

Sheldon ne sut que répondre. Il baissa la tête avant de sortir de la pièce et y réapparut avec un linge humide. D’un geste prévenant, il rafraîchit le visage de Danny qui commençait une nouvelle fois à transpirer. Il ne tarderait plus à s’éveiller maintenant….

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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Jeu 2 Aoû - 20:07

Chapitre 7


Le jeune expert commença à remuer nonchalamment la tête sur le canapé, extirpant dans son sommeil de plus en plus léger de faibles gémissements plaintifs. Toujours assis sur la table basse, veillant sur lui, Mac se redressa soudain. Un nœud d’angoisse lui serra instantanément la gorge quand il comprit que Danny était sur le point de se réveiller. Il en avertit aussitôt Hawkes qui, occupé à remettre en état la cuisine et à faire disparaître les traces de vomissures sur le sol, se précipita dans le salon le plus vite possible. Il s’accroupit près d’eux tenant dans une main un petit gobelet en plastique. Bien évidemment, lui aussi redoutait la demi heure à venir mais il ne pouvait pas se permettre de s’abandonner à l’affliction et à la peur. Surtout pas maintenant. Il devait, au contraire, rester concentré et garder son sang-froid pour pouvoir aider au mieux leur ami à surmonter cette terrible et douloureuse épreuve.
Il demanda à Mac de lui filer un coup de main pour placer le jeune homme en position assise. Ce que ce dernier fit immédiatement en soulevant le corps encore avachi de Danny. Mac s’installa alors derrière lui, sur le canapé, de façon à le caller contre son torse.
La respiration du jeune expert se dénatura rapidement redevenant bientôt sifflante et tremblante mais ses yeux restèrent obstinément fermés. Hawkes prit alors son visage entre ses mains et lui asséna quelque petites tapes sur la joue pour finir de le réveiller. Danny grimaça et ouvrit difficilement les paupières. Les douleurs étaient en train de faire leur réapparition et s’amplifiaient à mesure que les minutes s’écoulaient. Encore groggy, il sentit malgré tout qu’il ne pouvait plus bouger mais n’en comprit pas immédiatement la raison. Quand il regarda ses jambes puis ses bras et qu’il prit conscience qu’il était solidement attaché, une lueur de panique et de frayeur s’immisça brusquement dans son regard. Sheldon lui agrippa alors le menton et le força à le regarder, droit dans les yeux.

- Danny. Regarde-moi. Regarde-moi et écoute-moi ! Répéta t-il pour avoir toute son attention. Tu vois, ça, c’est de la Méthadone, lui dit-il en lui montrant le petit gobelet. Et ça va te soulager. Je te le promets. Si tu la prends, tu n’auras plus mal.

Danny, les yeux mi-clos, dont l’esprit commençait à se noyer au milieu d’un océan de souffrance, ne put qu’entrouvrir lentement la bouche en signe d’acceptation. Sheldon ne perdit pas de temps. Il fallait agir pendant que Danny était enclin à se laisser faire et avant qu’une vague fulgurante de douleur ne le fasse s’agiter en tout sens, rendant la prise du traitement impossible.
Il lui bascula la tête en arrière sur l’épaule de Mac, lui ouvrit grand la bouche et y déversa le contenu du gobelet. Il lui releva ensuite la tête puis resserra d’un geste vif et sec sa mâchoire, le contraignant avec force pendant quelques secondes à la maintenir fermée afin qu’il ne puisse pas tout recracher.

- Avale Danny ! … Avale ! Martela –t-il avec autorité et impatience.

Une once de soulagement se lut immédiatement sur le visage de Sheldon quand il vit un mouvement de déglutition se profiler le long de la gorge de son ami. Il desserra aussitôt son emprise de sa mâchoire et posa une main sur sa joue.

- C’est bien Danny. C’est bien. Lui dit-il doucement comme s’il s’adressait à un enfant malade. Tu vas aller mieux dans peu de temps. Je te le jure. Ajouta t-il en fixant sur lui un regard plein de compassion.
- Quand ? Lui demanda aussitôt Danny d’une voix faible et brisée.

Sheldon retira sa main de son visage. Il passa sa langue sur ses lèvres et, navré de devoir lui donner une réponse qui n’allait pas le satisfaire, baissa les yeux avant de les replonger dans ceux de son ami souffrant.

- Dans une trentaine de minutes. Lui avoua t-il péniblement.
- Quoi ? Fit immédiatement Danny en écarquillant les yeux, terrifié par ce qu’il venait d’entendre.

Trente minutes. C’était court dans une journée, trente minutes. Mais si long quand les flammes de l’enfer vous léchaient le corps sans répit. Bien trop long pour Danny qui se rendit compte en sentant ses muscles commencer à se contracter, qu’il allait devoir endurait ce supplice pendant trente longues et interminables minutes. Ses yeux horrifiés s’emplirent alors de larmes et il se mit brutalement à pleurer en secouant la tête.

- Nonnn ! Nonnn ! Gémit-il en pleurs, complètement désespéré. Sheld, je veux plus avoir mal ! S’il te plait, je veux plus avoir mal ! L’implora t-il d’un regard empli de détresse.
- Je sais Danny. … Je sais. Lui répondit Sheldon, la voix empreinte de tristesse et les yeux brillants.

Il soupira de désolation. Voir Danny dans un tel état de désarroi lui serra atrocement le cœur. Il se demanda alors s’il n’avait pas fait une erreur, s’il n’avait pas fait le mauvais choix. N’aurait-il pas été préférable de lui donner sa dose d’héro et de ne commencer le traitement que le lendemain ? Peut-être aurait-il dû l’écouter ? Peut- être qu’il aurait dû … Non. Parce qu’on ne sait jamais de quoi sera fait l’avenir. Il avait eu raison de ne pas l’encourager à reprendre sa consommation d’héroïne. Même pour une seule fois. Parce qu’avec une drogue aussi dangereuse, une injection de plus était indéniablement une injection de trop. Il avait eu raison aussi de ne pas lui avoir laissé croire plus longtemps que la drogue serait toujours une solution à ses problèmes. Et puis, pourquoi se poser ces questions ? De toute façon, il était trop tard maintenant. Danny avait pris la Méthadone et il ne leur était plus possible de faire marche arrière. Il ne leur restait plus qu’à le soutenir du mieux qu’ils le pourraient durant cette cruelle et épouvantable demi-heure.
Danny détourna son regard de Sheldon pour le diriger vers le plafond en appuyant sa tête contre l’épaule de Mac et il se mit à sangloter de plus belle. Soudainement enlacé, il sentit des mains venir lui serrer et lui frotter chacun de ses bras tremblants.

- Courage Danny. Murmura Mac à son oreille en fermant les yeux et en le serrant contre lui. On est là. On ne vous laisse pas tomber.

Mais Danny n’avait que faire des paroles réconfortantes de Mac. S’il s’en était réellement soucié, il l’aurait probablement envoyé se faire foutre. Mais là, pour le moment, tout ce qui le préoccupait c’était cette foutue saloperie de demi heure ! C’était ces insoutenables tortures dont il allait être à nouveau la victime. Il avait pourtant déjà beaucoup souffert physiquement dans sa vie sans s’en être vraiment plaint, mais là, c’était différent. Jamais il n’avait ressenti pareilles douleurs que celles dont il avait été la proie une heure plus tôt. Celles-ci étaient insidieuses, aigües, se diffusant dans chaque parcelle de son corps, de sa tête à ses pieds, n’épargnant aucun organe, aucun muscle, aucun centimètre de peau et ne lui accordant aucun répit. Des centaines de contractures simultanées. Une peau qui le brûlait et le démangeait. Une migraine qui lui comprimait tellement le crâne qu’il avait l’impression que sa tête allait exploser. Non, il n’avait décidemment jamais rien vécu de plus atroce. Un véritable enfer.
Danny ne parvint bientôt plus à réfléchir à quoi que ce soit, la douleur l’ayant à nouveau rattrapé et fait de lui sien. Son calvaire commença.
Mac sentit son corps se raidir dans ses bras et se remettre à trembler. Sa respiration se fit de plus en plus haletante et saccadée et son regard devenu fuyant ressemblait à celui d’un aliéné. Danny serra les dents pour essayer de contenir ses pleurs mais ne put s’empêcher de laisser s’échapper de terribles grognements de douleur. Il s’agita bientôt tellement sur le canapé que pour éviter qu’il ne se blesse, Mac dut resserrer son étreinte et Sheldon lui tenir les jambes.

Quinze minutes. Le temps ne leur avait jamais paru aussi long. Danny ne supportait plus ce qu’il subissait. Il éclata à nouveau en sanglots et son visage fut très vite submergé de larmes. Au milieu des cris et des pleurs déchirants qu’il extériorisait, il se remit à supplier.

- Pitié !!!! Pitié !!! Sheld, donne-moi quelque chose !!! Donne-moi ma came !!! Pitié ! Je vais crever !!! Je suis en train de crever !!!
- Non Danny, tu ne vas pas mourir ! Lui répondit calmement Hawkes, se sentant malgré tout affligé et complètement impuissant face à la souffrance de son ami.
- Mac !!! Pitié Mac !! Gémit-il alors en pausant sa tête sur l’épaule de son mentor, essayant ainsi de croiser son regard. Dites-lui de me donner quelque chose. J’ai trop mal !!

La détresse qui brillait dans les yeux de son jeune protégé lui brisa le cœur. Il aurait tellement voulu apaiser ce mal qui le rongeait férocement. Il aurait tellement voulu qu’il n’est jamais eu à vivre ça. Saleté de came ! Salopard de dealer ! Il coincerait celui qui avait osé lui refourguer cette infâme poudre blanche. Il finit par quitter les yeux éplorés de Danny et porta un regard dur et sombre sur Hawkes, toujours occupé à tenir les jambes de leur ami.

