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 CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)

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Lindsay
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Lindsay

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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyDim 25 Nov - 14:32

Chapitre 15



Danny poussa la porte du bar et y pénétra. Il y faisait plutôt sombre et y régnait une sale odeur de tabac froid. Le jeune homme s’avança prudemment vers le comptoir où le barman, un homme un peu rondouillet au regard malsain, était en train d’essuyer des verres. Dès qu’il l’eut vu, il dévisagea Danny d’un œil méprisant avant de finalement interrompre sa besogne pour lui adresser la parole.

- Qu’est-ce que tu veux ? Lui demanda-t-il froidement tout en se doutant bien évidemment de la réponse.
- Je cherche Magic. On m’a dit que je pourrais le trouver ici. Répondit difficilement Danny, meurtri dans sa douleur.
- T’es qui ?
- Danny, un de ses clients.
- Bouge pas. Je reviens.

Le jeune expert hocha légèrement la tête et le barman se dirigea aussitôt à l’autre bout du comptoir pour se saisir d’un téléphone. Il marmonna quelques mots que Danny n’entendit pas, tout en le regardant, puis raccrocha. Impassible, il s’avança à nouveau vers le jeune homme en piteux état.

- Va attendre dans la ruelle juste à côté. Lui balança-t-il sèchement.

Danny acquiesça, resserra ses bras sur son ventre pour la énième fois et marcha en direction de la porte. Le barman l’observa quitter son bar. Il secoua la tête et afficha un sourire moqueur quand il vit Danny tituber et se cogner sur le coin d’une table. Une fois dehors, le jeune expert se rendit dans la ruelle attenante au bâtiment et s’y enfonça avec méfiance. Celle-ci était déserte et l’odeur y était encore plus nauséabonde que dans le bar. Des détritus jonchés le sol et des papiers virevoltaient à certains endroits, par contre, aucune de trace de Magic. Danny n’aimait pas ça. Cette ruelle ressemblait bien trop à un coupe gorge. Il plongea alors sa main non blessée dans la poche de son blouson et y serra le canif de Hawkes par précaution et pour se rassurer. Il devait, de toute façon, prendre son mal en patience. Il s’adossa alors contre un mur de vieilles briques rouges, espérant que son dealer ne tarderait pas à le rejoindre. Il n’eut pas longtemps à attendre. Surgi du fin fond de l’impasse, Magic fit bientôt son apparition. Nerveux et impatient, Danny se détacha du mur et commença à piétiner sur place en le regardant s’approcher. Magic était un jeune Black à peu près de même corpulence que lui. Quand il fut assez près, il scruta Danny de la tête au pied.

- Alors, il paraît que tu me cherches ? T’as pas vraiment l’air de péter la forme ! Commença-t-il en voyant à quel point Danny était mal. Qu’est-ce qui t’arrive ? Demanda-t-il une fois en face de lui.
- On m’a volé … ma dope et tout mon fric ! Expliqua Danny d’une voix tremblante.
- Ah ben ça c’est con ! Mais dans ce cas là, je crois que je peux rien faire pour toi ! Lui balança impassiblement son dealer avec un léger sourire sur les lèvres, étant bien conscient du pouvoir qu’il avait sur son client.
- Attends ! … Je peux quand même t’acheter une dose ! Regarde, j’ai du fric pour une ! Lui dit-il en lui tendant rapidement et nerveusement les billets froissés qu’il venait de sortir de sa poche.

Magic les prit brutalement et se mit à les compter sous le regard angoissé du jeune expert.

- Tu te fous de ma gueule ? Fulmina-t-il soudain. Y pas assez ! Il manque 20 billets !
- 20 ? Se révolta Danny. C’est 60 d’habitude !
- Ouais, mais à situation exceptionnelle, prix exceptionnel ! Repasse quand t’auras le reste. Lui répondit-il sèchement tout en rangeant l’argent dans la poche intérieur de son blouson. Il toisa alors Danny avec mépris et passa près de lui pour se diriger hors de la ruelle.
- Non ! Paniqua aussitôt le jeune drogué en le rattrapant pour lui faire à nouveau face … Faut que tu me files une dose ! Tu vois bien que j’suis malade à en crever ! Désespéra-t-il. S’il te plait … Je les ai pas aujourd’hui mais je les aurais la prochaine fois ! … Demain … J’te paie demain. Essaya-t-il de le convaincre avec insistance.

Magic ne sourcilla pas d’un cil et prit un malin plaisir à le regarder le supplier. Il aimait savourer pleinement l’emprise qu’il avait sur les accros à sa marchandise. C’était l’une des satisfactions de son « job ».

- J’ai toujours été réglo avec toi, merde ! Continua de plaidoyer le jeune expert …j’t’ai toujours payé en temps et en heure ! … S’il te plait … S’il te plait, file moi une dose ! Le supplia-t-il encore une fois.
- C’est vrai. T’as toujours été réglo ... alors, … je vais te faire une fleur, mais juste pour cette fois !

A ces mots, Danny ferma les yeux et extirpa un profond soupir de soulagement. Il allait enfin pouvoir effacer le mal qui le consumait à petit feu.

-Je te laisse une dose pour 50 $ aujourd’hui … Poursuivit-t-il … mais le prix monte à 80 pour la prochaine.
- Ok. Pas de problème, t’auras ton fric, je te le promets ! Répondit Danny en se frottant nerveusement les mains.
- Ouais, y a intérêt, parce que si tu te pointes sans, j' te défonce ta jolie p'tite gueule ! Est-ce que c’est clair ? Le menaça-t-il durement.
-T’inquiète, tu l’auras. Réaffirma le jeune expert en fixant avidement les mains de Magic qui allaient bientôt lui offrir le moyen de soulager ses souffrances.
- Eclate-toi bien ! Lui fit-il en sortant sa main de son blouson pour lui tendre le petit sachet de poudre blanche.

Danny s’en empara aussitôt et la serra fortement dans ses mains comme s’il s’agissait du trésor le plus précieux qu’il n'ait jamais eu.

- Allez, casse-toi maintenant. Et oublie pas pour demain !

Danny acquiesça et se retourna pour sortir de l’impasse. Soudain, il revint sur ses pas.

- Quoi ? Demanda Magic.
- T’aurais pas une seringue ?

Un rictus de stupéfaction s’échappa instantanément de la bouche du jeune dealer.

- Y a pas marqué distributeur automatique sur ma tronche ! Démerde-toi ! T’as qu’à aller voir à deux rues d’ici, y a un squatte de Junkies.

Le jeune expert hocha la tête et ne répondit rien puis finit par quitter la ruelle pour de bon, laissant derrière lui son fournisseur de came. Il n’y avait désormais plus qu’une seule chose qui l’obsédait, une seule chose qui lui permettait encore de rester debout et de continuer d’avancer malgré les douleurs pernicieuses et persistantes qui l’assaillaient : trouver une seringue, n’importe laquelle, et se piquer le plus vite possible.


Dernière édition par le Dim 25 Nov - 19:19, édité 2 fois
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Lindsay
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyDim 25 Nov - 14:33

Quelques quinze minutes plus tard, ses trois amis enquêteurs débarquèrent dans ce même quartier. Mac et Sheldon avaient interrogé un tas de personnes sur la 135ème sans jamais obtenir de résultats probants. Ils commençaient à désespérer lorsqu’ils avaient reçu un appel de Don. De son côté, le jeune lieutenant avait lui aussi fait des recherches et celles-ci furent fructueuses. Il avait passé plusieurs coups de fil dont un à un collègue des Stups qu’il connaissait bien et qui lui devait un service, Greg Barns. De lui, il avait appris que Magic était en quelque sorte « protégé ». C’était l’un de leurs indics et bien qu’il fût fiché sous son nom d’état civil, il ne l’était pas sous son pseudonyme. Greg lui expliqua qu’en échange d’infos, ils fermaient les yeux sur son p’tit business. Drôle de deal, mais c’était pourtant de cette façon qu’ils arrivaient parfois à coincer de gros trafiquants. Il était plutôt rare que les flics balancent l’identité de leurs sources mais Greg avoua rapidement à Don qu’ils avaient fait une mauvaise pioche avec Magic et qu’ils s’apprêtaient à se passer de ses services. Bien sûr, il leur avait déjà fourni des infos plus qu’intéressantes mais ils commençaient néanmoins à le soupçonner de jouer un double jeu avec eux. Pour cette raison, le jeune flic des Stups n’eut aucun scrupule à révéler à son homologue que Magic s’appelait en fait Carl Stevens.

Mac, Don et Sheldon firent aussitôt un saut à l’adresse où ce dealer était sensé résidé mais l’appartement était vide. Ils durent alors le chercher dans les rues à l’aide d’une photo que leur avait transmise Greg. C’est alors que Sheldon le repéra, longeant un trottoir. Ils se garèrent sans tarder, descendirent du véhicule et se précipitèrent à sa rencontre.

- Salut Carl ! Ça te dérange pas de faire un p’tit brin de causette avec nous ? On aurait deux trois p’tits trucs à te demander ! Lui lança Don.
- Hey, les mecs ! Qu’est-ce que vous me voulez ? J’ai pas payé mes contredanses, c’est ça ? Ironisa-t-il aussitôt quand il s’aperçut que les trois individus qui l’entouraient étaient des flics.
- Mais c’est un petit marrant ce Magic Mac !
- Vous le connaissez ? Entra froidement ce dernier dans le vif du sujet en lui collant la photo de Danny sous le nez.
- Attendez que je réfléchisse …. Non ! Lui répondit effrontément le dealer en affichant un sourire sarcastique.
- Mauvaise réponse. On sait parfaitement que c’est toi qui le fournis en came ! S’insurgea Don.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler … Lieutenant ! Lui rétorqua insolemment Magic.
- Ah non, tu vois pas ? Répliqua Don en s’approchant plus près de lui tout en le fusillant du regard. T’as peut-être envie que je raconte à qui veut l’entendre que t’es qu’une sale balance !
- Vous le ferez pas.
- J’vais me gêner !
- Vous avez besoin de mes tuyaux. Lui assura-t-il en pleine confiance.
- Parce que tu crois vraiment que t’es indispensable ? Pourquoi les Stups m’auraient donné si facilement ton nom et ton adresse si c’était le cas ? Tu veux qu’on teste peut-être ? Fit Don en faisant mine de s’éloigner et de s’apprêter à parler haut et fort dans la rue.
- Non, ok, c’est bon, arrêtez ! Si vous faites ça, j’suis mort ! Intervint le jeune black, brutalement inquiet.
- Tu vois, bizarrement, … je m’en contrefous ! Tout ce qui nous intéresse, c’est de retrouver le type de la photo !
- Il a fait quoi ?
- Vous n’avez pas besoin de le savoir. Je répète donc ma question, poursuivit Mac, imperturbable, en s’approchant à nouveau du dealer. Vous le connaissez ?
- Peut-être bien, ouais. J’ai dû le croiser à l’occasion ! Avoua finalement Magic, agacé.
- Et vous l’avez vu aujourd’hui ? Poursuivit l’expert.
- Ouais, j’l’ai vu ! Soupira-t-il, excédé de ne pas avoir d’autre choix que de se mettre à table.
- Quand ? L’interrogea à son tour Sheldon.
- Y a environ quinze minutes … et il était loin d’avoir la même gueule que sur vot’ photo ! Se marra-t-il.
- Tu lui as refourgué de l’héro ?
- Mais enfin Lieutenant, vous savez bien que c’est illégal ! Répondit-il d’un air faussement sérieux en fixant Don dans les yeux. Depuis que je me suis fait choper, j’ai arrêté ce business. Vous pouvez me fouiller, je cache rien !

Le jeune policier, lassé de ses sarcasmes, se jeta soudainement sur lui et l’agrippa pour le coller violemment contre le mur du bâtiment à proximité.

- Arrête de te foutre de not’e gueule ! J’te jure que s’il lui arrive quoi que ce soit, j’te fais bouffer ton fric et ta dope pour que tu t’étouffes avec !
- Flack, lâchez le ! Calmez-vous ! Ordonna Mac en s’interposant entre les deux hommes.

Don, le souffle alerte et les yeux emplis de haine pour celui qui avait permis à Danny de s’enfoncer un peu plus tous les jours, tenta néanmoins de se reprendre à l’entente de la sommation de Mac, et même s’il mourrait d’envie de lui en coller une, il se contraint à le lâcher.