- Vous êtes sûr que vous ne pouvez rien lui donner ? Lui demanda t-il sèchement, une once de reproche dans la voix. Bon dieu Hawkes, vous voyez bien qu’il souffre, donnez lui un calmant comme tout à l’heure ! Fulmina t-il.

Sheldon, interloqué par le ton qu’employait Mac à son égard, tourna instinctivement la tête vers lui. Agacé, sa réponse ne se fit pas attendre.

- Mac, vous pensez bien que si je le pouvais, je l’aurais déjà fait depuis longtemps ! lui rétorqua t-il sèchement en haussant le ton. Les calmants ralentissent le cœur et le rythme respiratoire. La méthadone a les mêmes effets. Les coupler au même moment, c’est signer son arrêt de mort ! Overdose, ça vous dit quelque chose ? Continua t-il furieux.

Mac serra les lèvres, déglutit et baissa les yeux. Bien sûr, Sheldon avait entièrement raison et il aurait d’ailleurs du y penser. C’est à ce moment là qu’il se rendit compte à quel point il était affecté par le sort de son jeune protégé, à quel point il ne supportait pas d’être impuissant et de le regarder souffrir sans rien pouvoir faire pour l’apaiser. Il se sentit soudainement ridicule et honteux d’avoir osé douter de la façon dont Hawkes prenait soin de Danny. C’était lui le médecin et il savait ce qu’il faisait.
Le jeune expert qui avait suivi à demi mots l’échange plutôt vif comprit néanmoins que Mac avait décidé de se ranger du côté de Sheldon et pas du sien. C’était mauvais pour lui. Il n’aurait pas ce qu’il voudrait. N’étant absolument pas conscient que ce qu’il désirait pouvait lui coûter la vie et que son chantage affectif resterait vain, il fit une dernière tentative pour amadouer son supérieur.

- Mac ? Vous n’allez pas me faire ça hein ? Pas à moi ? Vous n’allez pas me laisser comme ça ? Je vous en supplie Mac !

Mais celui-ci ferma les yeux et ne répondit rien. Devant ce silence éloquent qui marquait sa défaite, Danny explosa à nouveau de colère.

- Bande de salops !! Allez vous faire foutre ! Je vous déteste !!! Lâcha t-il avec rage et pleurs en se débattant.

Et le temps à nouveau fila … bien trop lentement. Les minutes défilaient toutes plus sombres, interminables et cauchemardesques les une que les autres, gravant à jamais dans l’esprit des trois hommes ce moment épouvantable.
Et puis, finalement, au bout de cette demi-heure éprouvante qui avait mis les nerfs de chacun à rude épreuve, une accalmie inespérée se profila. Les hurlements, pleurs et gémissements du jeune expert s’atténuèrent à mesure que les douleurs physiques s’estompaient. Il cessa également, simultanément, de se débattre avec force et Sheldon put lui lâcher les jambes. Cela lui permit de commencer à s’occuper vraiment de lui. Il passa à nouveau un linge humide sur son visage dégoulinant de sueur et de larmes et contrôla immédiatement son pouls. Celui-ci s’était ralenti comme prévu mais restait néanmoins correct. De même, son souffle était redevenu beaucoup plus lent et reposant. Danny allait bien.
Mac sentit progressivement les tremblements disparaître et le corps meurtri du jeune homme se relâcher dans ses bras. Il s’autorisa alors enfin un moment de répit et desserra son étreinte.
Enfin soulagé, Danny se détendit totalement et ferma les yeux en poussant un profond soupir de plénitude.
Un silence bienfaisant les enveloppa bientôt tous les trois. Après cette lutte acharnée dont ils étaient péniblement sortis vainqueurs, ce moment de quiétude était une véritable bénédiction ….

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Carolina CARUSO
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Ven 3 Aoû - 17:12

Sad Sad Superbe histoire ma chère Lindsay, continue ...

victoire clap

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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Ven 3 Aoû - 18:17

Merci Carolina !!! bong Je suis ravie que cette histoire te plaise !! victoire

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Chapitre 8



Danny, les yeux fermés et la bouche entrouverte, se tenait toujours étendu sur le canapé, adossé contre Mac. Une fois ses constantes vitales contrôlées, Sheldon posa à nouveau sa main sur sa joue et tourna son visage vers lui pour qu’il ouvre les yeux. Ce que ce dernier ne tarda pas à faire en soulevant lentement les paupières. Mac soupira profondément. Le voir s’éveiller sans qu’il ne soit pris de douleur était un véritable soulagement. Mais Sheldon avait besoin d’être rassuré aussi en entendant le son de sa voix. Il avait besoin que Danny lui confirme qu’il allait mieux, qu’en ne lui donnant pas d’héroïne, il avait fait le bon choix.

- Hey, Danny. Lui dit-il doucement. Ça va ? demanda t-il inquiet.
- J’ai plus mal. Lui répondit-il faiblement dans un souffle.
- Tant mieux. Tu vois, je te l’avais dit.

Instantanément, Danny laissa s’échapper un discret rictus.

- Ouais … mais au bout de trente minutes. Tu m’as arnaqué. Lui répondit-il d’une voix éraillée.

Cette remarque déclencha l'esquisse d'un sourire sur les lèvres de Hawkes et de Mac.

- On va te détacher. ok ? L’informa t-il ensuite.

Danny acquiesça par un petit hochement de tête sans porter de regard en arrière et Sheldon commença à lui délier les pieds et les jambes. Mac aida ensuite le jeune expert à se pencher légèrement en avant afin de pouvoir le libérer de ses liens dans le dos. Une fois libre de ses mouvements, Danny se tourna lentement vers la table basse et posa ses pieds sans geste brusque sur le sol. Le silence se fit de nouveau. Mais un silence pesant cette fois-ci. Il se courba pour poser ses coudes sur ses genoux et passa ses mains sur son visage avant de les joindre et de plonger son regard droit devant lui. Il se mit alors à se triturer les mains nerveusement. Ne surtout pas tourner la tête. Ne pas plonger ses yeux dans les siens. Il le sentait. Il était là. Derrière lui. Assis sur le canapé. Et il le regardait. Mais Danny n’avait ni l’envie, ni le courage de lui faire face. Alors il restait là, à contempler le vide devant lui en se triturant les doigts.
Sheldon posa les bandes de tissu sur la table basse et jeta un œil sur le jeune homme assis. Il remarqua très vite sa nervosité naissante et son refus de poser les yeux sur Mac. Soudain, il fronça les sourcils quand il vit Danny brutalement pâlir et porter une main sur sa bouche. Pris subitement de violentes nausées, ce dernier se leva précipitamment pour se rendre tant bien que mal dans la salle de bain. Mac, inquiet, voulut aussitôt prendre sa suite mais Sheldon se mit au travers de sa route pour le stopper.

- Non Mac. Laissez-le. Intervint-il en mettant une main contre la poitrine de celui-ci pour l’arrêter.
- Mais il ne va pas bien Hawkes !
- Je sais. C’est normal. Je m’en occupe. Ne vous inquiétez pas.
- Mais ….
- Mac, Soupira t-il, laissez-lui le temps de récupérer, d’accord ? Restez ici. Il viendra vous parler quand il sera prêt à le faire. Lui dit-il posément d’une voix rassurante.

Mac acquiesça en silence et soupira. Il se rassit ensuite sur le canapé tandis que Sheldon se saisit d’une serviette et se dirigea vers la salle de bain.
Il y retrouva Danny, à genoux, penché au dessus de la cuvette des toilettes, en train de vomir.

- ça va aller ? Lui demanda t-il sur le pas de la porte, une fois la crise de vomissements passée.

Danny opina de la tête en s’essuyant les yeux puis la bouche. Il se redressa ensuite et se laissa glisser sur le carrelage pour s’y asseoir.

- Pourquoi j’ai été si mal ? demanda t-il en levant les yeux vers Sheldon qui se tenait encore debout. Si …en manque ? poursuivit-il comme si les deux derniers mots avaient du mal à franchir le seuil de ses lèvres.
- T’as dû faire une erreur. Soit dans l’heure de ta dernière prise …. Soit, ... ça fait bien plus de deux jours que tu te fais quatre injections ! Lui dit-il sur un ton sec.

Sheldon le fixa intensément dans les yeux. Il attendait sans conteste une réponse.

- Je sais pas … je sais plus…. Répondit-il presque à voix basse.
- Arrête Danny ! Lança Hawkes mécontent mais sans élever la voix. Tu vas continuer encore longtemps à nous mentir ? Tu comptes vraiment t’en sortir comme ça ? Ou alors … t’en as tout simplement pas envie.

Danny déglutit et baissa la tête pour détourner ses yeux de ceux de son ami. Celui-ci fut d'abord dépité par son silence puis lui accorda toute son attention quand il reprit finalement la parole.

- Peut-être que ça fait plus de deux jours en effet. Finit-il par avouer, honteux, sans lever les yeux.
- Et pour la came ?
- Là je te jure ! Dit-il aussitôt en relevant le regard vers lui. Don a emporté la dernière dose. Il n’y a plus de drogue ici.
- ok. Fit Hawkes dans un soupir.

Une nouvelle vague de nausées le submergeant, Danny se remit aussitôt sur ses genoux et appuya ses bras sur la cuvette. Il dut subir alors une nouvelle crise de vomissements.
Sheldon s’accroupit à ses côtés, près à l’aider s’il le fallait. Au bout de quelques courtes minutes, ayant cessé de vomir, Danny, essoufflé et tremblant légèrement, se remit en position assise sur le sol. Sheldon lui tendit la serviette qu'il avait dans les mains. Le jeune homme se la passa alors sur son visage, trempé de sueur et marqué de cernes profonds, puis sur sa bouche avant de la laisser retomber sur ses cuisses. Il posa ensuite ses yeux rougis et brillants sur son ami.

- Je vais encore dégueuler longtemps comme ça ?demanda t-il.
- J’en sais rien. Ça dépend des personnes.
- En tout cas, ça fait pas beaucoup d’effet ce que tu m'as donné. Lâcha t-il sur le ton de la déception.
- Quoi ? fit Sheldon interloqué en haussant les sourcils. J'ai pas dû bien entendre. Tu rigoles là Dan ? Tous les symptômes de manque ont disparu non ?
- Oui, … c’est vrai … confirma t-il, inquiet, se rendant compte qu'il venait de se vendre.
- Je vois. Comprit soudain Sheldon. Ça te fait pas décoller c’est ça ? Et ça t’emmerde ! Continua t-il sèchement.
- C’est pas ce que je voulais dir… Essaya vainement de se justifier Danny.
- Mais bien sûr que si ! Le coupa Sheldon.

Danny baissa la tête, une fois de plus mal à l’aise. Sheldon avait visé juste.

- Fais une croix dessus Dan ! La Méthadone te fera jamais planer comme l’héro !

Danny s’agrippa soudain une fois de plus fermement à la cuvette et s'y courba pour y vomir. Lassé, il reprit place sur le carrelage. Ces vomissements commençaient à sérieusement à l'épuiser.

- Ce qui est sûr, c’est qu’elle fait gerber. Dit-il , essouflé. Et ça commence à devenir pénible.
- C’est pas la Méthadone qui te rend malade. C’est une conséquence du manque. Ton corps a souffert et maintenant … il réagit.
- S’il pouvait réagir moins, ça m’arrangerait. Lança t-il dans un souffle en s’adossant au mur et en ramenant ses genoux légèrement vers sa poitrine.

Sheldon lui répondit par un sourire qui s'effaça vite quand il s'aperçut que le regard de Danny se perdit dans le vague.

- J’en n’aurais plus ? Demanda t-il en fixant le vide.
- Quoi donc ?
- Des crises de manque comme tout à l’heure. J’en n’aurais plus ? Répéta t-il inquiet.
- Comme tout à l’heure. Non. Si tu suis bien le traitement, y a pas de raison. Tu risques par contre de pas de sentir très bien de temps en temps. Nausées, maux de tête, maux de ventre, nervosité. Mais je te promets, absolument rien à voir avec ce que tu as vécu. Lui affirma t-il d’un ton rassurant.

Danny avait écouté la réponse de Sheldon sans détourner son regard du point invisible qu’il fixait devant lui. Il baissa la tête et une lueur sombre se mit à miroiter dans le fond de ses yeux.

- Je suis désolé. Finit-il par dire péniblement.

Sheldon, ne comprenant pas immédiatement ce à quoi Danny faisait allusion, fronça les sourcils, surpris par son brusque changement d’attitude.

- Je suis vraiment désolé. Répéta t-il avec plus d’affliction dans la voix que la première fois.

Le jeune médecin soupira. Il venait de saisir le sens de ses paroles.

- C’est rien Danny. Lui répondit-il presque dans un murmure
- Non, c’est pas rien. Rétorqua le jeune expert la voix brisée par un sanglot étouffé. J’ai failli te tuer ! … Comment j’ai pu faire une telle chose ? Continua t-il, une larme roulant sur sa joue.

Sheldon s’approcha alors davantage de lui et s’assit à ses côtés, Danny se refusant toujours à le regarder.

- Hey Dan ! C’était pas vraiment toi. Essaya t-il de le rassurer en posant une main sur sa nuque

Danny regarda alors les paumes de ses mains, les referma brutalement et serra si fort ses poings qu’ils furent bientôt gagnés par des tremblements.

- Si ! Je m’en souviens bien. Affirma t-il en versant une nouvelle larme.
- Mais t’étais pas toi-même. Calme toi. T’en fais pas avec ça. Je t’en veux pas. Lui dit-il doucement en lui massant la nuque.

Danny desserra ses poings, renifla et s’essuya le nez du revers de la main avant de finalement tourner la tête vers Hawkes. Celui-ci retira alors sa main de la tête de son ami.

- J’ai frappé Mac aussi. Dit-il inquiet et terriblement ennuyé.
- Oui. Et tu l’as pas loupé d’ailleurs ! Fit Sheldon en souriant. Tu te rends compte que t’as de la chance ?
- Comment ça ? demanda Danny, surpris, en haussant les sourcils.
- Parce que t’es l’un des rares employés à pouvoir frapper son boss sans se faire virer après ! Continua Sheldon un large sourire sur les lèvres.

Il avait gagné. Danny se mit à rire. Sa petite plaisanterie l’avait détendu, désamorçant du même coup et pour un temps l’inquiétude qu’il éprouvait à se retrouver en face de Mac.

- Arrête tes conneries, c’est pas drôle ! fit-il en ne pouvant s’empêcher de se marrer.
- Mais d’un autre côté, il te l’a bien rendu.
- ça, c’est bien vrai. Lança le jeune expert en souriant toujours.
- D’ailleurs, faudra que je te mette de la pommade sur ton épaule.
- J’ai pas mal. Lui dit-il en s’interrompant de rire.
- Oui, maintenant, parce que tu viens juste de prendre la Méthadone. On en reparlera dans deux heures ! Lui sourit-il en haussant un sourcil.
- Ok. On mettra de la pommade.
- Allez Danny. Dit-il en claquant sa main sur la jambe de son ami. Bouge !

Le jeune médecin se leva brusquement, étant suivi du regard par Danny. Il se retourna vers lui et lui tendit la main.

- Allez, debout ! Tu vas pas rester assis sur ce carrelage tout le reste de la journée !

Danny lui lança un nouveau sourire et empoigna vigoureusement sa main pour se relever.

- Prends une douche et change-toi. T’es complètement trempé.
- ok.
- Tu nous rejoins dans le salon dès que t’es prêt ?

Danny déglutit et une angoisse sournoise lui assombrit à nouveau le visage.

- T’inquiète pas. Il ne t’en veut pas lui non plus.
- Peut-être pas pour les coups mais … Je voulais pas qu’il vienne Sheld. Je voulais pas qu’il me voit comme ça. Rétorqua calmement Danny, une once de tristesse dans la voix.
- Je comprends. Mais il faut que tu lui parles. Il est venu pour t’aider lui aussi.

Danny serra les lèvres et hocha légèrement la tête.

- Je prends une douche et j’arrive.
- Très bien. … Par contre …
- Oui, je sais. Je laisse la porte ouverte.

Sheldon lui sourit puis se dirigea hors de la salle de bain. Danny soupira en le regardant quitter la pièce. Il sortit alors rapidement un sweat et un pantalon de training de sa commode avant de se déshabiller et de pénétrer dans la douche.
Là, il ouvrit le robinet, ferma les yeux et tenta de faire le vide, de ne plus penser qu’au jet qui lui frappait et massait la nuque, qu’à l’eau chaude qui ruisselait doucement le long de son corps. C’est alors qu’il rouvrit brusquement les yeux, le souvenir d’événements douloureux l’ayant subitement assailli. Ce souvenir lui fit terriblement mal. Il soupira d'affliction. Si seulement il lui était possible de ne plus penser à rien…. Il ne connaissait qu’un seul moyen pour y parvenir et malheureusement ses amis le lui avaient spolié. Il ne fallait pas qu’il pense à ça. Il ne fallait plus qu’il y pense. Il se frotta alors énergiquement la figure comme s’il voulait chasser cette envie irrépressible de s’évader de son corps et d’enivrer son esprit. … Danny se mordilla la lèvre en fermant les yeux. …. Si seulement il pouvait encore … juste une fois ….
Un bruit de verre brisé le ramena à la réalité. Sheldon et Mac étaient dans le salon et l’attendaient.
Il ferma alors le robinet, sortit de la douche, s’habilla et fit face à la sortie de la salle de bain.
Il était au pied du mur. Il allait vraiment falloir qu’il ait une conversation avec Mac. Juste le fait d’y penser l’oppressait. Il prit une profonde respiration et se décida finalement à quitter la pièce.

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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Mer 8 Aoû - 20:51

Chapitre 9



Il avançait vers le salon, la boule au ventre, et il avait la désagréable et ridicule impression de se retrouver vingt cinq ans en arrière, quand il était gamin, quand lui et son frère devaient se résoudre par la force des choses et sous l’insistance de leurs parents, à avouer une bourde dont ils n’étaient absolument pas fiers. Ça lui était d’ailleurs arrivé plus souvent qu’à Louie, parce que Danny avait pris très tôt la fâcheuse habitude de couvrir son grand frère et de payer les pots cassés à sa place. Ça ne s’était pas arrangé avec le temps. Il ne comptait même plus le nombre de fois où il avait dû le sortir du pétrin dans lequel il s’était fourré, le nombre de fois où il avait dû se débrouiller pour régler sa caution et lui éviter de passer la nuit en cellule. S’attirer des ennuis était décidemment une tare familiale. Danny n’avait jamais rien attendu de son frère en retour. Cependant, un jour, et sans qu’il s’y attende, Louie lui avait rendu la pareille, en le sauvant à son tour de la prison. Il en avait été extrêmement touché, parce que ce jour-là, son frère en avait payé le prix fort, parce que ce jour-là, il s’était rendu compte à quel point il l’aimait. Danny s’immobilisa. Il se rappela soudain que cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas vu, longtemps qu’il n’était pas allé lui rendre visite à l’hôpital dans lequel il purgeait, en quelque sorte, sa détention provisoire jusqu’à son procès. Il baissa la tête et déglutit péniblement. Que penserait-il lui aussi de tout ça ? Il l’engueulerait probablement. Et puis, il serait déçu aussi … terriblement déçu. Tout comme Mac. Peut-être même plus que Mac. Parce que Louie avait placé beaucoup d’espoir en lui, parce qu’il s’était imaginé qu’il aurait un avenir brillant, qu’il ne suivrait pas ses traces en accumulant les conneries, parce qu’il s’était imaginé tout simplement que son petit frère deviendrait un mec bien. Et où était passé ce mec bien aujourd’hui ? Nulle part. Il avait disparu. A la place … un junkie. Un pauvre type qui n’avait pas su faire face aux dures épreuves que la vie lui avait imposées. Un pauvre con qui ne désirait plus qu’une seule chose : pouvoir s’envoyer en l’air avec sa dope. Misérable. Danny se sentait affreusement misérable. Perdu dans ses lointaines pensées, il lui sembla soudain entendre imperceptiblement le son d’une voix. Il releva les yeux. Sheldon était en face de lui en train de lui parler et il ne l’avait même pas remarqué.