- Mais c’est qui ce mec à la fin ? S’interrogea le dealer irrité en se tenant le cou et en réajustant son blouson. Un flic ? C’est ça ? C’est un de vos potes hein ? En déduit-il face à la réaction explosive de Don. J’arrive pas à le croire ! Il a bien caché son jeu le p’tit fils de pute ! Tellement accro que j’aurais jamais parié que c’était un flic ! Lâcha-t-il dans un rictus, se délectant de la mine déconfite de ses trois interlocuteurs.
- Fais gaffe à ce que tu dis ! Fulmina Don en le pointant du doigt tout en s’avançant à nouveau vers lui.
- Don ! Le rappela à nouveau à l’ordre Mac pour qu’il se maîtrise. Où est-il ? Poursuivit-il sèchement en essayant lui aussi tant bien que mal de rester calme face à l’infâme individu.
- J’en sais rien. J’suis pas sa nounou ! Je vous ai dit, je l’ai juste croisé ! Tout ce que je sais, c’est qu’il cherchait du matos pour se shooter !
- Et où est-ce qu’on peut en trouver ? Fit Sheldon.
- Y a un vieux bâtiment à coté d’un terrain vague à deux rues d’ici. Y a pas mal de Junkies là bas. Vot’ pote y est sûrement ! Oubliez pas de lui transmettre mes amitiés quand vous le verrez défoncé ! Les provoqua-t-il une nouvelle fois.

Don ne put se contrôler plus longtemps. Il s’avança et poussa une nouvelle fois brutalement le dealer sur le mur dans le but de lui faire passer un dernier message. Mac, agacé lui aussi par l’attitude et les propos de Magic, ne fit rien pour l’en empêcher cette fois-ci.

- Ecoute-moi bien espèce de salopard ! J’te donne un bon conseil, le type de la photo, tu l’oublies ! T’as compris ? Tu l’as jamais vu et il te doit plus rien !
- Et vous me donnez combien pour ça ? Hein ? Lieutenant ? Combien vous me donnez pour la fermer ? S’insurgea-t-il.
- Votre vie. Intervint Mac, déterminé, avant que Don n’ait eu le temps de répondre. Ça vous paraît être un prix suffisant ? Doit-on vous rappeler que vous n’êtes pas vraiment en position de négocier ?

Le dealer extirpa subitement un rictus amer en levant les bras pour leur signifier qu’il capitulait.

- Ok, c’est bon les gars ! Vous avez gagné ! Je l’oublie ce flic junkie ! Mais je dois bien avouer que c’est quand même dommage parce qu’il était très … régulier.
- Je rêve ou il veut vraiment qu’on l’embarque ? Déclara Sheldon en fronçant les sourcils
- Pourquoi ? C’est un délit de dire que je vais regretter de ne plus le croiser aussi souvent qu’avant ?
- Mac, on prend le large ou je sens que je vais lui foutre mon poing dans la gueule ! Lança Don en fixant le dealer d’un regard assassin.
- Vous donnez pas cette peine, c’est moi qui me casse ! Ciao les gars ! Ravi d’avoir eu ce p’tit brin de causette avec vous ! Les nargua-t-il avant de continuer son chemin, le plus tranquillement du monde.

- Et on va le laisser filer comme ça ? S’insurgea Don, ébahi, en regardant Mac.
- Vous voulez l’arrêtez pour quoi au juste ? Pour nous avoir avoué qu’il connaît Danny et nous avoir renseigné sur un squatte ? On n’a rien contre lui Don et Danny ne pourra pas témoigner sans risquer des sanctions. Les Stups se chargeront de son cas en temps voulu, croyez moi !
- Je ne voudrais pas vous presser mais on n’a pas le temps de discuter, faut qu’on y aille ! Leur rappela Sheldon.

Les deux hommes acquiescèrent et tous les trois s’empressèrent de rejoindre leurs véhicules. Ils démarrèrent bientôt en trombe à la recherche cette fois-ci d’un vieux bâtiment près d’un terrain vague …



Non loin de là, Danny, serrant toujours très fort son sinistre trésor, s’engagea à l’intérieur d’un immeuble à l’abandon. Probablement une ancienne manufacture où avaient dû fonctionner différents ateliers à une certaine époque. Les pièces, plutôt grandes, n’avaient plus de porte et la clarté du jour perçaient la souveraineté de l’obscurité entre de vieilles planches de bois clouées sur les fenêtres. Tout était sombre, sale, délabré. Les murs étaient souvent taggués de graffitis et une odeur pestilentielle à laquelle se mêlait celle des substances illicites empuantissait l’endroit. Des matelas crasseux ou des cartons parsemaient le sol, chacun d’eux ayant un propriétaire près à défendre l’unique bien qu’il possédait. Ici, un sans abris caressait son chien, là, un groupe de jeunes sans domicile fumait du hash. Il y avait des gamins aussi, livrés à eux-mêmes. Ils jouaient avec les saloperies qui traînaient à terre. Leurs familles, expulsées, vivaient à l’étage et n’avaient trouvé que cet endroit pour se protéger du froid. Toute la misère et les bas fonds de New York semblaient être rassemblés dans les murs de cette bâtisse. Danny s’avança encore. Lui, ne faisait pas trop attention à ceux qui l’entouraient. Son corps malade, fiévreux et son esprit possédé lui dictait de scruter sans relâche le sol à la recherche d’une seringue abandonnée. C’est alors que sur son passage, il dût enjamber une jeune femme. Celle-ci était manifestement complètement défoncée. Danny s’accroupit. Près d’elle, il y avait tout ce qu’il lui fallait : un briquet, une cuillère, une seringue usagée et même le fond d’une bouteille d’eau. Le jeune expert se saisit aussitôt de tout ce matériel providentiel n’ayant aucun scrupule à en déposséder la jeune femme. De toute façon, elle n’avait même pas remarqué sa présence. Une fois tout son attirail dans les mains, il s’éloigna d’elle et essaya de se trouver un endroit discret où il pourrait s’adonner à son funeste rituel sans être dérangé. Il ne tarda pas à être satisfait. Il s’assit et s’adossa contre un mur poussiéreux dans le coin sombre d’une pièce. Il déposa son matériel sur le sol et enleva son blouson. Rapidement, il souleva la manche gauche de son Sweet et se défit de sa ceinture pour pouvoir la nouer et la serrer autour de son bras. Il se saisit alors du sachet d’héroïne qu’il ouvrit pour en déverser le contenu dans la cuillère posée à terre. Malheureusement pour lui, ses tremblements excessifs lui rendirent la tâche extrêmement difficile et de la poudre se répandit sur le sol. Décidé à ne pas perdre le moindre dixième de gramme, il tapota la poussière blanche avec ses doigts sur lesquels elle vint se coller, puis, se les frotta au dessus de la cuillère. Il y versa ensuite quelques gouttes d’eau puis s’empara du briquet. Saleté de briquet ! Il s’obstinait à ne pas vouloir s’allumer ! Après de nombreux essais, Danny, qui commençait à s’énerver, fut soulagé quand il vit une flamme vacillante apparaître. Il serra fortement son poing avant de prendre la cuillère pour essayer d’amoindrir le plus possible les tremblements dont il était la proie. Il la souleva fébrilement et plaça le briquet en dessous. Malgré tous ses efforts pour tenter maîtriser son corps durant l’opération de dilution, il perdit quelques gouttes de drogue. Il en restait néanmoins bien suffisamment pour qu’il puisse se faire un bon shoot. Il reposa la cuillère sur le sol, se saisit de la seringue, et, par un geste tragiquement routinier, la remplit d’héroïne diluée …

Au même moment, à l’entrée du bâtiment, Mac, Sheldon et Don se séparèrent pour fouiller le squatte et avoir plus de chance de retrouver leur jeune ami. Chacun d’eux inspectait les lieux avec beaucoup de minutie, scrutait et dévisageait les gens qui y demeuraient avec beaucoup d’attention …

Danny pressa le piston de la seringue pour évacuer les bulles d’air qui auraient pu s’y introduire, comme il l’avait fait des centaines de fois. Il était impatient, nerveux et ses gestes n’étaient pas des plus précis. Il essaya néanmoins tant bien que mal de viser correctement une veine dans le creux de son bras. Tout tremblant, le corps meurtri de douleurs et le visage baigné de sueur, il enfonça l’aiguille et s’injecta l’héroïne en extirpant un gémissement libérateur. Il replia aussitôt son bras et laissa la seringue tomber sur le sol. Il avait réussi. Il allait enfin être débarassé de ses souffrances. Son visage se para soudain d’un triste sourire et il ferma les yeux. Une larme franchit alors la barrière de ses paupières closes et glissa le long de sa joue. Une partie de lui avait incontestablement conscience qu’il n’avait pas fait le bon choix. Mais il était trop tard maintenant. Une vague de bien être se profila bientôt, prenant entièrement possession de son corps fatigué et de son esprit torturé. Il s’enfonça dès lors petit à petit dans une nébulosité apaisante. Ses douleurs s’estompèrent et ses muscles se relâchèrent. Sa tête bascula sur le côté et il extirpa un soupir de plaisir. Il n’avait plus mal et il n’avait plus peur.
A quelques mètres de lui, debout, immobile, un homme l’observait. Il n’était malheureusement pas arrivé à temps. Complètement abasourdi par le pénible spectacle auquel il venait d’assister, il ne parvenait plus à bouger. C’était effroyable. Il n’avait pas pensé que cela pourrait autant l'affliger. Il sentit soudain son cœur horriblement se serrer et des larmes envahirent bientôt ses yeux. Mac venait de voir Danny s’injecter la drogue et commencer à plonger irrémédiablement dans les abîmes d’un monde illusoire …
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyLun 3 Déc - 5:06

Chapitre 16



Mac souffla profondément pour tenter de contrôler à nouveau ses émotions puis se décida finalement à s’approcher de Danny. Dépité, il contempla le matériel qui était posé sur le sol et ses yeux effarés se fixèrent sur la seringue. Il déglutit douloureusement. Où Danny avait bien pu la trouver ? A qui l’avait-il prise ? Pourquoi s’était-il servi d’une seringue usagée ? Il venait peut-être de se condamner à mort … Mac ferma les yeux et tenta une nouvelle fois de réprimer son angoisse, sa colère et sa peine. Il s’accroupit près du jeune homme et commença par desserrer et enlever la ceinture qui lui enlaçait toujours le bras. Il se saisit ensuite de son poignet et vérifia son pouls. Celui-ci était lent mais, après une injection d’héroïne, c’était on ne peut plus normal vu que cette substance ralentissait les battements du cœur. Mac remarqua alors son bandage à la main droite et son visage s’imprégna d’inquiétude. Comment avait-il bien pu faire pour se retrouver affubler d’une telle blessure ? La cravate qui lui servait de pansement était imbibée de sang et celui-ci coulait désormais lentement sur le sol. Ils avaient tout ce qu’il fallait dans leur véhicule pour le soigner correctement mais fallait-il encore que Danny accepte de se déplacer jusque là. Il sortit de la poche de sa veste une paire de gants blancs qu’il avait toujours sur lui quand il bossait et les enfila pour pouvoir se saisir de la seringue et ne pas craindre d’être en contact avec le sang de son protégé. Danny bougea la tête et, les yeux toujours fermés, lâcha un gémissement langoureux. Il ne s’était toujours pas aperçu que Mac était à ses côtés. Son supérieur lui asséna alors quelques petites tapes sur la joue pour qu’il se réveille et revienne un temps soit peu à la réalité.

- Danny ! Danny, réveillez-vous.

Pour seule réponse, il n’obtint qu’un nouveau soupir nonchalant. Mac insista alors jusqu’à ce que Danny finisse par entrouvrir les yeux. Ceux-ci brillaient d’une lueur étrange et semblaient … vides.

- Mac ? Prononça-t-il d’une voix faible en plissant les paupières comme s’il n’y voyait pas bien. C’est bien vous ? … Vous m’avez retrouvé ? Continua-t-il en esquissant un sourire.
- Oui, on vous a retrouvé. Lui répondit l’expert, un soupçon de colère dans la voix. Où sont vos lunettes ? Je crois que vous y verriez certainement mieux si vous les aviez sur le nez non ?
- Euh … ouais, sûrement, … mais je sais pas où elles sont ! Lui sourit-il.
- Peut-être bien dans l’une des poches de votre blouson ?
- Ouais … peut-être bien …

Mac s’empara aussitôt du blouson de Danny qui traînait à côté de lui et se mit à fouiller ses poches. Il trouva d’abord le canif de Hawkes qu’il reprit puis tomba sur les lunettes. Il s’en saisit et les tendit à Danny qui les ajusta aussitôt sur son nez.

- Vous avez raison ! J’ y vois vachement mieux d’un coup !

L'expert agita la tête et leva les yeux au ciel à l’entente des propos niais de son protégé.

- Comment vous êtes-vous blessé la main ? Demanda-t-il fermement.

Danny le regarda d’un air ahuri. Il semblait ne pas comprendre la question. Il baissa soudain les yeux vers sa main droite et la contempla attentivement en la retournant plusieurs fois. En effet, elle était enveloppée dans une cravate et il semblait bien que la blessure qu’elle masquait continuait de saigner. Il se rappela alors qu’il s’était coupé mais où ? Comment ? Il avait un mal fou à s’en souvenir.

- Danny ? Insista Mac devant son silence.
- Euh … Je … je sais pas. … Commença –t-il en observant toujours sa main. Mais c’est pas grave ! Sourit-il brusquement en relevant les yeux. Vous inquiétez pas, c’est juste quelques coupures !
- Et ça ? Ça n’est pas grave non plus ? Répliqua sèchement Mac en lui mettant sous le nez la seringue qu’il avait ramassée à terre. Vous l’avez prise où ? A qui ? Poursuivit-il en essayant de capter son regard fuyant. Regardez-moi Danny ! Haussa-t-il le ton.