- Pardon ? lui dit-il le regard un peu désorienté.
- Je te demandais si la douche avait été bonne. … T’es sûr que ça va ? S’inquiéta t-il.
- Ouais. J’étais juste ailleurs. Mac est là ? Fit-il en désignant d’un mouvement de tête l’entrée du salon.
- Il est au téléphone avec Stella je crois. Ajouta t-il après avoir acquiescé en silence.
- Bien. Répondit-il dans un soupir.
- Tiens. Je pense que ça peut t’être utile. Lui dit Sheldon en lui tendant ses lunettes.
- Merci. Répondit-il à son interlocuteur en les saisissant et les remettant sur son nez.
- Vas-y Danny. Il t’attend. De mon côté, je vais te préparer un truc à manger. … ça fait combien de temps que t’as pas pris un vrai repas ? Je veux dire, en dehors des semblants de sandwichs que t’ingurgites en vitesse ces temps-ci ?
- Oula ! ça doit faire au moins … une éternité ! … J’ai plus vraiment d’appétit….
- C’est pas étonnant …
- Je sais …. C’est l’héro. Le coupa t-il avant qu’il n’ait le temps de le lui faire remarquer.
- T’inquiète pas. On va te réhabituer à manger comme quatre ! Lui rétorqua t-il en souriant.

Danny lui rendit son sourire avant d’extirper un dernier souffle.

- Bon, et bien … Quand faut y aller … fit-il en passant devant Sheldon qui lui asséna une tape dans le dos pour l’encourager.

Danny s’arrêta sous l’encadrement de la double porte du salon. Il y aperçut aussitôt Mac, manches de chemise retroussées, qui s’affairait à faire les cents pas, son portable à l’oreille. Le jeune expert ne signala pas sa présence, voulant retarder la confrontation le plus longtemps possible et se contenta d’observer Mac. Il était en conversation avec Stella et le ton de sa voix était grave.

- …. d’après Sheldon, ça va mieux maintenant. Il est en train de prendre une douche. …. Non, je ne sais pas. On n’a pas encore eu l’occasion d’avoir cette discussion. Oui, bien sûr je te tiens au ….

Mac s’interrompit soudain, venant de croiser le regard du jeune expert qui se tenait debout à l’entrée de la pièce. Pris d’angoisse, Danny déglutit et se passa la langue sur les lèvres.

- … Non, tout va bien. Danny est là. Je te laisse. Bye. Finit-il rapidement.

Il raccrocha et remit son portable dans sa poche avant de fixer à nouveau Danny dans les yeux. Les deux hommes s’échangèrent dans un silence oppressant un regard plein de tourment et d’amertume. Ce fut Mac qui engagea le dialogue.

- C’était Stella.
- Elle sait ?
- Oui. Je suis désolé mais j’ai dû le lui dire. … Vous avez un peu meilleure mine.
- Merci. Ça doit être l’effet de la douche.
- Vous allez mieux ?
- Disons que les vomissements ont cessé.
- Tant mieux. Sheldon …..

Danny soupira en baissant la tête. L’atmosphère qui régnait dans la pièce commençait sérieusement à l’étouffer. Il ne supportait plus d’attendre que Mac se décide enfin à lui dire ce qu’il avait sur le cœur. Il releva donc les yeux vers lui et trancha dans le vif du sujet.

- … m’a dit que …
- Arrêtons de tourner autour du pot Mac ! Balancez ce que vous avez à me dire ! Le coupa t-il soudain durement.

Sous la surprise de l’intervention brutale de Danny, le regard et les paroles de Mac se figèrent. Mais bientôt les traits de son visage se durcirent laissant paraître toute sa colère, sa déception et son incompréhension. Danny ne voulait plus tergiverser. Soit. Mac cessa aussitôt d’essayer de le ménager et aborda sans détour ce qui les intéressait tous les deux.

- Pourquoi Danny ? Débuta t-il sur un ton acerbe. Vous êtes loin d’être un imbécile, alors comment cette idée stupide vous est passée par la tête ? Fulmina t-il en le fusillant du regard.
- Je suis pas aussi fort que vous le croyez.
- Ce n’est pas ce que je vous demande. Je conçois que vous ayez du mal à vous relever de ce qui s’est passé, mais ce que je ne comprends pas, c’est comment vous en êtes arrivés à vous droguer ! Je commence à bien vous connaître. Je sais que vous êtes capable de vous foutre dans les emmerdes les plus tordues, mais honnêtement, j’ai beaucoup de mal à croire que vous ayez pris l’initiative d’aller acheter votre première dose ! déclara t-il, la voix empreinte de colère.

Danny passa anxieusement sa langue sur ses lèvres une nouvelle fois et baissa les yeux. En effet, Mac avait raison. Il n’aurait probablement jamais pensé à se shooter si le destin ne s’était pas amusé à mettre à sa portée ce premier petit sachet de came. Mais comment lui expliquer ? Comment lui faire comprendre qu’il n’avait pas vraiment eu le choix ?

- Je répète. Poursuivit Mac devant le silence que s’obstinait à garder son interlocuteur. Comment cette idée stupide vous est passée par la tête ? Comment vous êtes vous procuré de l’héro ? Qui vous en a proposé ? Où ? Vous en avez volé au labo ? Haussa t-il de plus en plus le ton.
- Non ! Réagit-il aussitôt en le fustigeant. Non. J’aurais jamais fait ça !
- Alors expliquez-moi. Aidez-moi à y voir plus clair. Lui répondit-il plus calmement mais toujours aussi fermement.

Le jeune homme joignit nerveusement ses mains. Il prit une profonde respiration et planta à nouveau son regard angoissé dans celui de Mac. L’heure des aveux avait sonné. Il prit son courage à deux mains et se lança.

- C’est ici que je l’ai trouvée.
- Quoi ? S’étonna Mac en fronçant les sourcils avant de le laisser poursuivre et de l’écouter avec attention.
- Oui, c’est ici, dans la salle de bain. … avoua t-il d’une voix hésitante. Les deux Tanglewoods qui étaient venus planquer une arme … l’un d’eux était dealer. La doublure de sa veste était pleine de doses d’héro. Et … souvenez vous, elle était déchirée. Je suppose que pendant qu’ils cherchaient une cachette, une des doses est tombée à terre et s’est faufilée sous la commode … parce que c’est là que je l’ai trouvée, en cherchant à y récupérer autre chose.
- Et vous l’avez gardée !!? S’étonna Mac. Vous n’avez pas cherché à vous en débarrasser ? Fulmina t-il en s’approchant plus près de Danny.
- Si, … au début.
- Et bien vous auriez dû vous en débarrasser ! Reprit Mac de plus belle en agitant les bras devant le jeune homme. Pourquoi l’avoir utilisé Danny ? Pourquoi ? Vous n’ignorez pas les dégâts que cause cette saloperie ! Vous vous rendez compte de la galère dans laquelle vous vous êtes fourrés une fois de plus ?!! Acheva t-il, essoufflé par son énervement.

Danny serra les lèvres pour contenir son désarroi et l’envie de se foutre en rogne à son tour. Il choisit une autre option. Celle de la totale franchise. Il plongea alors son regard brillant, sombre et résolu dans celui de Mac. Il fallait qu’il comprenne. Il fallait qu’il sache. Il se mit alors à parler, calmement, d’une voix légèrement éraillée, sur un ton qu’il voulut dur, franc et sans équivoque.

- Mac, … ce soir-là, … si je n’avais pas trouvé cette came, … si je ne m’étais pas fait cette injection … j’aurais pris mon arme, … je l’aurais chargée, …. Et je me serais tiré une balle dans la tête.

Le fixant toujours, Mac sentit sa gorge se serrer. Une lueur d’effroi traversa soudain ses yeux et une vague de frissons lui parcourut l’échine. Les aveux de Danny le bouleversèrent tellement qu’il fut comme médusé et ne sut que répondre.

- Voilà pourquoi j’ai fait ça.

Le regard empli de larmes, le jeune expert extirpa un rictus amer avant de poursuivre son monologue.

- C’est ironique vous trouvez pas ? Parce que finalement, cette saloperie, elle m’a sauvé la vie … en quelque sorte, …, enfin tout du moins, elle m’a permis de m’accorder un sursis.

Il ferma les yeux et, ne pouvant contenir plus longtemps le désespoir qui l’assaillait, laissa courir quelques larmes silencieuses le long de ses joues. En le voyant craquer, Mac soupira d’affliction.

- Je comprends, mais ce n’était pas la bonne solution Danny. dit-il finalement, d’une voix sereine et attristée.
- Je sais. Lâcha Danny dans un sanglot.

Il était inutile que Mac lui rappelle qu’il avait pourtant des amis qui auraient pu l’aider, parce que Danny le savait. Alors, s’il ne les avait pas appelés ce soir-là, c’était sûrement parce qu’il n’en avait pas trouvé le courage. Admettre qu’il était dépassé, qu’il ne pouvait plus faire face à la vie, qu’il avait besoin d’aide, c’était s’avouer vaincu. Une chose qu’il s’était toujours refusé d’accepter.

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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Mer 8 Aoû - 20:52

- Allez venez, on va s’asseoir. Lui proposa alors Mac en posant une main sur son bras. J’ai d’autres questions à vous poser.
- Je me doute. Rétorqua le jeune homme en s’essuyant les yeux et le nez du revers de sa main.

Les deux hommes se dirigèrent vers le canapé. Mac s’y installa tandis que Danny préféra s’asseoir sur la table basse. Il se pencha en avant pour poser ses coudes sur ses genoux et passa ses mains sur son visage tout en poussant un profond soupir. Il allait devoir tout déballer et cela ne l’enchantait guère.