Le jeune expert souffla de lassitude puis fixa la seringue. Le regard sombre de Mac lui avait fait perdre le sourire.

- Je sais plus. … Répondit le jeune homme dans un agacement alangui. Je me souviens pas. Et puis arrêtez de crier ! J’suis pas sourd !
- Alors faites un effort ! Essayez de vous souvenir !
- C’est … Tenta-t-il de se rappeler. Je … je l’ai prise à une fille qui était allongée à terre. … Je crois ….
- Vous sauriez la reconnaître ?
- Je vous ai dit … je me souviens pas …

Mac le contempla d’un regard désabusé et soupira en secouant la tête. L’attitude apathique et euphorique de son jeune collègue le désespérait et l’insupportait. Il était évident que Danny n’était pas dans un état de conscience et de cohérence suffisant pour répondre à ses questions. Insister davantage ne servirait donc à rien.

- Allez, levez-vous ! On sort d’ici. Finit-il par dire.
- Non … je veux pas partir … je suis bien ici Mac … gémit Danny en se blottissant paresseusement contre le mur.
- J’ai dit debout Danny ! Ordonna-t-il avec autorité.
- Je peux pas me lever … J’y arrive pas …
- Ne racontez pas n’importe quoi ! Lui dit-il en lui agrippant fermement le bras pour le forcer à se lever. Vous êtes défoncés, pas impotent ! Allez debout !!!!

Sous l’insistance verbale et physique de ce dernier, Danny dut se résoudre à obéir. Mais, son équilibre lui faisant défaut, la simple action de se lever se révéla laborieuse. D’ailleurs, à peine fut-il sur ses deux pieds que Mac dut le rattraper pour éviter qu’il ne chute.

- Vous voyez, je vous l’avais dit ! Lui sortit Danny en esquissant un nouveau sourire.

Mac ignora cette dernière remarque et le tira par le haut du bras pour le faire avancer. Danny se laissa traîner sans chercher à opposer la moindre résistance. C’est alors que le portable de Mac se mit à sonner. Tenant du bout des doigts la seringue dans l’autre main, il dût lâcher le jeune homme quelques instants pour se saisir de l’appareil et répondre. C’était Flack. Préoccupé par l’état de Danny, il en avait oublié que Don et Sheldon étaient toujours à sa recherche dans d’autres parties du bâtiment. Il décrocha aussitôt sans s’apercevoir que le jeune expert avait échappé à sa vigilance.

- Mac, je ne le vois nulle part ! Paniqua Flack à l’autre bout du fil.
- Ne cherchez plus, je l’ai trouvé.
- Dieu soit loué ! Se sentit-il soulagé.
- Désolé, j’aurais dû vous avertir tout de suite. Prévenez Hawkes et rejoignez nous dehors.
- Ok. … Il va bien ?
- … Don, il …

Mais Mac n’acheva pas sa phrase se rendant compte que Danny n’était plus à ses côtés.

- Danny ? Cria-t-il en regardant tout autour de lui.
- Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? S’enquit Don, angoissé.
- Je vous laisse. Attendez-nous à l’extérieur. Ajouta Mac avant de raccrocher sans autre explication.

Inquiet, l’expert se précipita aussitôt hors de la pièce et scruta le couloir de chaque côté à la recherche du jeune homme. Quand il le vit se diriger vers le fond du bâtiment, il en fut surpris et l’interpella.

- Danny ? Mais qu’est-ce que vous faites ?
- Ben, … juste ce que vous m’avez demandé ! Je sors ! Lui répondit-il sur un ton empli d’évidence en se retournant vers lui.
- La sortie est de l’autre côté. L’informa Mac en haussant un sourcil perplexe.
- Ah ? … Ok.

Sans plus de commentaire, Danny changea de direction et passa devant Mac pour rejoindre la sortie. Celui-ci lui emboîta le pas et veilla à ce que le jeune homme arrive au dehors sans encombre.
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CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 Empty
MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyLun 3 Déc - 5:07

Une fois à l’extérieur, le jeune expert aperçut Sheldon et Don qui attendaient à proximité des voitures. Un large sourire illumina instantanément son visage quand il s’avança vers eux.

- Fantastique ! Vous êtes là aussi ! Dites, vous m’en voulez pas trop de vous avoir faussé compagnie hein ? Ironisa-t-il.

Les deux enquêteurs jetèrent sur lui un regard interloqué empli de colère et de déception.

- Mais faites pas cette tête les gars, j’suis pas mort ! Vous voyez bien ! Continua-t-il joyeusement. Je respire même à plein poumon l’air frais de cette journée !!! Cria-t-il après avoir pris une profonde respiration.
- Il est défoncé, c’est ça ? Dit sèchement Don en croisant le regard de Mac.

Celui-ci n’eut pas besoin d’affirmer les faits par des mots. Ses yeux étaient à eux seuls éloquents. Après ce semblant de confirmation, Mac se dirigea vers Sheldon en lui montrant la seringue. Le jeune médecin devina sans peine à la vue des gants enfilés par son chef que Danny venait de faire une belle connerie ! Il déglutit et ouvrit le coffre de la voiture. Il prit alors un sachet plastique qu’il tendit à Mac pour qu’il y enferme l’infâme objet. Don croisa les bras et reporta son attention vers son ami euphorique en le perçant d’un regard glacial. Ce qui fut loin d’échapper au jeune expert.

- Quoi ? Lui lança Danny dans un sourire. Ça t’emmerde que je me sente bien ?

Don ne lui répondit rien et se contenta de continuer à le fixer en secouant la tête pour lui faire comprendre l’aberration de ces propos.

- Et bien oui, tu vois, là, maintenant, je me sens mieux ! Continua Danny, agacé par son silence, en s’approchant plus près de lui.
- Foutaise ! Finit par lui décrocher durement Don en ne quittant pas le bleu de ses yeux.

Danny se mit à rire, s’éloigna de quelques pas en se passant les mains sur le visage puis revint vers Don.

- Mais qu’est-ce qui te fait chier au juste ? Lui demanda t-il dans un rictus provocateur. Que je me sois défoncé ou que t’aies pas pu m’empêcher de le faire ? Hein ? Dis-moi Don ? Parce que … t’as une fois de plus échoué ! Poursuivit-il alors que le regard de Don se durcit et que ses poings commencèrent à se serrer rageusement. Oui, t’as échoué avec moi, … comme avec Jimmy ! Se moqua-t-il encore. Ton père avait peut-être raison finalement … T’es qu’un looser ! Lui cracha-il au visage.

Tout se passa alors tellement vite que Mac et Sheldon, occupés à sortir le matériel médical du véhicule, n’eurent que le temps de voir Danny percuter brutalement le bitume du trottoir et ses lunettes valser à quelques mètres ! Excédé, Don venait de lui balancer son poing dans la figure ! Un féroce direct du droit. En pleine mâchoire. Un coup si violent que le jeune expert resta cloué au sol quelques secondes, complètement sonné.

- Tu l’as pas volé celle-là espèce de p’tit fumier ! Hurla Don, hors de lui.
- Don, mais qu’est-ce qui vous prend ? Chercha à comprendre Mac, stupéfait.
- Il l’a mérité Mac ! Vociféra-t-il en fusillant du regard son ami à terre. Ce p’tit con se fout de nous depuis le début !
Sheldon s’accroupit aussitôt près du jeune homme terrassé pour l’aider à se relever mais, dès qu’il lui agrippa le bras, Danny se défit violemment de sa poigne, lui faisant clairement comprendre qu’il pouvait se débrouiller seul. Abasourdi, il se redressa difficilement pour s’asseoir sur le sol et essuya, du revers de sa main, sa lèvre maculée de sang.
- Calmez-vous ! Ordonna Mac à Don en le repoussant légèrement. Ce n’est pas de cette façon que vous risquez d’arranger les choses !
- Foutez-moi la paix Mac ! Lui répondit le jeune homme en contournant le barrage qu’il représentait. Laissez-moi lui dire le fond de ma pensée ! Poursuivit-il sans décolérer. Hein Danny ? T’en n’as rien à foutre de nous ! Tonna-t-il. On se plie en quatre pour que tu t’en sortes … et toi ? Qu’est-ce que tu fais à la première occaz ? Tu cours rejoindre ton dealer pour acheter ta dope !!!! Fit-il en tournant lentement autour de son ami affalé à terre. Alors qu’est-ce que tu veux ? Hein ? Tu veux crever ?? C’est ça ?? … Et bien crève !!!! J’en n’ai plus rien à foutre !!! Lui lâcha-t-il sauvagement.
Danny ferma les yeux et serra les dents. Les paroles de Don parvenaient jusqu’à lui comme autant de coups violents frappés au visage.
- Tu crois quoi ? Continua Don. Que t’es le gagnant dans l’histoire ? … Tu veux que je te dise qui est le vrai vainqueur ? … Sanchez ! lui avoua-t-il dans un murmure rageur. Et oui ! Lui ! Il doit bien se marrer du fond de sa tombe !!!
- Ferme-la ! Me parle pas de lui ! Fulmina soudain Danny .
- Non, je vais sûrement pas la fermer parce que j’ai pas fini ! … Mais regarde-toi ! T’es plus qu’une loque ! Une pauv’e merde !
- Ferme-la ! J’t’ai dit de la fermer !!!!! Hurla Danny, tout tremblant, ne voulant en entendre davantage.
- Il a bien réussi son coup ce fils de pute ! Tu sais quoi ? Lui qui considérait ses victimes comme des œuvres, et bien je crois qu’on va pouvoir lui décerner un prix à titre posthume !!! T’es pas de mon avis ?
- Maintenant ça suffit Don ! Intervint finalement Mac, voyant Danny qui commençait à se balancer frénétiquement d’avant en arrière.

Lui et Sheldon avait observé douloureusement la scène sans intervenir, parce qu’ils savaient qu’entre les deux jeunes hommes, il était nécessaire de crever l’abcès pour pouvoir espérer sauver leur amitié. Cette amitié qui, depuis les événements de la veille, ne cessait malheureusement de s’étioler. Don avait bien trop pris sur lui, encaissant non sans peine, les remarques assassines de son ami. Et là, il venait de craquer, lui assénant en pleine face une vérité difficile à entendre, horriblement blessante, cinglante, oui, mais finalement peut-être aussi … bénéfique …

Don, le souffle court, plongea son regard dans celui de Mac et s’apaisa. Ayant fini de déverser son trop plein de colère, il se détourna des trois hommes et commença à se diriger vers sa voiture. Mac l’y accompagna.

- Don, je sais que cette situation vous est pénible. Sheldon m’a raconté pour hier … ce que Danny a voulu faire. … Et je n’ignore pas ce que vous avez déjà vécu il y a quelques années.
- Laissez tomber Mac ! J’ai vraiment pas envie d’en parler ! Tout ce que je veux pour l’instant, c’est changer d’air ! Occupez-vous de lui … là, … je peux pas. Souffla Don.
- Je comprends. Mais si vous avez …
- Je sais. Merci. Le coupa-t-il. Je retourne au central.
- Ok.

Le jeune lieutenant prit alors place dans son véhicule, claqua la portière, ferma les yeux quelques instant pour reprendre ses esprits et démarra, laissant Mac sur le trottoir. Celui-ci le regarda s’éloigner puis revint à l’endroit où il avait laissé ses deux subalternes. Danny essayait tant bien que mal de se relever en prenant appui sur ses mains, refusant toujours l’aide de Sheldon. Une fois debout, un voile noir lui couvrit brutalement les yeux et un bourdonnement sourd vint soudain lui titiller les oreilles. Il tituba, manqua de chuter à nouveau mais Sheldon le rattrapa de justesse. Et puis, petit à petit, il vit réapparaître autour de lui les formes et les couleurs et entendit à nouveau les sons citadins de la rue. Mac était en face de lui, lui tendant ses lunettes. Il les prit et les remit sur son nez.

- Viens à la voiture. Il faut que je soigne ta main ! Lui dit alors Sheldon.
- Ma main va très bien. Maugréa le jeune expert.
- Ne faites pas d’histoire Danny ! Se mit en colère Mac. Je crois que vous en avez assez fait pour aujourd’hui !

Danny soupira, fatigué, et alla aussitôt s’appuyer contre le véhicule. Voyant que son jeune protégé avait finalement décidé de coopérer, Mac se permit de s’écarter quelques instants pour appeler Stella. Pendant ce temps, Sheldon enfila des gants. Il demanda à Danny de tendre sa main, ce qu’il fit sans rechigner. Le jeune médecin le débarrassa alors doucement de la cravate et s’empara d'un désinfectant. Il lui en aspergea la main et lui nettoya ses plaies à l’aide d’une compresse. Quand il releva les yeux vers son patient, celui-ci avait l’air absent, le regard perdu dans le vide.

- Tu t’aies fait ça comment ? Demanda Sheldon dans l’espoir de briser le silence malsain qui venait de s’emparer de Danny.

Celui-ci ne répondit pas, restant imperturbablement concentré sur le point invisible qu’il fixait. Les paroles acérées de Don résonnaient inlassablement dans sa tête. … Loque … Sanchez … vainqueur … . Et puis soudain, des souvenirs lui revinrent par brides. Il revit alors son reflet dans le miroir brisé. Ce type infect qu’il était devenu et qu’il détestait tant. Don avait raison. Sanchez avait gagné …

- Non … murmura-t-il soudain les yeux brillants.
- Quoi ? Demanda Sheldon.
- Rien.

Le médecin s’attela à nouveau à le soigner sans insister davantage. Enfin, tout du moins, pour l’instant. Ça n’était ni le lieu, ni le moment d’engager la discussion à laquelle Danny n’échapperait pas …

Et pourtant, ce « non », ce refus, presqu’inaudible, qui aurait pu être insignifiant, était loin de l’être … Danny n’en avait pas encore conscience mais quelque chose venait de changer ...
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Lindsay
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyLun 10 Déc - 2:47

Ouhouuuuuuuu !!!!! Y a quelqu'un ????? Non ??? Sad

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Chapitre 17



Sur la route du retour, Mac fut appelé par Stella pour une urgence au laboratoire. Bien à contre cœur et l’inquiétude dans l’âme, il dût se résoudre à déposer ses deux collègues en bas de l’immeuble du jeune expert, Sheldon lui assurant que tout irait bien. Celui-ci franchit en premier la porte de l’appartement. Il fut très vite suivi de Danny dont le regard hagard laissait deviner qu’il n’avait toujours pas digéré son vif échange avec Don. Il n’avait pas desserré les dents de tout le trajet, refoulant la rancœur qu’il éprouvait. Le médecin referma la porte derrière lui et l’observa attentivement se déplacer sans conviction vers le salon. Danny n’enleva pas son blouson. Il s’arrêta soudain prêt de la bibliothèque et commença à regarder tout autour de lui comme s’il était complètement désorienté. Perdu au milieu des mots crus que son ami avait prononcés, une lueur de colère inassouvie se mit à briller dans le fond de ses yeux. Sa respiration se fit soudainement plus forte et l’expression de son visage se durcit. Brusquement, de rage, il balança ses bras sur les étagères faisant voler à terre tous les livres qui s’y trouvaient ! Il fit ensuite de même avec les verres et les bouteilles qui été posées sur le minibar ainsi qu’avec tout objet qui se trouvait à sa portée et qu’il pouvait pulvériser. Sheldon resta près de la porte, impassible, et le laissa saccager son appartement. Il ne fut aucunement surpris par cette réaction. Depuis que Danny s’était replié dans le mutisme, il s’attendait à ce genre de coup d’éclat, ignorant simplement le moment où il se produirait.
Au bout de quelques minutes, Danny, le souffle court, sembla se calmer. Un tas de livres, de DVD, de CD, de morceaux de verre, de plastique ou de céramique jonchaient à présent le sol. Un véritable champ de bataille !

- T’as fini ? Lui demanda froidement Sheldon, les bras croisés.

Le jeune expert ne répondit rien, trop occupé à contempler les dégâts qu’il venait de causer.

- J’espère que ça t’as fait du bien, … parce que maintenant, tu vas devoir tout ranger et réparer ! Lui fit remarquer fermement son ami.

Danny finit alors par relever brièvement les yeux vers lui mais il prit rapidement la direction du canapé dans lequel il se laissa tomber en enfouissant son visage dans ses mains. Sheldon s’approcha sans la moindre once de compassion dans le regard.

- Tu vas encore continuer combien de temps ce jeu de mensonges et de coups bas avec nous ? Lui dit-il sèchement.

Danny poussa un long soupir d’effroi. Ces quelques mots lui firent brutalement se souvenir avec quelle ignominie il s’en était pris à Sheldon quelques heures plu tôt. Honteux, il ferma les yeux sans pouvoir tourner la tête vers son ami, debout à côté de lui.

- Je … je suis désolé pour ce matin Sheld. Lâcha-t-il faiblement sur le ton du repentir.
- T’es désolé ? S’étonna Sheldon dans un rictus acerbe. Non ! C’est trop facile ! Tu peux pas faire ce que t’as fait et t’excuser après sans en subir les conséquences ! … Je l’accepte pas ! Fulmina-t-il.

Le visage de Danny, stupéfait, se décomposa instantanément. Son ami ne lui avait encore jamais parlé sur un ton aussi acerbe. Il se dit alors que si Sheldon en arrivait à cette extrémité, ça ne pouvait signifier qu’une seule chose : il avait vraiment trop déconné.

- J’en ai ras le bol Danny ! Continua le médecin en colère. J’en viens à me dire que d’essayer de t’aider, ça ne sert à rien et qu’en commençant ce sevrage à domicile, j’ai fait une belle erreur !
- Quoi ??? Paniqua Danny, surpris, en levant brutalement la tête vers le jeune médecin. Tu …. Tu veux me laisser tomber ?
- De toute façon, comme l’a dis Don, t’en as rien à foutre de ce qu’on fait pour toi !
- Non, c’est pas vrai ! Contesta-t-il la voix étranglée par un sanglot qu’il essaya de réprimer.
- Ah non ? Tu nous laisses pourtant penser le contraire. T’as frappé Mac, tu m’as attaqué par deux fois, t’as été ignoble avec Don, ton meilleur pote !!! Et t’as menti à Adam pour lui extorquer 50 malheureux dollars !!!! Tu feras quoi la prochaine fois Danny ? S’emporta Sheldon, excédé.

A mesure que ce dernier énumérait toutes les crasses qu’il avait commises, les yeux de Danny s’inondèrent de larmes. Il était vraiment devenu un type abject et il se répugnait. Affligé, il plongea son regard devant lui pour ne plus devoir affronter celui de son ami.

- Tu veux que je te dise ce qui va se passer si tu continues sur cette voie ? Poursuivit le médecin sans relâche sur un ton plus posé mais toujours aussi ferme. Le boulot que t’aimes tant, … tu vas le perdre. … Parce que Mac ne pourra pas te couvrir éternellement et il sera bien obligé de te virer ! … Et puis après, sans fric, tu feras comment pour te fournir en came ? Hein ? Comment ? Tu voleras qui ? Tu tueras qui pour pouvoir te payer ta dose ?
- Je suis pas un assassin !!!! Protesta farouchement Danny en se levant, les yeux baignés de larmes.
- Non, peut-être, … mais regarde la vérité en face, tu en prends le chemin. … Réfléchis, si tu es capable de tels actes envers nous, de quoi seras-tu capable face à des inconnus ? Déclara-t-il en fixant son ami dans les yeux. Si tu ne finis pas derrière les barreaux, on retrouvera probablement un jour ton cadavre avec une aiguille dans le bras, … sous des cartons. C’est comme ça que tu veux finir ? Demanda Sheldon, se sentant envahi par la tristesse des images qu’évoquaient ses propres mots.

Danny secoua la tête négativement et laissa glisser sur ses joues les larmes qui bordaient ses yeux depuis un moment.

- Dis le moi Danny ! Je veux te l’entendre dire ! Insista Sheldon les yeux brillants, ne serait-ce que pour se rassurer lui-même.
- Je veux pas mourir…. Murmura Danny, la voix voilée de peine.
- Plus fort, j’ai pas entendu.
- Je veux pas mourir ! Avoua-t-il alors plus clairement au travers de ses sanglots. Non, je veux pas finir comme ça ! Aide-moi Sheld ! Tu peux pas me laisser tomber, j’y arriverais pas tout seul ! Poursuivit-il, en pleurs.
- Ok. Soupira Sheldon en reprenant ses esprits. Mais à une seule condition. A partir de maintenant, tu fais tout ce que je te demande sans discuter, et surtout, plus de coup foireux ! Tu m’entends ? A la moindre entourloupe, je te lâche ! Est-ce que c’est clair ?
- C’est clair. Répondit le jeune expert en reniflant et en se passant les mains sur la figure pour s’essuyer les yeux. Je ferais tout ce que tu voudras. Je t’le promets.
- Bien. Mais, on va aussi changer les règles. Désormais, la porte d’entrée ne sera plus verrouillée à double tour. Si tu veux te barrer pour aller te shooter, je t’en empêcherais pas.

Danny fronça les sourcils et un frisson lui parcourut l’échine. Il était fortement étonné et terriblement angoissé par cette liberté que lui offrait Sheldon. Il ignorait s’il serait capable de résister à l’envie d’une injection d’héroïne sans que ne soit mis d’obstacle sur sa route pour l’empêcher d’y succomber, mais il accepta néanmoins les nouveaux termes du contrat par un hochement de tête approbateur.

- Je vais te refaire le bandage de ta main. Lui dit alors le médecin en remarquant que celui-ci commençait à se parer d’une tâche rouge. Et puis, je vais devoir te faire une prise de sang aussi. Je demanderais à Mac d’apporter l’échantillon et la seringue que t’as utilisée dans un … centre de dépistage du HIV. Acheva-t-il péniblement sa phrase.

L’expert ne dit rien et détourna les yeux. Il sembla ne réaliser qu’à cet instant la gravité de son geste désespéré. Il regarda sa main blessée et s’assit calmement dans le canapé pour y attendre Sheldon. Celui-ci revint assez vite avec une mallette médicale qu’il posa sur le sol. Il en sortit une paire de gants qu’il enfila puis une seringue et demanda à Danny d’enlever son blouson et de soulever l’une de ses manches. Ce qu’il fit en lui proposant son bras gauche. Danny sourit amèrement en fixant la seringue que son ami médecin venait de défaire de son emballage.

- C’est con, … j’ai même pas pensé à regarder dans ta mallette.

Sheldon ne répondit rien à son tour et baissa tristement le regard pour s’atteler à la tâche qui lui incombait. Il soupira en observant le bras gauche que son ami lui avait offert. Celui-ci était trop abîmé par les injections répétitives d’héroïne pour y faire une prise de sang. Il lui demanda alors de tendre son autre bras qui se trouvait, lui, être un peu moins marqué. Le jeune homme acquiesça et s’exécuta.
Une fois la prise de sang effectuée, Sheldon rangea précautionneusement l’échantillon dans un plastique hermétique qu’il alla placer immédiatement dans le réfrigérateur. Quand il refit son apparition dans le salon, Danny n’avait pas bougé d’un poil. Il avait toujours le bras replié et compressait toujours le petit coton contre sa peau. Son ami médecin s’approcha à nouveau de lui pour lui refaire le bandage de sa main.

- Voilà. Dit-il en terminant le pansement. Essaie de ne plus la cogner contre quoi que ce soit. Ok ? Sinon, ça ne cicatrisera jamais.
- Ok, je vais essayer. Lui répondit-il en esquissant un léger sourire.
- Et maintenant, on se met au boulot ! Déclara Sheldon énergiquement en se relevant. Tu vas me nettoyer et ranger tout le bordel que t’as foutu ici ! Moi, je m’occupe de la salle de bain.

Le jeune expert hocha la tête pour donner son accord mais ne bougea pas davantage.

- Allez, debout ! Le motiva Sheldon.

Danny se décida finalement à se lever, se dirigea vers le champ de bataille dont il était l’instigateur et souffla aussitôt de découragement en constatant le désastre. Il n’y était vraiment pas allé avec le dos de la cuillère. Pas étonnant que sa main avait morflée une fois de plus.

- Ah oui, j’allais oublier. Fit Sheldon avant de s’éclipser. Les bouquins, tu me les ranges par ordre alphabétique.
- Pardon ? S’étonna Danny en haussant les sourcils. Tu rigoles là ?
- J’en ai l’air ? Répondit le médecin sans décrocher le moindre sourire.
- Non. Confirma Danny. Tu te venges, c’est ça ? Sourit l’expert.
- Loin de moi cette idée. Je t’assure. Concentre-toi sur ce que tu fais, c’est tout.

Le jeune médecin allait quitter à nouveau la pièce quand Danny l’interpella.

- Sheld !

Celui-ci se retourna.

- Je suis sincèrement désolé pour ce matin. Lui confia-t-il les yeux brillants.

Le jeune médecin le contempla un instant durement puis détourna son regard et sortit de la pièce sans lui adresser la parole. Danny soupira tristement et se frotta le visage. Sheldon ne lui avait manifestement pas pardonné, et malgré tout, il avait décidé de rester à ses côtés pour l’aider à sortir du cauchemar dans lequel il s’était engouffré. Sublime preuve d’amitié. Danny serra les lèvres pour retenir ses larmes. Il fallait absolument qu’il arrête les conneries. Il observa alors l’immense corvée qui l’attendait, et, sans ne plus attendre, s’accroupit pour commencer à ramasser et rassembler les objets qui traînaient sur le sol.