- Je vais être direct. Je veux coincer le type qui vous fournit.
- A quoi ça sert ? Il sera remplacé de toute façon ! répondit Danny d’un air désabusé.
- Danny, je veux savoir qui vous fournit ! Insista Mac
- Très bien. Lâcha t-il dans un soupir résigné … C’est un mec qui se fait appeler « Magic ».
- Où peut-on le trouver ?
- En général dans Harlem sur la 135è … mais, il change assez souvent de place.
- Et vous l’avez connu comment ? Pourquoi lui ?
- Pourquoi pas ? Lança Danny d’un ton amer. Vous savez, j’ai pas vraiment choisi. C’est lui que des junkies m’ont conseillé pour me procurer de l’héroïne blanche. Il vagabonde souvent sur la ligne de métro de Harlem quand il n’est pas sur la 135è. C’est pour ça que je vous dis qu’il se déplace beaucoup
- Son nom ?
- J’en sais rien. Il est pas répertorié comme dealer dans nos fichiers. Il doit être dans le circuit depuis trop peu de temps.
- Vous avez donc essayé de vous renseigner sur lui.
- Oui j’ai essayé c’est vrai. Au début, je voulais savoir à qui je donnais mon fric ….et puis … c’est vite devenu … sans importance. Ajouta t-il, aigri.
- Vous pouvez peut-être me donner son signalement alors ?
- Afro-Américain. Un peu plus grand que moi. Il a un tatouage sur l’avant bras gauche. Une araignée noire. Et un putain de sale regard !
- Ok. Merci.
- Vous êtes bien conscient qu’il est hors de question que je témoigne !
- Oui, je sais.

Danny baissa la tête pour poser son regard sur ses mains jointes. Autre chose le préoccupait.

- Et pour le boulot ? ça va se passer comment ? S’intéressa t-il en relevant les yeux vers Mac.
- Déjà, vous et Sheldon avaient deux semaines de congés. Ensuite, si vous arrivez réellement à vous passer de l’héro, je vous réintégrerais. Seulement, ne comptez pas reprendre immédiatement toutes vos fonctions.
- Oui, évidemment. Lança t-il déçu.
- Ce n’est pas une sanction Danny, c’est de la prévention, pour votre bien et celui du labo. Il est hors de questions que je vous laisse analyser quelques substances que ce soit quand vous reviendrez. De même, vous pouvez dire adieu au terrain pendant quelques temps, sans oublier que je vous surveillerez de près et que vous subirez des tests aux narcotiques deux fois par semaine.
- Vous avez tout prévu. Vous m’avez l’air bien sûr que je serais apte à revenir … dans deux semaines … lui répondit Danny, incrédule.
- Vous pas ? S’étonna Mac, inquiet de la réponse de son jeune protégé.
- J’en sais rien. … J’espère. … parce que … j’aime vraiment ce boulot Mac. Avoua t-il tristement en fixant Mac dans les yeux. … Au fait, je suis désolé pour ….

Danny, honteux, ne put terminer sa phrase, se contentant de désigner d’un geste sa lèvre.

- Oh, ça ? fit-il en portant une main sur sa mâchoire. C’est rien. Mais …faites-moi penser quand même de vous faire une retenue sur salaire ! poursuivit-il en lui envoyant un sourire.

Ce à quoi Danny répondit de la même façon. Ce simple et franc sourire qui vint fendiller les lèvres du jeune homme réconforta Mac. Ce dernier avait en effet été très ébranlé par les terribles événements qui avaient marqués ce début d’après-midi. Les images de Danny déchaîné et atrocement prisonnier de sa douleur hantaient toujours son esprit et il entendait encore l’écho de ses cris déchirants frapper les murs.

- Moi aussi je devrais m’excuser. Je vous ai un peu malmené. Ajouta t-il sur le même ton détendu.
- Un peu ? Se mit à rire Danny en se frictionnant l’épaule gauche. Je crois qu’à l’avenir, je vais éviter de vous attaquer de front !
- Mais, vous l’aviez cherché !
- Mea culpa ! Se résigna Danny en se redressant tout en levant les mains en l’air.

Les deux hommes s’échangèrent alors à nouveau un sourire avant diriger leur regard vers Sheldon qui s’avançait vers eux, un verre d’eau à la main.

- Je vois qu’on rigole bien par ici pendant que d’autre bosse ! Lança t-il en jetant un regard amusé sur ses deux amis. Tiens, prends ça Danny. Fit-il en tendant à Danny le verre d’eau accompagné de deux petits cachets de couleur.
- C’est quoi ? Demanda le jeune patient en s’emparant de ce que Hawkes lui présentait.
- Juste des compléments nutritionnels. Avale ! Ordre du médecin.

Danny acquiesça et ne se fit pas prier plus longtemps. Il avala d’un coup sec les deux cachets et prit une gorgée d’eau. Sheldon agita ensuite devant lui un tube de crème.

- Enlève ton Sweat pour que je t’applique ça avant que la douleur ne se réveille.
- Ok Doc.

Sans ne plus attendre, Danny se saisit du bas de son sweat et l’enleva d’un mouvement rapide. Sans réfléchir. Laissant ainsi se révéler aux yeux de Mac son torse amaigri mais aussi et surtout … ses bras … couverts de piqûres et d’ecchymoses.
Il ne s’en rendit pas immédiatement compte. Mais quand il s’aperçut que les stigmates de sa descente aux enfers étaient à nues, il devint blême, déglutit d’angoisse et n’osa plus relever les yeux vers Mac. Il le sentait. Son regard ténébreux était à nouveau posé sur lui.
Danny, en cet instant, aurait voulu disparaître. Parce qu’il avait honte, terriblement honte de ces traces, signes incontestables de sa faiblesse, de sa détresse et de sa bêtise. Hawkes, ayant ressenti lui aussi le malaise naissant, regarda d’un air attristé Danny, puis Mac. Ce dernier, en effet, ne souriait plus. Il avait devant lui la preuve irréfutable de son manque de vigilance et de discernement et cela le blessa. Comment avait-il pu le laisser se détruire pendant si longtemps sans ne rien remarquer ? Sans tenter d’y mettre un frein ? Il ragea intérieurement. Comment avait t-il pu être aveugle au point de se laisser convaincre que Danny allait mieux ? Le jeune homme se tint les bras, s’humidifia nerveusement les lèvres, soupira puis se décida à affronter le regard de son supérieur. Et il n’y lut pas ce à quoi il s’attendait. Les yeux de Mac étaient non pas emplis de déception ou de reproche mais plutôt de tristesse et de remords.

- Je sais, c’est moche. Lâcha finalement Danny en baissant les yeux.

Mac serra les lèvres. Il aurait voulu lui dire combien il était désolé de ne rien avoir vu, combien il était désolé de l’avoir laissé s’enfoncer, de l’avoir abandonné, mais il n’en eut pas la force. Ce n’était pas encore le bon moment. Il trouva donc un moyen de s’esquiver.

- Je dois passer un coup de fil. Je vous laisse. Annonça t-il en se levant avant de quitter la pièce.

- Bon allez, à nous deux ! S’empressa d’ajouter Sheldon sur un ton enjoué pour briser l’ambiance pesante qui venait de s’installer.

Il ouvrit alors le tube et commença à appliquer la crème dans le dos de son ami. Sous l’effet du léger massage que lui offrait Sheldon, Danny commença peu à peu à se détendre. Il ferma les yeux et poussa même un soupir de bien être. Soudain, un sourire se dessina sur son visage.

- Tu sais que t’as des doigts de fée Sheld ! Je comprends que tu nous l’ais caché ! Trop peur qu’on te réclame des séances de kiné au labo ! En tout cas, ça doit être d’enfer avec les filles ! S’amusa t-il …. Aooh ! Cria t-il soudain en faisant la grimace.
- Et là, c’est toujours d’enfer ? S’amusa à son tour Sheldon, en massant l’épaule de Danny plus vigoureusement.
- Non là, un peu moins d’un coup …. Si ça te dérange pas, je préfère la douceur.
- Oui, mais comme les bonnes choses ont une fin, tu peux te rhabiller ! Dit-il en lui assénant une tape sur l’épaule.

Danny, toujours souriant, enfila à nouveau son Sweat, avant de se lever et de se diriger vers le minibar où Hawkes lui avait préparé un petit plat de patte, accompagné d’un steack. Le jeune homme fit la moue tout en s’approchant.

- J’ai pas faim Sheld. Se plaignit-il.
- Il faut que tu manges Danny.
- Je sais mais à quoi ça sert si je dégueule tout après.
- Arrête, tu veux, t’as besoin de reprendre des forces et c’est pas l’héro ni la méthadone qui te nourriront. … Allez, fais un effort ! J’ai pas mis une grande quantité !

Danny soupira et prit place sur un des tabourets. Il se saisit alors des couverts et commença à couper le steak. Il piqua un morceau de viande qu’il observa longuement en tapotant la fourchette dans l’assiette avant de finalement la porter à sa bouche. Danny mâcha lentement cette première bouchée puis l’avala sous le regard scrutateur de son ami médecin qui se tenait de l’autre côté du bar.

- Alors ? Demanda ce dernier.
- C’est mangeable. … Mais j’ai pas faim …

Sheldon soupira d’exaspération en roulant des yeux.

- C’est pas un caprice Sheld ! Se justifia Danny … Je sens que si je bouffe tout ça, je vais être malade !
- Ok. La moitié alors. Tu manges la moitié et après je t’emmerde plus.
- Va pour la moitié. Je vais essayer. Souffla Danny
- Bien. Répondit Sheldon en jetant un œil derrière son ami.

Mac venait de réapparaître dans le salon et lui fit un signe de tête pour lui faire comprendre qu’il avait besoin de lui parler.

- Continue. C’est bien mon garçon. Encore une bouchée. Dit-il à Danny en souriant et en tapant le bar de sa main avant de se lever.