Dernière édition par le Jeu 13 Déc - 23:34, édité 1 fois
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Carolina CARUSO
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyLun 10 Déc - 16:04

Continue Lindsay continue....

Vivement la suite... Wink

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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyMar 11 Déc - 21:58

Je me demande comment j'ai fait pour passer à côté de cette fic !!! Embarassed

Danny a grandement interêt à s'excuser auprès de Don !! ^^ Et auprès de Mac aussi ! Parce qu'il l'a un peu fait tourner en bourique !!!

Et puis il a interêt à ne plus toucher de seringue !!!!!

^^ Voilà ! LoL !!!

Vivement la suite ;-) victoire
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Lindsay
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyLun 7 Jan - 2:53

Merci Carolina !! Merci Chtite Sqwé !!!

Bon, je n'ai pas eu le temps de taper une longue suite mais je vous poste quand même ce petit chapitre, qui, j'espère, vous fera plaisir ... Wink


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Chapitre 18



Peu de temps après avoir reçu l’appel de Mac l’informant qu’il avait retrouvé Danny, Stella dut impérativement le recontacter. Elle aurait aimé pouvoir faire autrement mais l’enquête dont elle avait la charge venait de prendre un tournant des plus délicats. En effet, des résultats ADN fraîchement tombés plaçaient un homme influent du cabinet du maire sur une scène de crime. Les consignes du chef de la scientifique étaient très claires dans ce genre de situation. Le prévenir immédiatement. Et c’est ce que la jeune femme avait appliqué à la lettre. Mac, ne pouvant se soustraire à ses responsabilités, avait donc dû se résoudre à laisser Sheldon s’occuper seul de Danny.
Une fois son supérieur et ami averti, Stella raccrocha pour se diriger vers la salle d’analyse. Elle s’arrêta un instant lorsqu’elle vit Adam y entrer. Durant toute la matinée, les deux scientifiques n’avaient cessé inévitablement de se croiser, tentant de feindre aux yeux des autres que tout allait bien et évitant soigneusement de parler du sujet qui les préoccupait. La jeune femme avait néanmoins bien remarqué combien Adam était tourmenté par ce qu’il avait appris quelques heures plus tôt. L’experte soupira. Comment allait-elle lui annoncer ce qui s’était passé ? Parce que, bien évidemment, il lui poserait immanquablement la question. Devait-elle vraiment lui confier qu’avec la somme qu’il lui avait prêté, Danny avait pu se fournir en came et se piquer une fois de plus et peut-être même … une fois de trop … Stella ferma les yeux et serra les dents. Elle détestait quand ce genre d’idées noires se mettait à traverser son esprit. Elle prit alors à nouveau une profonde respiration et continua son avancée d’un pas déterminé. Elle n’avait pas encore atteint la salle d’analyse quand son portable se mit soudain à sonner, la faisant légèrement tressaillir. Agacée, Stella décrocha et accueillit froidement son interlocutrice. Mais, très vite, les traits de son visage s’adoucirent, laissant se profiler un magnifique sourire à l’entente de la voix qui lui parvint aux oreilles. Cela faisait longtemps, bien trop longtemps qu’elles ne s’étaient pas parlées toutes les deux …

- Salut Lindsay. Comment vas-tu ? Lui demanda-t-elle sur un ton empli de sollicitude en s’immobilisant contre un mur du couloir.
- Ça va … ça va mieux. Soupira Lindsay, manifestement émue de parler à son amie de New York. Je … je suis vraiment désolée d’avoir donné si peu de mes nouvelles mais j’avais besoin de …
- T’en fais pas pour ça, c’est rien. Je comprends. … On comprend. Merci pour la carte, elle nous a réellement fait plaisir. … Mais parle-moi de toi. Qu’est-ce que tu fais, qu’est-ce que tu deviens ? Demanda-t-elle pleine d’enthousiasme. Tu loges toujours chez tes parents ?
- Non. Je loue un appartement en ville depuis près d’un mois maintenant.
- ça ne s’est pas bien passé avec eux ? S’inquiéta Stella.
- Si, si. S’empressa de confirmer Lindsay. Ils m’ont au contraire très bien accueillie et entourée. Même mon père était content de me revoir déambuler dans le ranch. J’y ai travaillé avec lui, un peu comme autrefois. Affirma-t-elle avec un franc sourire. Je dois dire que ça m’a fait du bien. Beaucoup de bien. Et puis surtout, ils ne m’ont pas assommée de questions sur les raisons qui m’ont poussé à revenir …
- Tu veux dire … qu’ils ne sont pas au courant ? S’étonna Stella en fronçant les sourcils.
- Non. Je leur ai menti. J’ai … j’ai pas pu leur dire Stella. Avoua-t-elle la voix rembrunie et les yeux emplis de larmes. Pas ça. C’était trop dur … ils auraient eu trop mal. Un jour peut-être … suspendit-elle tristement sa phrase dans un silence douloureux. Mais ne t’inquiète pas, je vais bien, affirma-t-elle après une profonde respiration pour tenter de se reprendre. Je me suis fait aider. J’ai suivi une sorte de … thérapie. Et ça va mieux, vraiment ! Voulut-elle la rassurer.
- C’est bien. Je suis contente pour toi … Et pour le boulot ? Tu as pu retrouver une place ?
- Oui. Ça fait trois semaines que j’ai un poste dans le laboratoire où j’exerçais avant … en tant qu’intérimaire pour l’instant. Ça pourrait devenir définitif par la suite. Le nouveau patron du service a été plutôt conciliant avec moi et ça m’a même étonnée. C’est pas vraiment la réputation qu’il a ici. Il faudra que je remercie Mac. Je pense que ses recommandations et son appui y ont été pour beaucoup.
- Mac ne fait que ce qui lui semble juste. Tu méritais ce soutien. Et avec tes anciens collègues, ça se passe bien ?
- Oui, à peu près … Mais assez parlé de moi … comment va la vie dans la Grande Pomme ?
- Oh, ici, c’est plutôt la routine. La criminalité ne faiblit malheureusement pas et, en ce moment, on est un peu débordé. En plus, une de nos affaires vient de salement se corser. La politique et les médias risquent de s’en mêler.
- Tout ce qu’aime Mac ! Ironisa-t-elle.
- En effet. Répondit-elle en souriant. Mais, … à part ça, tu vois, tout va bien ! Fit la scientifique en priant que Lindsay se contente de cette réponse.
- Et … Hésita-t-elle un instant à poursuivre. … Et Danny ?

Stella frémit et sentit soudainement sa gorge se serrer d’angoisse. Lindsay venait de poser la question qu’elle redoutait par-dessus tout. Que pouvait-elle bien lui répondre ? La vérité ? Sûrement pas. Elle était bien trop fragile et n’était pas prête à l’entendre. La lui avouer au téléphone alors qu’elle se trouvait à des milliers de kilomètres provoquerait un choc bien trop violent et serait sans doute l’une des pires choses à faire. Alors Stella se convainquit que, parfois, pour le bien être d’un proche, un mensonge « sincère » valait mieux qu’une sale et morne vérité.

- Danny ? … il va bien lui aussi. Mentit-elle avec aplomb. Ça a été plutôt difficile au début mais il s’est remis tout doucement et a fini par reprendre du service il y a un peu plus d’un mois et demi. Ajouta-t-elle afin que son amie ne doute pas de la véracité de ses propos. Et cela eut l’effet escompté. A l’autre bout de la ligne, Lindsay laissa ses lèvres se fendre d’un léger sourire. Elle s’en était tellement voulu de l’avoir quitté aussi brutalement et de l’avoir appelé si rarement que de savoir qu’il allait mieux apaisa quelque peu son cœur endolori et sa culpabilité.
- Tant mieux. Finit-elle par répondre … Oh, … Je suis désolée mais je vais devoir te laisser. Poursuivit-elle précipitamment. On me fait signe que les résultats d’une analyse que j’attendais viennent d’arriver.
- Ok, pas de problème.
- Dis bonjour à tout le monde pour moi.
- Ce sera fait. Je suis vraiment heureuse d’avoir pu t’entendre. Dit Stella alors que ses yeux se mirent à briller.
- Moi aussi. Sourit-elle.
- Prends soin de toi Lindsay et surtout, n’hésite pas à appeler si tu as besoin.
- Merci Stella. Je le ferai.

Les deux femmes raccrochèrent. Stella baissa son bras et, le regard voilé de tristesse, fixa le téléphone qu’elle tenait encore dans ses mains. Lindsay lui manquait. Son absence laissait un véritable vide. Elle releva les yeux et regarda devant elle, regrettant de ne pas la voir débouler avec enthousiasme pour tester un de ses fameux tours de passe-passe sur Mac. Ces joyeux souvenirs réussirent à lui arracher un sourire. Elle repensa alors à Danny, au fait qu’elle lui avait menti à son sujet. Un jour, si elle l’apprenait, elle lui en voudrait peut-être. Mais aujourd’hui, Stella était persuadée d’avoir agi comme il fallait. Lindsay avait l’air d’aller mieux. Elle commençait à peine à sortir de son cauchemar et il était inutile de la replonger dans un autre. Stella reprit alors la direction de la salle d’analyse où elle allait devoir faire face cette fois-ci à Adam. Finalement, lui non plus n’avait pas besoin d’être au courant de toute l’histoire. Elle lui dirait simplement pour l’instant que Mac, Sheldon et Don avaient retrouvé Danny et qu’ils l’avaient ramené chez lui. Il ne s’agissait que d’un autre petit mensonge pour le bien être d’un autre ami.
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyJeu 10 Jan - 21:28

Chapitre 19



« B … B … Bio … » murmura Danny le regard concentré et la tête penchée sur le côté tout en effleurant des doigts les reliures des livres de la bibliothèque. « Biochimie ! ». Génial ! Un de plus, ou plutôt … un de moins. Le jeune expert soupira et regarda derrière lui la pile qu’il lui restait encore à classer. Dieu soit loué, elle n’était plus haute que d’une dizaine de bouquins ! Il se saisit alors aussitôt de l’ouvrage suivant et recommença le rituel qu’il effectuait depuis près d’une heure et demie maintenant. « H … H … Har …. Harley … » C’est alors que la sonnerie de la porte l’interrompit.
« J’vais ouvrir Sheld ! » Cria-t-il à son ami qui était dans la salle de bain, occupé à prendre une douche. Danny se releva et prit la direction de l’entrée. Son premier réflexe fut d’abord de chercher la clé de la serrure jusqu’à ce qu’il se souvienne que Sheldon n’avait pas bloqué la porte. Il tourna alors simplement le verrou intérieur et ouvrit. Aussitôt en face de celui qui se tenait dans le couloir, un terrible malaise l’envahit. Le regard sombre noyé de ressentiments que l'homme lui envoya le le figea. Ne sachant pas vraiment comment réagir face au mécontentement évident de son visiteur, le jeune expert baissa les yeux et se passa nerveusement la langue sur les lèvres.

- Vous avez les idées plus claires ? Demanda sévèrement Mac.

Se rappelant que Mac avait assisté à son dernier shoot, Danny, honteux, n'échangea qu'un bref regard avec lui avant de hocher la tête en guise de réponse. Il se plaça ensuite sur le côté pour l'inviter à entrer. Ce dernier s’avança et remarqua la pile de livres sur le sol. Il constata également rapidement que de nombreux objets manquaient ou étaient détériorés dans le salon. Mac souffla d’exaspération.

- Que s’est-il encore passé ? Où est Sheldon ? Exigea-t-il de savoir en se tournant vers Danny qui refermait la porte.
- Il … il est dans la salle de bain. Il ne va pas tarder. Parvint-il finalement à articuler, la gorge nouée.
- Que s’est-il passé ici Danny ? Insista fermement Mac en le fusillant du regard. Qu’est-ce que vous avez encore fait ?? Martela-t-il plus fort devant le silence que s’obstinait à garder son jeune protégé.
- … Quand on est rentré, … j’ai … j’ai un peu pété les plombs. Avoua Danny, en serrant ses bras contre lui.
- Un peu ? Répéta Mac avant de secouer la tête. Il se détourna alors du jeune homme pour faire quelques pas, sentant la colère monter irrémédiablement dans ses veines. Mais qu’est-ce qui vous a pris ? Fulmina-t-il brusquement en se retournant et s’avançant vers lui.

Danny tressaillit et fixa Mac.

- Je … j’étais en colère et … Balbutia-t-il pour essayer de se justifier.
- Je ne vous parle pas du carnage que vous avez pu foutre ici ! Mais de ce qui s’est passé ce matin !

Le souffle du jeune drogué se mua progressivement et devint tremblant. Il décroisa les bras, recula légèrement pour s’adosser contre le mur à côté de la porte et passa anxieusement ses mains sur sa figure. C’était cette fois au tour de Mac de décharger ce qu’il avait sur le cœur et cela n’allait sûrement pas être une partie de plaisir.

- Si vous vous y étiez mal pris, vous auriez pu le tuer !!! Est-ce que vous vous en rendez compte ?

Danny frémit, colla sa tête sur le mur et ferma les yeux. Mac avait raison. Entièrement raison. Lorsqu’il s’était attaqué à Sheldon, il était comme dans un état second, or, ce qu'il lui avait fait demandait de la précision et de la concentration. Il aurait très bien pu, sans même s’en apercevoir, faire un geste de travers ou appliquer trop longtemps le point de compression. Oui, il aurait pu le tuer. Ils avaient eu décidément tous les deux beaucoup de chance.

- Et la seringue ? Poursuivit Mac, bien décidé à ne pas laisser à Danny de moment de répit. Vous vous êtes servis d’une seringue usagée ! Usagée Danny ! Vous avez conscience des conséquences ?

Le visage figé d’inquiétude et de colère, Mac laissa le silence s’installer. Il ne quitta cependant pas Danny du regard, attendant une réaction de sa part. Les paupières du jeune homme ne tardèrent pas à se soulever, dévoilant ainsi les quelques larmes qui s’étaient accumulées aux bords de ses yeux.

- Oui. Lâcha-t-il presque imperceptiblement, la voix brisée. Mais Mac, … je … j’étais pas en état de réfléchir. Lui répondit-il en secouant la tête, avant de la laisser tomber, de souffler et de serrer à nouveau les paupières pour tenter de réprimer rageusement ses larmes.
- Désolé, j’étais sous la … S’interrompit brutalement Sheldon en entrant dans le salon, constatant l’atmosphère pesante qui y régnait. Il jeta un œil sur Danny puis sur Mac et devina aisément que les deux hommes avaient dû avoir une conversation éprouvante. Tout va bien ? Chercha-t-il à savoir.

Danny renifla et se frotta brutalement les yeux avec la manche de son Sweet. Il mit ensuite ses mains dans ses poches et acquiesça par un mouvement de tête sans pour autant décoller son regard du sol. Mac, lui, contempla soucieusement Danny puis tourna la tête vers Sheldon.

- Je suis venu pour chercher la seringue et l’échantillon de sang. Dit-il simplement en lui montrant un tube isotherme.
- Ok. Donnez-moi ça, je vais les chercher. Répondit le médecin en prenant le récipient pour disparaître dans la cuisine.

Sheldon revint très vite, tendant à Mac non seulement ce qu’il était venu quérir mais aussi une feuille de papier.

- Je vous ai fait une ordonnance que vous transmettrez au centre de dépistage. Expliqua-t-il. Comme il y a moins de 48 heures que l’injection a été faite, on peut envisager un traitement préventif. Il faudrait par contre que vous rameniez les médicaments au plus vite. Plus on commence tôt, plus on a de chance de réduire les risques de contamination.
- Ok. Je m’arrangerais pour vous les faire parvenir rapidement.
- Danny, tu devras aussi refaire une prise de sang dans trois mois pour le test. Poursuivit Sheldon en s’adressant à son ami dont le regard se perdait toujours dans le vide. En effet, la conversation, qui se tenait entre Mac et Sheldon, à quelques mètres de lui, lui paraissait presque irréelle. Impossible. C’était impossible qu’elle le concerne … lui. Il devait s’agir de quelqu’un d’autre. Il n’avait pas pu descendre aussi bas …

- Danny ? L’interpella le jeune médecin en élevant la voix pour obtenir son attention et le sortir de son mutisme.
- Oui. … Je sais. Finit-il par dire, dépité, en relevant les yeux vers Sheldon.
- Je dois y aller. Intervint Mac. Je ne peux pas m’attarder, j’ai un tas de choses à régler au labo. On a une affaire délicate sur les bras.
- Pas de problème. Affirma Sheldon … Oh, Attendez ! … pendant que j’y pense … Ajouta-t-il aussitôt en se précipitant vers le minibar pour y prendre un dossier qu’il transmit ensuite à Mac. … Le rapport d’enquête que j’ai rédigé cette nuit.
- Oui, c’est vrai. Merci. Ça m’était sorti de la tête. Je vous laisse. … Et surtout, appelez-moi s’il y a le moindre souci. Confia Mac à Sheldon en aparté. Celui-ci acquiesça.

Mac attrapa la poignée de la porte. Il fixa un instant Danny qui était toujours appuyé contre le mur mais celui-ci ne releva pas les yeux, craignant de croiser à nouveau un regard empli de déception et de colère. Mac baissa alors les siens et sortit. A peine la porte venait-elle de claquer que Danny s’effondra jusqu’au sol. Il posa ses bras sur ses genoux repliés et y enfouit la tête. Il avait si peur tout d’un coup que des larmes silencieuses se mirent subitement à glisser le long de ses joues sans qu’il parvienne à les en empêcher.

- Qu’est-ce que j’ai pu être con ! Pesta-t-il contre lui-même en se cognant la tête sur ses bras croisés.
- Allez lève-toi ! Lui conseilla Sheldon en s’approchant de lui. Ça ne sert à rien de ruminer tout ça maintenant. Il est trop tard. Il faut aller de l’avant.
- Mais putain, j’ai peut-être chopé le sida Sheld ! Réalisa-t-il apeuré et les yeux baignés de larmes en redressant la tête vers lui.

Le médecin s’accroupit alors près de son ami et plongea son regard dans le sien.

- Et peut-être pas. Tenta-t-il de le rassurer avec sincérité. Allez, viens. Faut pas que tu restes là. Et puis, ça fait presque six heures maintenant. Si tu veux pas encore vivre une crise de manque, faut pas traîner.

Oui, malheureusement, il y avait ça aussi. Les yeux de Danny s’inondèrent alors un peu plus de larmes. Il serra les dents et se mit à secouer la tête comme s'il se refusait à croire qu'il s'agissait bien de la réalité.

- Qu’est-ce que j’ai fait Sheld ! Putain, mais qu’est-ce que j’ai fait ! Dans quelle merde je me suis foutu ! Sanglota-t-il, ne pouvant plus contenir son désarroi.

Il plongea alors sa tête dans ses bras et s’agrippa les cheveux. Sheldon, sensible à sa détresse, posa une main sur sa nuque pour tenter de le réconforter.

- Tu vas t’en sortir Danny. Tu m’entends … tu vas t’en sortir ! Lui répéta-t-il pour l’en convaincre, et aussi peut-être … pour s’en convaincre lui-même.

Mais cela n'apaisa pas le jeune expert qui avait l’horrible impression que sa vie lui échappait . Alors Sheldon décida de s’asseoir à ses côtés, contre le mur. Juste pour lui prouver qu’il n’était pas seul et que, malgré tout ce qui s'était passé, il pouvait toujours compter sur lui.
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyLun 14 Jan - 0:49

Chapitre 20



Après quelques minutes durant lesquelles Danny avait déversé son amertume, il s’était finalement calmé. Néanmoins encore abattu, il refusa de se lever, ou plutôt, n’en eut pas vraiment la force. Sheldon n’insista pas et le laissa rester assis sur le sol, adossé au mur. Il ne désirait pas le braquer dans un moment aussi délicat que celui de la prise de méthadone, surtout que Danny devait commencer à ressentir le besoin de se shooter. Le jeune médecin préféra donc apporter le remède jusqu’à lui. Sans un mot, il s’accroupit et lui tendit le petit gobelet, mais, le jeune expert, le regard paumé, sembla vouloir l’ignorer. Pas parce qu’il refusait de se soigner mais parce qu’il n’arrivait pas à accepter ce à quoi il était désormais réduit. Ces dernières heures, il venait tristement de réaliser à quel point il était au fond du trou et n’avait plus le contrôle de sa vie. Sa dépendance l’avait profondément changé, prenant le pas sur ce qu’il était réellement et faisant de lui un être sans cœur, manipulateur et cruellement égoïste. Il se répugnait. Comment avait-il pu en arriver là ? C’était pas lui ça ! Non, … c’était pas lui.
Sheldon soupira de découragement. Il tenta plusieurs fois de l’interpeller doucement, mais aucune réaction ne se manifesta chez son ami. Dépité par cette nouvelle et apparente résistance, il s’apprêtait à se lever quand Danny daigna finalement jeter un œil sur ce qu’il lui tendait. Le contenu de ce petit objet était sans aucun doute la preuve de son addiction et de son état pitoyable mais il était aussi synonyme d’espoir, celui d’une possible guérison. Alors le jeune homme se saisit enfin du gobelet et d’une traite avala la méthadone, sans se poser de question. Aussitôt fait, les deux hommes se regardèrent et le visage de Sheldon se para d’un léger sourire auquel n’eut pas le courage de répondre Danny.

Durant l’heure qui suivit, le jeune expert se sentit à peu près bien. Le substitut était entré en action et il n’avait pas éprouvé de manque physique évident. Cependant, il déchanta assez vite et, pendant près de trois quart d’heure, dût se résoudre à élire domicile près de la cuvette des toilettes. Les vomissements et les maux de tête faisaient partie des effets secondaires possibles durant les premières prises du traitement, et Danny n’en fut pas dispenser. Pour le rassurer, Sheldon lui expliqua que ce genre de réaction était fréquente mais qu’elle ne durait pas. Il fallait juste être patient et supporter ces désagréments le temps que le corps s’adapte au brusque changement de « drogue ».
Danny était épuisé. A nouveau assis à terre, mais cette fois-ci, contre la paroi de la douche, il se tenait le ventre dans le but de pallier aux crampes qui le tiraillaient. La bouche ouverte et les yeux fermés, il avait l’impression d’être complètement vidé de toute énergie. Sheldon s’approcha avec un linge humide et le lui passa sur le visage. Inerte, le jeune expert se laissa faire, profitant de cette apaisante et rafraîchissante sensation sur sa peau.
- Danny, ça va ? S’inquiéta le jeune médecin qui n’obtint, en guise réponse, qu’un faible gémissement. Comment tu te sens ? Insista-t-il alors.
- Mort … Finit par prononcer d’un ton aigre son patient en ouvrant lentement les paupières pour fixer le vide devant lui. Il n’avait pas vraiment réfléchi. C’était le premier mot qui lui était venu à l’esprit. Parce qu’il se sentait effectivement comme mort à l’intérieur. Comme si … tout ce qui faisait de lui Daniel Messer n’existait plus, avait été détruit. Par les tragiques événements qu’il avait vécus et surtout … par la drogue. Prenant soudainement conscience qu’il avait malheureusement prononçait ce mot tout haut, il s’obligea immédiatement à rectifier le tir pour ne pas inquiéter davantage son ami.

- … Enfin, je veux dire … je suis claqué. Ajouta-t-il alors en tournant la tête vers Sheldon pour le rassurer. J’ai encore mal au bide et au crâne mais j’ai plus envie de dégueuler. C’est déjà ça non ?
- Ouais, c’est déjà ça. Confirma Sheldon, soucieux et peu convaincu par sa tentative de justification. Tu devrais prendre une douche si tu te sens mieux. Ça te ferait du bien.
- Ok, mais … va falloir que tu m’aides à me lever. J’suis vraiment nase …

Sheldon lui tendit aussitôt une main qu’il empoigna pour pouvoir se relever. Mais une fois debout, sa vue se troubla et tout se mit subitement à tourner autour de lui. Il vacilla soudain et ses genoux se fléchirent. Sheldon eut alors tout juste le temps de l’attraper fermement par le bras pour lui éviter de chuter. Danny s’agrippa aux portes de la douche et grimaça. Son souffle s’intensifia et les nausées le reprirent. Il crut un instant qu’il allait devoir se précipiter à nouveau au dessus de la cuvette mais finalement il n’en fut rien. Ses haut-le cœur se dissipèrent aussi vite qu’ils étaient apparus. L’ancien légiste ne le lâcha pas tout de suite, voulant être sûr qu’il ait récupéré son équilibre avant.

- Ça va aller ?
- Ouais. … j’ai dû me relever trop vite. Lâcha-t-il dans un sourire pour essayer de dédramatiser la situation.
- Je peux te laisser alors ?
- Mais ouais, t’inquiète. C’est bon. Allez, dégage ! Lui lança-t-il amicalement.
- Ok. Je te laisse. Répondit Sheldon en souriant. Je vais nous préparer un petit quelque chose pour dîner.
- Oh, pitié, me parle pas de bouffer, je vais encore avoir envie de dégueuler ! Maugréa Danny en grimaçant d’écœurement.
- Désolé. Dans ce cas, je prépare et tu mangeras quand t’auras faim.
- D’accord, … on fait comme ça. Répondit Danny un peu surpris que Sheldon abandonne aussi facilement.

Sheldon sortit de la salle de bain et ferma la porte. Danny commença alors aussitôt à se déshabiller puis entra dans la douche. Il ouvrit les robinets et poussa un long soupir de soulagement quand il sentit l’eau tiède frapper doucement son corps. Sans aucun doute, cela lui faisait le plus grand bien. Au bout de quelques minutes, il fronça les sourcils et arrêta brutalement le flux d’eau, persuadé d’avoir entendu une voix féminine dans le salon. Non, rien. Il avait sûrement dû rêver. A la sortie de la douche, il se sécha, s’habilla et refit seul le pansement de sa blessure à la main.