Il s’avança alors vers Mac en lui envoyant un regard interrogateur.

- Je viens d’appeler Don. Je l’ai mis au courant de ce qui s’est passé tout à l’heure.
- Ok. Vous avez bien fait.
- Il m’a dit que c’était plutôt calme à la brigade aujourd’hui et que normalement il devrait sortir à l’heure. Il sera là vers 21 h je pense.
- Parfait.
- J’ai aussi prévenu Stella que je restais ici jusqu’à ce que Don arrive.
- Non, c’est pas la peine. Vous pouvez y aller Mac. Ne vous inquiétez pas. Il va bien là.
- Ce n’est pas vraiment à Danny que je pense. Avoua Mac en regardant Sheldon dans les yeux. … Je crois sincèrement qu’il est préférable que nous soyons toujours deux pour veiller sur lui dans cet appartement.
- Mais Mac, c’est ridicule, il ne me fera rien. C’est parce qu’il était en manque tout à l’heure !
- Oui, je sais … Mais n’oubliez pas que même sans le manque, son esprit est toujours celui d’un héroïnomane.
- Vous avez raison. C’est mieux. Admit Sheldon … Vous voulez boire quelque chose ?
- Un soda, ce sera très bien.
- Venez. Allons lui tenir compagnie.

Mac acquiesça et se dirigea vers le minibar pour prendre place aux côtés de Danny qui s’efforçait tant bien que mal à respecter son engagement. Après avoir sorti les boissons du frigidaire, Sheld les rejoignit à son tour et, pour éviter d’engager une discussion trop intimiste, les trois hommes se mirent, autour de trois bons sodas, à parler de ce qu’il connaissait le mieux : le boulot !

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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Jeu 30 Aoû - 23:47

Plus personne ne suit ??? Sad

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Chapitre 10



Discuter boulot était bien plus qu’une manière d’occuper le temps des trois hommes. C’était une véritable nécessité. En effet, Danny et Sheldon laissaient en plan du jour au lendemain, pour ne pas dire d’une heure à la suivante, l’affaire dont ils avaient la charge. Mac avait donc absolument besoin de faire avec eux une mise au point qui lui permette de transmettre le dossier à d’autres collègues.
Sheldon avait heureusement pensé à ramener du labo tous les documents indispensables pour faire un bilan de l’enquête et rédiger un rapport préliminaire.
Danny, qui faisait équipe avec lui avant ses deux jours de repos, tenta lui aussi de se remettre dans le bain et de se remémorer les informations et indices qu’ils avaient récoltés. Il parvint, au début, à faire abstraction de la raison réelle qui les réunissait dans son appartement et, en parfait professionnel qu’il était, réussit à donner le change presque comme s’il s’agissait d’une discussion de boulot tout à fait ordinaire. Mais au bout d’un moment, ces faux semblants ne furent plus suffisants pour maintenir son attention. C’est alors que son esprit s’embrouilla et se mit à vagabonder loin, très loin de la conversation qui se tenait devant lui. Il ferma les yeux et essaya de se concentrer une fois encore, … mais en vain. Des brides de souvenirs sombres et douloureux commençaient à l’assaillir et avec eux, l’envie grandissante de les effacer, … de les oublier, de ne surtout pas les revivre. Il tenta de ne pas laisser paraître son angoisse naissante mais ce fut peine perdue. Sheldon et Mac, aux aguets du moindre signe alarmant, remarquèrent rapidement son regard tourmenté. Ils interrompirent aussitôt leur discussion pour l’observer mais Danny, trop absent et plongé dans de pénibles pensées, ne s’en rendit pas compte. Ses deux amis s’échangèrent un regard inquiet avant que Mac ne le fixe à nouveau et ne cherche à s’enquérir de son état.

- Danny ?

Mais celui-ci n’eut aucune réaction.

- Danny ! Répéta alors Mac avec plus d’insistance.

Le jeune expert tressaillit soudain intérieurement, cligna des yeux et les leva vers son interlocuteur, comme s’il venait brusquement de s’éveiller.

- Vous allez bien ? S’inquiéta Mac.
- Oui … ça va. Répondit-il dans un soupir.

Le ton peu convaincant de son affirmation valut que se posent sur lui deux regards persistants et suspicieux.

- Arrêtez de me regarder comme ça ! Lança t-il en jetant un œil sur les deux hommes. Je vous assure que je vais bien ! Je suis juste un peu … fatigué. Tenta t-il de les rassurer.
- Si tu le dis. … Intervint Sheldon. Je pense qu’on a fait le tour du sujet de toute façon. Mac, je taperai le rapport cette nuit et vous l’aurez demain matin.
- C’est parfait.
- Bon, et bien, comme on a terminé, si on se détendait un peu ? Un billard messieurs, ça vous dit ? Lança le jeune médecin en souriant.
- Oui … pourquoi pas ! Répondit Mac.
- Je suis partant aussi ! fit à son tour Danny en sautant du tabouret, motivé et ravi de pouvoir se changer les idées d’une façon plus ludique. On parie quoi ?
- Danny, s’il te plait, ne parie surtout pas de fric ! Je crois pouvoir affirmer sans trop me tromper que tu n’en as plus trop les moyens ces temps-ci ! Ajouta Sheldon, amusé, en le fixant dans les yeux.
- Touché ! … surtout que ce cher Don s’est barré avec tout ce qui me restait ! répondit-il sur un ton aigri. … Mais dis moi, t’as l’air bien sûr de toi Sheld ! Tu sais que je risque de te mettre une sacrée dérouillée ?
- Ah oui ? Tu m’en diras tant ! Je voudrais bien voir ça !
- Pas de problème, je vais me faire un plaisir de te le montrer !
- Que diriez-vous si les perdants se devaient d’organiser une petite soirée foot pour le prochain match des Giants ! Proposa alors Mac.

Les deux jeunes hommes occupés à se défier, furent pour le moins surpris par son intervention et se retournèrent instantanément sur lui.

- Vous aimez le foot Mac ? S’étonna Danny en haussant les sourcils.
- Mais bien sûr Danny ! C’est si surprenant ? Qu’est-ce que vous vous imaginiez ? Que je ne connaissais rien au sport ? Lui rétorqua Mac en souriant.
- Non … euh … J’ai jamais dit ça ! Essaya t-il de se rattraper tant bien que mal. … Ok. Ça marche ! Les perdants organisent une soirée foot.
- ça me convient aussi ! Confirma Sheldon. Préparez déjà les casquettes, les bières et les chips !
- Ta trop grande confiance te perdra Sheld ! Se moqua aussitôt Danny.

Les trois hommes se dirigèrent alors vers la table de billard et se munirent chacun d’une queue. Ils décidèrent que le vainqueur serait celui qui remporterait deux manches puis, par tirage au sort, désignèrent le premier joueur. Ce fut Sheldon qui gagna le droit d’ouvrir la partie ! Il plaça alors les quinze boules de couleur au milieu du tapis et, après avoir minutieusement positionnée la boule blanche, amorça le premier coup en cassant le triangle de boules colorées. Les hostilités venaient de commencer et personne ne se ferait de cadeau. Chacun fit preuve d’astuces, d’habileté et de self control, usant de stratégies diverses, marquant des points grâce à des « bottes secrètes » et en perdant aussi, à vouloir être trop ambitieux. Ce fut une bonne première manche. Les scores finaux furent serrés mais bien évidemment il y eut un gagnant. Ils entamèrent aussitôt la seconde partie, les vaincus se jurant de tout faire pour écraser leur redoutable adversaire ! Quelques petites remarques caustiques, railleuses ou d’autosatisfaction résonnèrent dans la pièce au cours du jeu mais cela n’entacha en rien la bonne humeur du moment, bien au contraire.
La deuxième manche toucha bientôt à sa fin. L’un d’eux avait la victoire à porter de main mais le dernier coup qu’il devait tenter pour gagner était sans nul doute l’un des plus délicats et des plus difficiles qu’il n’eut jamais à réaliser. Il fronça les sourcils, examina attentivement la position des deux boules restantes sur le tapis et calcula leur probable trajectoire. Les deux autres joueurs, bien qu’absolument admiratif de la virtuosité qu’avait développé leur adversaire durant cette manche, restaient tout à fait perplexes quant à la réussite de ce dernier coup. Et quelle ne fut pas leur stupéfaction quand celui-ci fut couronné de succès, signant du même coup leur écrasante défaite ! Ils en restèrent un instant complètement médusés et sans voix, fixant inexorablement le tapis vert et les trous dans lesquels venaient de disparaître les deux dernières boules de billard. Il fallait qu’ils se rendent à l’évidence. Ils avaient perdu par deux fois et avaient trouvé bien plus fort qu’eux.

- Le prochain Match des Giants, c’est la semaine prochaine je crois ? Déclara Mac, un sourire ravi sur les lèvres.
- Oui, il me semble … Fit Danny encore ébahi. Sheld, je crois qu’on vient de se faire légèrement …
- Ecraser, battre à plate couture, assassiner, pulvériser… continua Sheldon en regardant la table de billard.
- Ouais, un peu tout ça en fait. Reprit le jeune expert en souriant.

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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Jeu 30 Aoû - 23:48

Les rires qui s’en suivirent s’estompèrent progressivement lorsqu’ils entendirent une clé s’insérer dans la serrure de la porte d’entrée. Ils tournèrent instinctivement la tête vers celle-ci qui commençait à s’ouvrir et virent bientôt Don apparaître dans l’entrebâillement.
A la vue de son meilleur ami, Danny perdit définitivement son sourire et les traits de son visage s’assombrirent instantanément. Sa respiration s’accéléra, le fond de ses yeux se voila de colère et le sang qui parcourait ses veines se mit à bouillir. L’atmosphère de la pièce qui était, il y a encore quelques secondes, chaleureuse, devint brusquement glaciale quand Danny s’avança vers Don et commença à l’incendier de propos assassins.