Quand il rejoignit Sheldon dans le salon, celui-ci venait tout juste de se poser un plateau repas « pizza » sur la table basse. Danny se saisit de ses lunettes qu’il avait posées sur le minibar et les enfila.

- T’es sûr que t’en veux pas ? Lui demanda Sheldon en le voyant entrer. Pepperoni et Mozzarella !
- C’est tentant mais … non merci, … pas maintenant. Fit Danny en s’approchant.
- Comme tu veux … mais je t’ai quand même préparé un truc. Lui rétorqua Sheldon avec un sourire espiègle qui ne lui disait rien qui vaille.

L’air suspicieux, Danny le regarda disparaître dans la cuisine. Il secoua la tête, se demandant ce qu’il allait encore essayer de lui faire avaler puis alla se vautrer dans le canapé et croisa ses pieds sur la table basse. Il alluma la télévision. Il était en train de zapper à la recherche d’une chaîne qui lui convienne lorsque Sheldon refit son apparition, un grand verre à la main. Quand ce dernier arriva près du canapé, il s’arrêta brutalement, manifestement gêné par quelque chose.

- Euh … Danny. Ça te dérangerait pas de virer tes pieds de la table pendant qu’on mange ?

Le jeune expert sourit et retira ses pieds l’un après l’autre de la table. Il décrocha alors ses yeux de l’écran et les leva vers son ami, debout à côté de lui. L’expression rieuse de son visage fit aussitôt place à la méfiance quand il découvrit ce que Sheldon tenait entre ses mains.

- Bois ça. Lui ordonna le médecin en lui tendant le verre.
- Qu’est-ce que c’est ? Demanda Danny, en haussant un sourcil.
- Un cocktail multivitaminé fait maison. Tu peux pas mangé mais … tu peux boire. Sourit-il. Tu vas voir, ça passe tout seul !
- Ah ouais ? ça dépend surtout de ce que t’as mis dedans !
- Arrête ! Fais pas l’enfant ! Y a que des bonnes choses !
- J’aurais dû m’en douter. T’as laissé tomber beaucoup trop facilement tout à l’heure.
- T’as plus rien dans l’estomac Danny. T’as failli tourner de l’œil dans la salle de bain. Tu tiendras pas le coup si tu manges rien ! Faut que tu reprennes des forces. Dépêche-toi ! Bois ! Insista Sheldon plus sérieusement.
- Ok. T’as gagné. Je vais la boire ta mixture ! Céda alors Danny en prenant le verre. Un bon point pour toi : le goût n’est pas dégueu. Dit-il après y avoir trempé les lèvres.

Danny n’avait aucune envie d’ingurgiter quoi que ce soit mais, il avait fait une promesse à Sheldon. S’il voulait qu’il continue de l’aider, il fallait qu’il essaie de la respecter. Il se força donc à terminer le verre jusqu’à la dernière goutte puis le posa sur la table.

- Toujours pas faim ? Tenta encore Sheldon.
- Non ! Toujours pas faim ! Lui répondit le jeune expert, lassé.
- Ok. Fit Sheldon avant de s’asseoir et de se prendre une part de pizza.

Danny riva ses yeux à nouveau sur l’écran, se saisit de la télécommande et se remit à zapper. L’ancien légiste, lui, mangea tranquillement. Après avoir bu une gorgée du soda qui se trouvait sur son plateau, il fixa son ami d’un regard contrarié. Il reposa la canette et sentit quelque peu sa gorge se nouer. Fallait-il qu’il lui en parle tout de suite ? Ou fallait-il attendre ? Il soupira puis, finalement, décida de se jeter à l’eau.

- Danny ?
- Hum … gémit-il en regardant toujours l’écran.
- Danny, quand t’étais sous la douche … ta mère a appelé.
- Ah. Répondit avec inquiétude le jeune homme en baissant le son de la télé. Et ? Continua-t-il, angoissé en tournant la tête vers Sheldon.
- Je suis pas arrivé à temps pour décrocher mais j’ai entendu le message qu’elle t’a laissé. Elle disait … qu’elle avait appelé le labo pour savoir si t’étais toujours en vie.

Soudainement mal à l’aise, Danny détourna le regard, se pencha en avant, posa ses coudes sur ses genoux et joignit nerveusement ses mains.

- Elle était très inquiète tu sais. Elle ne comprend pas pourquoi tu ne réponds pas à ses messages, pourquoi tu n’appelles plus. Fit doucement Sheldon. Danny, ça fait combien de temps que tu lui as pas donné de nouvelles ?
- Je sais plus … longtemps. Répondit-il tristement en regardant le sol.
- T’as quand même appelé ou vu tes parents depuis que t’es sorti de l’hosto ?
- Oui. … Une fois.
- Une fois ? Et qu’est-ce que tu leur as raconté au juste sur ce qui s’est passé ?
- Rien. Murmura-t-il presque la voix tremblante. Je leur ai juste dit que j’avais été blessé sur une sale affaire, c’est tout.
- T’aurais pu au moins les appeler plus souvent. Ça t’obligeait pas à raconter toute l’histoire.
- Je sais. Concéda-t-il douloureusement, son regard s’embrumant de larmes. Mais j’y arrive pas … Continua-t-il la voix brisée par les sanglots. Depuis que je suis accro, … j’en ai plus le courage. … J’ai peur …. J’ai peur qu’ils devinent. … Je veux pas qu’ils sachent ! Lança-t-il, le visage inondé de larmes, en redressant la tête vers Sheldon. … Jamais ! Ils ne doivent jamais savoir !
- Je comprends. Affirma Sheldon, les yeux brillants. Mais, tu dois quand même les appeler. Ta mère était morte d’inquiétude. Poursuivit-il d’une voix douce.
- Je le ferai. Promis. Mais pas ce soir …. Le supplia-t-il de ne pas l’y obliger.

Sheldon soupira et acquiesça avec compassion. Danny l’avait profondément ému. C’est alors que la sonnerie de la porte retentit pour la deuxième fois de la journée.

- ça doit être Mac. Fit le médecin en se levant pour aller ouvrir …
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyLun 21 Jan - 7:33

Chapitre 21



Danny enleva ses lunettes et s’essuya rapidement les yeux, ne voulant pas offrir à nouveau à Mac le spectacle pitoyable de sa vulnérabilité. Sheldon ouvrit la porte. Quand le jeune expert reconnut la voix qui lui parvint jusqu’aux oreilles, il fut à la fois soulagé et dépité. Ce n’était pas Mac, certes, mais il allait lui falloir encore une fois affronter le regard d’une personne qui avait eu vent de sa désolante stupidité.

- Salut Danny. Dit Stella en s’avançant vers le canapé alors que Sheldon s’éclipsa de la pièce avec un sachet dans les mains.
- Salut. Répondit doucement le jeune homme en osant à peine relever les yeux vers elle.
- Mac n’a pas pu venir. Il est un peu accaparé au labo par une affaire qui se … politise. Commença-t-elle en évitant soigneusement de s’enquérir de son état. En effet, c’était inutile. Ses yeux rougis, ses cernes et sa mine défaite parlaient aisément pour lui.
- Qui se politise ? Répéta-t-il en la regardant. Ça veut dire que SaintClair va y foutre son nez ! En déduit-il.
- Exact ! Il est d’ailleurs déjà passé au labo. Et tu connais Mac … il était ravi ! Ironisa-t-elle en haussant les sourcils. Et toi ? Qu’est-ce que tu as fait avec Sheldon cet après-midi ? Changea-t-elle subtilement de sujet en s’asseyant en face de lui sur la table basse.
- Tu veux dire … avant ou après avoir vomi mes tripes ? Lui balança-t-il crument sans décocher un sourire.

Mauvaise réponse. Il regretta ses paroles et le ton employé dès qu’il vit le visage de Stella se durcir. Imbécile. Pourquoi avoir cherché à l’attaquer de cette façon ? Elle n’y était pour rien.

- Désolé. S’excusa-t-il aussitôt en baissant les yeux, pris de remords.
- Danny, personne n’a jamais dit qu’une désintox était une partie de plaisir ! Lui rétorqua-t-elle durement. Mais si tu veux t’en sortir et retrouver une vie un tant soit peu … normale, tu dois malheureusement en passer par là !
- Je sais bien. Lui confirma-t-il en soupirant. Je dis et fais beaucoup de conneries ces temps-ci.
- Comme de mêler Adam à tout ça par exemple. Lui reprocha Stella.
- Il t’a parlé de ma visite ? S’étonna Danny en redressant la tête.
- Oui, mais rassure toi, c’était pas volontaire. Il n’a pas voulu te trahir … lui. Ajouta-t-elle sèchement en le regardant droit dans les yeux.

Danny ne pouvant soutenir plus longtemps son regard, détourna le sien pour le fixer sur le sol.

- Il faut vraiment que tu réagisses, parce que cette saloperie est en train de te rendre méconnaissable ! Le Danny que je connais n’aurait jamais cherché à profiter aussi lâchement d’un ami ! Lui affirma-t-elle fermement en haussant légèrement le ton.
- T’as raison. J’suis devenu un beau salop ! J’aurais jamais dû aller le voir, j’aurais jamais dû me servir de lui. Reconnut-il, la voix brisée.
- Il n’est pas trop tard pour changer. S’adoucit-elle.
- … Il sait ? … Tu lui as dit ? S’inquiéta Danny en relevant la tête.
- Il a deviné. … Mais je lui ai caché que tu avais réussi à te droguer avec ses 50 dollars.

Lèvres serrées, Danny acquiesça, affreusement désolé d’avoir osé manipuler Adam. Et tout ça pour quoi ? Pour se piquer avec une seringue empoisonnée. En y repensant, il décocha un bref sourire amer.

- Alors Stella. Lança Sheldon en les rejoignant des sodas dans les mains. Il paraît que c’est le branle-bas de combat au labo ? Continua-t-il en tendant les boissons à ses deux amis qui s’en saisirent en le remerciant.
- Oui, on peut dire ça. Sourit la jeune femme en tournant son regard vers l’ancien légiste.
- Qu’est-ce qui se passe exactement ?
- Vous vous souvenez de cette jeune femme retrouvée étranglée dans un parking la semaine dernière ? Demanda-t-elle aux deux hommes qui hochèrent affirmativement la tête. Et bien, il se trouve que les analyses ADN confirment qu’un des fervents partisans du maire est impliqué dans cette histoire. A quel dégré, on n’en sait toujours rien. Mais on marche désormais sur des œufs.
- Je comprends mieux pourquoi ça avait l’air de préoccuper Mac tout à l’heure. Répondit Sheldon en fronçant les sourcils.
- C’est sûr qu’on se serait bien passé de ça. …
- Surtout en ce moment … Se reprocha aigrement le jeune expert en baissant les yeux sur le soda qu’il faisait tourner dans ses mains.

Stella ne sut que répondre. Effectivement les événements actuels pesaient déjà bien assez lourds sur leurs épaules pour avoir à gérer en plus une pression médiatique et politique. Elle échangea avec Sheldon un sombre regard puis reporta son attention sur Danny, visiblement ailleurs tout d’un coup. Pour ne pas laisser la pièce s’imprégner d’un climat malsain, elle en rompit le silence.

- Par contre j’ai une bonne nouvelle. Dit-elle en posant sa canette à côté d’elle. … Lindsay m’a appelé.

Ces simples mots eurent l’effet attendu, celui de sortir immédiatement Danny des pensées douloureuses qu’il s’infligeait. Il se débarrassa alors de son soda en le posant à son tour sur la table.

- Comment va-t-elle ? S’empressa-t-il de demander, à la fois angoissé et impatient d’obtenir une réponse.
- Elle va bien. L’en informa Stella, sourire aux lèvres. Elle s’excuse de n’avoir donné aucune nouvelle à personne depuis quelques temps mais, elle avait besoin de faire le point.
- Oui, ça se comprend, c’est normal. Confirma Sheldon.

Mais Danny ne put s’empêcher de rester perplexe et commença à se triturer anxieusement les mains. Stella avait menti à Adam pour l’épargner. Pourquoi ne le ferait-elle pas aussi avec lui ? Après tout, il n’y avait pas grande différence. Le jeune expert déglutit et la peur se mit à briller dans ses yeux. Touchée par sa soudaine fragilité, la jeune femme se pencha vers lui et se saisit de ses mains tremblantes pour les envelopper chaleureusement dans les siennes.

- Danny, je t’assure qu’elle va bien. Insista doucement la jeune femme pour tenter d’apaiser ses angoisses. Je pourrais te mentir, … mais ce n’est pas le cas. … Tu sais, là-bas, elle s’est bien faite aider, et a même retrouvé un boulot il y a trois semaines. Elle est en train de reprendre pied. Elle va mieux. Vraiment. Lui affirma-t-elle avec beaucoup de sincérité.