- Qu’est-ce que tu viens foutre ici ? Casse-toi ! Je veux plus que tu foutes les pieds chez moi ! Lui cracha t-il au visage en le fustigeant.
- Charmant l’accueil ! Je suis content de te voir aussi Dan ! Ironisa Flack, un léger sourire aux coins des lèvres.
- Qu’est-ce que t’as pas compris dans ce que j’ai dit ? Fous le camp ! poursuivit Danny rageusement.
- Dis moi Messer, tu m’en veux pour quoi au juste ? Pour la lettre et les photos ? Ou alors …… pour avoir trouvé et emporté ta dernière dose ? Martela Don sur un ton acerbe en fixant froidement son ami dans les yeux.

Danny serra les dents et les poings en le mitraillant d’un regard inondé de haine mais ne répondit rien.

- J’ai visé juste hein Dan ? Avoue ! C’est pour ta dope que tu me détestes !

Cette fois-ci le jeune expert ne resta pas sans réaction. Il s’approcha fougeusement de Don dans le but de lui sauter à la gorge et de lui faire ravaler ses mots et son sourire. Mais Mac, qui s’était approché d’eux, l’en empêcha vigoureusement et le retint in extremis.

- Danny, calmez vous ! Lui ordonna ce dernier sans complaisance en le repoussant.
- Mêlez –vous pas de ça Mac ! C’est entre lui et moi !
- ça suffit j’ai dit ! Hurla t-il en lui envoyant un regard autoritaire. Et quant à vous Don, inutile d’envenimer les choses ! Ajouta t-il en le fixant à son tour avant de s’adresser sèchement à son jeune protégé.. … Il va falloir que vous vous fassiez une raison Danny parce que, quelque soit vos différends, il est hors de question que Flack sorte d’ici ! C’est clair ?

Danny balança alors un dernier regard méprisant en direction de Don avant de plonger une nouvelle fois ses yeux dans ceux de Mac et de s’humidifier rageusement les lèvres.

- Très clair ! Mais qu’il ne m’approche pas ! Déclara t-il froidement, atrocement irrité de devoir se plier à des exigences qu’il réprouvait.

Le jeune expert, furieux, se détourna des deux hommes pour se diriger vers le canapé et s’y laissa lourdement tomber. D’un geste brutal, il se saisit de la télécommande posée sur la table basse et alluma la télévision en poussant un profond soupir d’agacement. Remarquant d’un regard en coin ténébreux que ses trois amis engageaient conversation près de l’entrée, il poussa le volume un peu plus fort. Il se doutait bien qu’ils allaient parler de lui et de sa soudaine saute d’humeur et n’avait aucune envie pour l’instant de les entendre mener débat à son sujet.

- Mais qu’est-ce qui s’est passé ce matin Flack ? Demanda Mac sur un ton empli de reproches.
- Oh ! Doucement Mac. J’ai fait ce que je devais faire pour qu’il me dise où était sa came ! Rien de plus ! J’avoue. J’y suis pas allé de main morte. Mais si j’avais agi autrement, il ne m’aurait rien dit … et vous le savez parfaitement !

Après cette justification plus que fondée, Mac ne put que se contenter d’acquiescer par un triste hochement de tête.

- Et c’est quoi cette histoire de lettre et de photos ? Tu ne m’en as pas parlé tout à l’heure ! Intervint Sheldon.
- C’est … Soupira t-il … C’est ce que j’ai utilisé pour le faire craquer. Il s’agissait d’une lettre et de photos de Cécilia.
- Je vois. Fit Mac. Il m’a vaguement parlé de cette lettre.
- Je vous assure que ça m’a pas fait plaisir de le manipuler et de le faire souffrir mais j’ai pas eu le choix. J’ai été obligé d’en passer par là.
- Je comprends. Vous avez bien fait. … Mais évitez de le provoquer maintenant. Il en a vraiment bavé tout à l’heure et là … il semble à nouveau à fleur de peau.
- Oui, merci, j’avais remarqué ! … Comment supporte t-il le sevrage ?
- ça va mais il a parfois des absences et il refuse de nous parler de ce qui le perturbe. Répondit le jeune médecin. Et puis, comme tu as pu si bien le constater, il est aussi de plus en plus nerveux. Les symptômes physiques du manque ont peut-être disparu mais il ne faut pas oublier qu’il se faisait quatre injections d’héro par jour. C’est pas rien, et ni son corps ni son esprit ne peuvent l’oublier du jour au lendemain. Surtout que l’héro le faisait planer. La méthadone non. C’est ce que les toxicos détestent dans le traitement et c’est ce qui les fait aussi très souvent rechuter.
- Autrement dit, il risque encore de nous casser les couilles pendant un moment. Conclut Don à sa façon.
- Euh … oui. T’as tout compris. C’est assez bien résumé. S’en amusa Sheldon. En fait, il faut surtout qu’on reste vigilent durant les trois jours à venir et qu’on l’occupe pour qu’il évite de penser à ce qu’il a perdu en arrêtant de se shooter. D’ailleurs demain, s’il se sent bien, il faudrait qu’on sorte un peu de l’appartement.
- Bonne idée. Fit Mac. Prendre l’air lui fera du bien.
- Oui mais, à ce propos, on va peut-être avoir un problème.
- Lequel ? demanda Mac intrigué.
- J’étais normalement de repos cette nuit et demain mais ce con de Meyers et son équipier ont eu la bonne idée d’avoir la crève en même temps. Du coup Sinclair m’a collé d’astreinte. S’il y a une urgence, je serais obligé d’y aller.
- ça peut en effet poser un problème pour la nuit. Je ne pourrais pas revenir ici avant demain matin. Il faut absolument que je retourne au labo ce soir.
- Non, c’est rien. Ne vous inquiétez pas pour cette nuit. Ajouta Sheldon. Il a prit sa dose de Méthadone il y a un bon moment déjà. Avant qu’il ne dorme, je vais pouvoir lui donner quelque chose qui le tienne tranquille pendant quelques heures.
- Vous êtes sûr ?
- Oui, sûr et certain.
- Bien, dans ce cas, j’y vais. … Sheldon, profitez que Don soit là pour vous reposer un peu.
- Pas de problème. Je le ferais.

Mac prit alors la direction du canapé où il avait laissé sa veste. Il s’en saisit puis, avant de l’enfiler, s’installa un instant sur la table basse pour parler à Danny. Celui-ci avait bien remarqué sa présence à ses côtés mais s’obstinait à vouloir garder les yeux rivés sur l’écran devant lui. Son entêtement à vouloir l’ignorer fit soupirer Mac. Malgré tout, il tenta de se faire entendre.

- Danny. Vous n’en avez peut-être pas conscience mais … vous blesser n’était pas le but de Don … il a agi comme il l’a fait pour votre bien.
- Pff ! Pour mon bien ! Lança Danny dans un rictus amer et incrédule sans lâcher l’écran des yeux. Vous me faites marrer ! Il peut rester ici mais … qu’il ne s’attende pas à ce que je lui adresse la parole ! Continua t-il durement en regardant finalement Mac.

Mac fronça les sourcils. Il ne comprenait pas pourquoi Danny développait tant d’animosité envers Don. Tant de rancune ne lui ressemblait pas. Lui et Sheldon, eux aussi, lui en avait fait baver en début d’après-midi et pourtant, il n’avait pas l’air de leur en vouloir. En tout cas, pas autant. Mac ne put alors s’empêcher de penser que le comportement de son jeune protégé cachait autre chose, qu’il y avait très certainement une autre raison à cette rancœur, une raison plus profonde, plus sournoise et qui ne trouvait pas son origine dans ce qui s’était passé aujourd’hui. Seulement voilà, les événements de la matinée avaient fourni à Danny l’opportunité d’exprimer sa rancœur et de décharger contre Don sa hargne probablement trop longtemps refoulée.

- Pourquoi vous lui en voulez tant ? Je crois que vous devriez peut-être y réfléchir.
- C’est tout réfléchi ! lui répondit froidement le jeune expert en lui lançant un regard résolu.
- Danny, je vous assure que …
- Vous ne deviez pas partir ? Le coupa t-il aussitôt, refusant d’en entendre plus.

Mac soupira tristement et serra les lèvres. Danny ne voulait pas admettre que quelque chose clochait dans son attitude envers son ami et cela l’inquiétait.

- Si. … Je vais y aller. Se résigna t-il devant l’obstination du jeune homme.…. Tenez le coup d’accord ? et … ne faites pas de connerie ! Ajouta t-il en se levant.

Danny se passa la langue sur les lèvres en fermant brièvement les yeux puis acquiesça en hochant légèrement la tête, son regard restant irrémédiablement impassible. Mac se décida alors à rejoindre la sortie. Il prit à son tour le double des clés de l’entrée et salua Don et Sheldon, n’omettant pas de leur faire promettre qu’ils le tiennent au courant si quoi que ce soit se passait en son absence. Puis il finit par quitter l’appartement. Don enleva alors sa veste pour se mettre plus à son aise, laissant se révéler son harnais armé et sa plaque de flic accrochée à sa ceinture. Il jeta un œil sur Danny qui avait posé et croisé ses pieds sur la table basse, s’efforçant à chercher sans grande conviction une chaîne qui lui convienne. Le jeune flic se dirigea ensuite vers la cuisine où Sheldon venait de commencer à s’activer pour préparer le repas du soir.

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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   Jeu 30 Aoû - 23:48

- Tu veux un coup de main ? Proposa t-il.
- Pour le repas ? Je crois que je m’en sortirais. Pizza à réchauffer au micro onde. ça devrait aller ! lui dit-il en souriant. T’as qu’à t’occuper des boissons si tu veux.
- Ok..

Tout en ouvrant la porte du frigidaire, Don observa Sheldon qui était en train d’enfourner la pizza dans le micro onde. Il aurait aimé lui demander des précisions sur ce qui s’était passé dans l’après-midi mais ne savait pas trop comment aborder le sujet. Il hésita un moment, pensant qu’il n’aurait peut-être pas très envie d’en parler, puis finalement se lança.

- Mac m’a raconté … pour … sa crise de manque.
- Oui, je sais qu’il t’en a parlé.
- ça n’a pas dû être facile. Compatit-il.
- Non. En effet. Pour personne. Il a beaucoup souffert … physiquement je veux dire. … et nous… on pouvait rien faire pour le soulager, sinon il aurait fait une overdose.
- J’y connais pas grand-chose en médecine et en désintox mais … il va encore en avoir des crises aussi violentes ? S’inquiéta t-il.
- S’il respecte son traitement, non. Ça ne devrait plus se reproduire.
- Tant mieux … fut-il soulagé.
- Et s’il nous avait dit la vérité dès le départ, ça ne se serait pas produit tout court !
- Pourquoi ça ne m’étonne pas !

Don soupira, plongea la tête dans le réfrigérateur puis en claqua brusquement la porte avant même d’en avoir sorti les boissons, faisant du même coup légèrement sursauter Hawkes.

- Bordel, j’arrive pas à croire que j’ai rien vu Sheld ! Fulmina t-il contre lui-même en essayant malgré tout de ne pas élever la voix.
- C’est Danny. Tu le connais mieux que moi. Il sait très bien tromper son monde. Ce qui compte maintenant, c’est de le sortir de là. Ça sert à rien de culpabiliser. Moi non plus j’ai rien vu, et pourtant, je suis médecin. Je connais les symptômes. Je t’assure qu’il a été très malin sur ce coup là.

Le « bip » du micro onde retentit soudain et Sheldon en ouvrit aussitôt la porte. Il déposa la pizza sur un plateau qu’il prit en main.

- Allez viens. On va essayer de lui faire manger un morceau.

Flack opina de la tête, se saisit finalement de trois sodas et il suivit Sheldon dans le salon. Ils s’avancèrent vers le canapé. Danny était toujours devant la télévision mais ils constatèrent rapidement qu’il était l’objet d’une nouvelle absence. Cette fois-ci, son regard était brillant et nébuleux. Il ne prêtait absolument pas attention aux images futiles qui défilaient devant ses yeux fatigués et rougis mais nul doute que son esprit torturé se chargeait de lui en imposer d’autres.

- Hey Danny ! Vire tes pieds. On passa à table. Lui signala Sheldon en bousculant légèrement ses jambes avec les siennes afin de le faire sortir de sa léthargie pernicieuse.

Celui-ci déglutit puis leva lentement les yeux vers son ami médecin sans même remuer la tête. Il soupira de lassitude et finit par accepter d’enlever nonchalamment ses pieds de la table basse. Le plateau pizza et les boissons y furent déposés. Sheldon s’installa aux côtés de Danny sur le canapé et Don sur une chaise en face d'eux. Le jeune expert fixa alors immédiatement ce dernier d’un regard méprisant, épiant le moindre de ses gestes. Il l’observa se servir une part de pizza et commencer à l’engloutir. Don se sentit rapidement scruter. Il tenta, au début, d’en faire abstraction mais ce petit jeu stupide finit vite par le déstabiliser et l’exaspérer. Il plongea alors un regard glacial dans celui terriblement vindicatif et déterminé de son ami.

- J’ai quelque chose sur le nez ? demanda t-il soudain, agacé.

Mais Danny ne cligna pas d’un cil, continuant inexorablement à le dévisager avec mépris.

- Tu devrais bouffer au lieu de passer ton temps à me reluquer parce que, si tu veux mon avis, t’as vraiment une mine à faire peur !

Le jeune expert serra les dents et les traits de son visage se crispèrent davantage mais il ne répondit toujours rien.

- Don a raison Danny. Tu devrais manger. T’as pas énormément touché à l’assiette que je t’avais préparé tout à l’heure.
- J’ai pas faim. Répondit-il sèchement sans quitter Don des yeux. … Quelque chose ou plutôt …. Quelqu’un … m’a coupé l’appétit. Ajouta-il sur un ton acéré.
- Tu cherches quoi Danny ? A me foutre en pétard pour que je me casse ? C’est ça ? Fatigue toi pas, ça marchera pas !

Danny ne baissa pas le regard et ne décrocha aucune réponse. Don soupira en le regardant. Il détestait quand son ami jouait à ça. Et puis, il ne comprenait pas non plus cette hargne farouche qu’il s’entêtait à lui vouer. Il savait bien qu’il n’avait pas été tendre avec lui aujourd’hui mais son attitude si rancunière à son égard le surprenait fortement. Il se dit alors que peut-être Danny attendait simplement une explication et des excuses pour ce qu’il lui avait fait subir dans la matinée. Don n’était pas vraiment doué pour ça et, à vrai dire, ne savait pas trop comment s’y prendre, surtout avec, en face de lui, une paire d’yeux dans lesquels brûlaient les flammes de la haine. Mais malgré tout, pour sauver leur amitié, il décida de ravaler sa fierté, de prendre son courage à deux mains et de s’expliquer.

- … Pour la lettre et les photos, …. Je suis désolé. … J’ai pas voulu te blesser. Avoua t-il sincèrement.
- Ah Ouais ? T’as pas voulu ? Décrocha finalement Danny dans un rictus amer. Et ben, ça y ressemblait drôlement dis donc, parce que, il me semble que t’étais tout à fait au courant de ce qu’elles représentaient pour moi. Continua t-il hostilement, sa respiration devenant de plus en plus haletante.
- C’est vrai, je le savais … mais comprends moi Danny, c’était le seul moyen.
- Bien sûr, je devrais en plus te comprendre ! Don Flack Junior ! Peu importe les moyens, pourvu qu’il arrive à ses fins ! Rétorqua t-il, les yeux et la voix dévorés par la colère
- Je m’y suis peut-être pris comme un con, mais en effet, tout ce qui comptait pour moi, c’était que tu me dises où tu planquais ta saloperie de came ! Répondit sèchement Don sans ménagement. Et je suis encore désolé si j’ai dû te blesser pour ça, mais il le fallait !
- J’en ai rien à foutre de tes excuses ! Tu peux te les mettre où je pense ! … Je t’ai tout confié sur elle, et toi, qu’est-ce que t’as fait ? Tu t’en es servi contre moi !
- Mais bordel Danny, ouvre les yeux, c’était pas contre toi ! T’as pas l’impression d’en faire un peu trop là ? Tout ce que je voulais, c’est t‘aider !
- M’aider ? … Comme t’as voulu aider Jim peut-être ? Lança t-il cruellement.

Le visage de Don se figea soudain et devint blême. Il en eut presque le souffle coupé et ses yeux commencèrent à scintiller de peine. Comment avait-il osé ? Comment avait-il osé faire ressurgir du passé cette histoire si douloureuse juste pour se venger ? Don ne s’attendait vraiment pas à ce que Danny abatte une carte aussi cruelle et fut profondément écœuré quand il vit étinceler dans le fond de ses yeux une lueur de jubilation.

- T’es dégueulasse ! Lui lança t-il, écœuré.

Danny se réjouissait de voir Don se décomposer devant lui, d’avoir réussi à le toucher, à le blesser, d’avoir enfin le dessus. « Œil pour œil », pensa t-il. « C’est tout ce que tu mérites ». Et le jeune expert ne s’arrêta pas en si bon chemin, sa cruauté n’ayant d’égal que la souffrance croissante qui étreignait son cœur et son esprit. Il ne pouvait pas s’en empêcher, bien trop décidé à lui faire payer le mal qui le dévorait à petit feu depuis qu’il avait cessé de se shooter. En effet, il avait essayé de le dissimuler mais au fil des heures des images, des voix, des souvenirs toujours plus monstrueux les uns que les autres venaient le hanter sans relâche.

- Sheld, t’as pas connu Jimmy toi ? dit-il en se tournant vers Hawkes, stupéfait par la tournure que prenait la conversation. Ben vas-y Don ! Raconte-lui donc comment t’as su si bien aider ce pauv’ Jimmy ! Enfonça t-il encore le couteau dans la plaie.

Don déglutit et sentit soudain son souffle devenir haletant. La colère commençait à enfler irrémédiablement dans son cœur. Il fixa d’un regard noir le bleu des yeux de Danny, se leva et s’approcha de lui en serrant les poings, essayant de contenir la fureur qui s’emparait de lui.

- Tu mériterais que j’t’en foute une. T’es qu’un sale petit con Messer ! Lui cracha t-il au visage. Danny lui répondit en esquissant instantanément un sourire provocateur. Un sourire qui voulait aussi lui signifier que cette fois-ci c’était lui qui avait gagné. Don fit volte face et s’éloigna en direction de la cuisine.

Son intention n’était pas de fuir. Loin de là. Mais il savait que s’il ne prenait pas de la distance, il y avait de forte chance pour que ses paroles se changent rapidement en actes violents et incontrôlés. Il appuya ses mains sur le plan de travail, ferma les yeux et souffla profondément pour chasser de sa tête l’envie irrésistible de retourner dans le salon et de lui foutre son poing dans la gueule. Et puis il se souvint de Jimmy. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait plus pensé à ce terrible événement. Il aurait le même âge que lui aujourd’hui. Ils s’étaient rencontrés à l’académie de police et en était sorti la même année. Par le pur des hasards, ils s’étaient retrouvés à bosser dans la même brigade. Jimmy avait été un peu pour Don ce que Cécilia avait été pour Danny même s’il ne l’avait pas connu aussi longtemps. C’était un type bien qu’il avait toujours beaucoup apprécié. C’était un collègue remarquable et un ami fidèle. Une larme pointa dans le coin de ses yeux mais Don ne la laissa pas courir, se frottant rageusement la figure comme s’il ne pouvait se permettre de laisser s’exprimer sa peine. Il entendit soudain résonner dans sa tête le grondement sourd d’une détonation et sentit se répandre autour de lui l’odeur de la poudre chaude et du sang …

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