Le contact affectueux des mains de Stella, sa voix rassurante et surtout le contenu de ses paroles embuèrent le regard du jeune homme de larmes. Malgré les horreurs qu’elle avait vécues, Lindsay commençait manifestement à tourner la page et c’est tout ce qui lui importait. Que sa vie ne soit pas gâchée par les erreurs qu’il avait pu commettre. Qu’elle puisse poursuivre sa route, même si cela signifiait qu’elle la poursuive sans lui. Danny renifla et le clignement de ses paupières fit jaillir une larme hors de ses yeux.

- Toi aussi, tu dois aller mieux. Poursuivit Stella alors que le jeune expert baissa la tête une nouvelle fois. Il faut que tu arrêtes de culpabiliser. Tu n’es pas responsable de ce qui s’est passé.

Elle posa alors une de ses mains sur son visage et lui caressa la joue avec tendresse. Son ami lui déchirait horriblement le cœur. Il avait l’air si … perdu.

- C’est pas ta faute. … C’est pas ta faute. Lui répéta-t-elle en secouant doucement la tête.

Danny renforça l’étreinte de leurs mains alors que Stella y joignit à nouveau celle qui carressait son visage.

- Elle a demandé de tes nouvelles.
- Tu lui as dit quoi ? S’inquiéta-t-il en relevant les yeux et en fronçant les sourcils.
- Rien. A elle, j’ai menti. Elle n’était pas prête à entendre la vérité …
- Et je veux qu’elle ne l’entende jamais ! Promets-moi que tu ne lui diras jamais. Insista-t-il avec véhémence.
- Je t’le promets. … Je vais devoir vous laisser. Ajouta-t-elle ensuite après un moment de silence en jetant un œil sur Sheldon, debout derrière le canapé.

Danny soupira, lui lâcha les mains et ils se levèrent tous les deux. Les deux hommes la raccompagnèrent alors jusqu’à la porte.

- Merci d’être passée.
- J’essaierai de rester plus longtemps la prochaine fois. Courage Danny. Tu vas y arriver, j’en suis sûre. Lui assura-t-elle avant qu’ils ne s’échangent un sourire complice. Salut Sheld.
- Salut Stella. Merci pour la commission. Lui rétorqua Sheldon avant de refermer la porte.
- T’as entendu Sheld ? Elle va mieux . Fit Danny en fixant le vide.
- Oui, j’ai entendu. C'est vraiment une bonne nouvelle. Mais comme l'a dit Stella, toi aussi, il faut que tu ailles mieux. Danny … il va falloir qu’on commence ton traitement immédiatement. Lui confia-t-il presque gêné de devoir lui rappeler la dure réalité.
- Oui, je te suis. Lui répondit le jeune expert en le regardant.

Les deux amis se déplacèrent alors jusque dans la cuisine où Sheldon avait déjà préparé les médicaments sur le plan de travail pour pouvoir tout expliquer à Danny.

- Ce que tu vas suivre, c’est un traitement antirétroviral prophylactique. Si tu as été en contact avec le virus et qu’il est passé dans ton sang, ces médicaments vont permettre d’en bloquer la réplication. Il s’agit d’une trithérapie préventive. Tu auras six pilules à prendre au cours de la journée et il faudra respecter à la lettre la posologie et les moments des prises.
- Ok. Mais, tu pourras me noter tout ça ? Lui demanda-t-il en souriant nerveusement, la voix tremblante. Parce que là, j’ai peur de m’planter.
- Oui, y a pas de problème. Je vais tout te noter. Et puis, t’inquiète pas, je suis là. Je vais te le rappeler.
- Y a des effets secondaires ?
- Malheureusement oui. Problèmes rénaux possibles, vertiges, cauchemars …
- Excellent programme dis moi ! Ironisa-t-il en piétinant anxieusement. Et je vais devoir supporter ça combien de temps ?
- Quatre semaines.
- Quatre semaines ?!! S’exclama-t-il, stupéfait, avant de souffler d'angoisse. Et c’est efficace au moins ?
- Oui. Parfaitement. Ça a été prouvé. Si tu as été infecté faiblement, ça te donne vraiment une chance d’éliminer le virus.
- Bien. Va pour quatre semaines alors. On commence quand ?
- Maintenant. Lui dit gravement le jeune médecin en lui tendant une première pilule et un verre d’eau.

Danny s’en saisit et l’avala sans sourciller avant de retourner dans le salon et de s’affaler à nouveau dans le canapé pour se remettre à son activité favorite du moment : le zapping. Sheldon, lui, prit un carnet dans un tiroir et écrivit consciencieusement, comme ils en avaient convenu, toute la posologie du traitement. Une fois cette tâche achevée, il posa son stylo et fixa d'un regard rembruni cette feuille de papier noircie de son écriture. Il en relut chaque mot et cela lui fit mal. Pourquoi ne s’était-il pas plus méfier ce matin en allant dans la salle de bain ? Pourquoi n’avait-il pas su lire dans le jeu de Danny la veille ? Il aurait dû être plus prudent, il aurait dû être plus méticuleux et vérifier qu’il avait bien avalé le cachet qu’il lui avait donné. Et puis pourquoi en tant que médecin, il n’avait rien vu ? Pourquoi avait-il été si aveugle à la détresse de son ami ? Il aurait dû remarquer les symptômes de la toxicomanie. Il aurait dû être plus présent … Ils n’en seraient pas là maintenant. Danny n’en serait pas là. … A regarder défiler les images de la télévision pour essayer de se vider la tête à tout prix. Ne plus penser. Ne pas succomber. Un combat de chaque minute, de chaque seconde. Sentant les larmes commencer à noyer son regard, Sheldon souffla, ferma les paupières et s’essuya rapidement les yeux. Il ne devait pas craquer. Pas maintenant. Surtout pas maintenant. Danny avait besoin de lui plus que jamais. Et il avait besoin qu’il soit fort … pour l’empêcher de sombrer. Une fois ressaisi, Sheldon s’empara de quelques magazines qui traînaient dans la cuisine et se dirigea vers le salon. Il s’arrêta un instant et regarda tristement Danny qui avait fini par trouver une chaîne qui lui convienne. Il fallait absolument qu’il ne se doute de rien. Il souffla encore une fois et s’évertua à dissimuler son instant de faiblesse dans une expression d’assurance. Il s’approcha alors du canapé et s’installa dans un fauteuil. Il échangea un regard avec Danny et s’efforça à sourire. Celui-ci lui répondit. Sheldon fut soulagé. Il n’avait rien vu. Il enfila alors ses lunettes et se mit à la lecture d’un magazine.
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptySam 26 Jan - 19:25

Je précise que dans ce chapitre, je fais un flash back, retravaillé et donc un peu plus sombre, d'un morceau de la fic 3.

Et donc, ... faut que je mette un AVERTISSEMENT pour violence et aspect très sombre. Ame sensible ou trop jeune, please, s'abstenir !!



**********************************************************************************

Chapitre 22



Il était passé vingt trois heures et cela faisait au moins cinq bonnes minutes que Sheldon essayait désespérément de lutter. Sans succès. Il essaya de cligner et de serrer plusieurs fois les paupières pour faire taire les signes de fatigue mais rien n’y faisait. Celle-ci était trop présente. Bientôt les cases, les lettres et les définitions s’entremêlèrent sur le papier glacé réduisant totalement ses efforts à néant. Inutile d’insister davantage. Il terminerait sa grille demain. Les yeux irrités et rougis, il ôta ses lunettes et leva le nez de ses mots croisés pour observer Danny. Celui-ci était avachi contre le dossier du canapé, les bras croisés et les pieds installés nonchalamment sur la table basse. Yeux mi-clos, il regardait une émission tout à fait délirante sur les exploits rocambolesques et parfois même complètement ridicules de « Monsieur tout le monde ». Point positif : ce programme n’était absolument pas « prise de tête » et lui permettait de se vider l’esprit. En reposant son magazine sur la table Sheldon constata que Danny, sujet à des soubresauts réguliers, bataillait dur pour ne pas sombrer dans le sommeil.

- Tu devrais aller te coucher. Lui conseilla-t-il.
- Mmm ? Grommela paresseusement Danny, à moitié endormi, en tournant la tête vers le médecin.
- J’ai dit que tu devrais aller dormir. Sois raisonnable, tu tiens plus là !
- Sheld … Ne le prends pas mal mais … Articula-t-il difficilement dans un bâillement à s’en décrocher la mâchoire … Arrête de te prendre pour ma mère … tu veux bien ? Poursuivit-il plus clairement.
- Ok. Lui répondit le médecin en souriant sans plus insister. Mais je te signale que t’occupes mon lit !
- Ah, c’est vrai. Lança-t-il dans un rictus. Si tu veux dormir, tu peux prendre la chambre. Ça me dérange pas.
- Non, t’inquiète, ça ira. Je disais surtout ça pour toi. … Par contre je me ferais bien une infusion !
- J’ai ça dans mes placards ? S’étonna le jeune expert, perplexe.
- Non, c’est moi qui les ai ramenées. T’en veux une ?

Danny haussa un sourcil et fixa Sheldon d’un regard appuyé qui pouvait se traduire par « Est-ce que j’ai une gueule à prendre une infusion ? ».

- Bien. Je suppose que ça veut dire « non ». En déduit Sheldon avant de disparaître dans la cuisine.

Il revint quelques minutes plus tard dans le salon, se plaça derrière le canapé et grimaça à la vue de ce qu’il vit sur l’écran de télévision.

- C’est écœurant ! Tu te vois ingurgiter tous ces Cheese Burger juste pour gagner un concours ? Ces types sont vraiment cinglés ! S’exclama Sheldon en s’attendant à un commentaire de Danny. Mais seul le silence lui répondit. Un silence serein, à peine dérangé par le souffle d’une respiration. Danny ?... L’appela-t-il alors doucement en s’avançant davantage pour se pencher au dessus du canapé.

Danny était allongé et dormait paisiblement. Il n’avait pas gagné le combat qu’il s’était imposé et avait finalement laissé le sommeil le happer dans ses filets. Sheldon prit la télécommande et éteignit la télévision. Il alla ensuite chercher deux fines couvertures dans l’armoire de la chambre et les rapporta dans le salon. L’une était pour Danny. La deuxième pour lui. Il était en effet hors de question de le laisser à nouveau traverser seul ce moment difficile. Oui, le sommeil était pour Danny un pénible moment, un cap à franchir. Il en était maintenant persuadé. Parce qu’à chaque fois, tout était parti de là. Chaque crise d’angoisse, chaque envie irrépressible de succomber à la drogue avait émergé de son sommeil. Sheldon l’avait compris en se remémorant précisément tous les événements qu’ils avaient vécus depuis deux jours, et, l’acharnement incroyable, dont Danny avait fait preuve toute la soirée pour essayer de rester éveillé, n’était que venu appuyer sa théorie. Cette fois-ci, Sheldon se l’était promis. Il ne serait pas seul à son réveil.

L’ancien légiste éteignit l’éclairage principal de la pièce pour ne laisser qu’une lampe allumée. Il s’installa ensuite le plus confortablement possible dans un fauteuil et observa son ami. Sheldon, épuisé lui aussi, ne tarda pas à fermer les yeux. Il glissa alors progressivement dans les bras de Morphée … tout comme Danny l’avait fait quelques minutes auparavant …

… Le tintement de l’ascenseur retentit et les portes s’ouvrirent sur le 35ème étage des locaux de la police scientifique. Le laboratoire était différent des autres jours … mais pas des autres nuits. Il était à nouveau là, et tout était calme, sombre et sans vie. Les écrans étaient éteints et la multitude de scientifiques en blouse blanche qui auraient dû arpenter les couloirs avaient disparus. Encore une fois. Comme à chaque fois qu’il fermait les yeux. Une terrible angoisse lui tordait le ventre mais une force irrépressible le poussa malgré lui hors de l’ascenseur. Il déglutit et s’avança doucement regardant en direction du bureau de Mac puis en direction des autres pièces. Rien. Rien ni personne. Rien hormis cet immense vide. Il était seul. Le tintement de l’ascenseur se fit à nouveau entendre. Danny tressaillit et se retourna, mais l’ascenseur n’était déjà plus là. A sa place, une ruelle très faiblement éclairée. Au bout de celle-ci, il distingua une lumière plus intense. Et dans cette lumière, le corps d’un homme. Un homme qui gémissait et qui l’appelait. Un homme qu’on tabassait. Louie. Danny se mit instinctivement à courir aussi vite qu’il le put pour lui porter secours. Peut-être que cette fois-ci il réussirait à le sauver ? Mais quand il arriva, il était trop tard. Louie ne bougeait plus. Son visage était tuméfié de coups et son corps couvert de sang. Désespéré, Danny s’agenouilla et tendit la main vers le corps inanimé de son frère, quand brusquement celui-ci ouvrit les yeux et lui agrippa férocement le poignet. Le regard empreint de haine, Louie resserra plus fort son emprise.
« Pourquoi tu m’as fait ça Dan ! » Lui reprocha-t-il avec colère avant de disparaître, ne laissant derrière lui que l’odeur acre du sang.
Les mains à nouveau libres, Danny, ayant un mauvais pressentiment, les retourna lentement pour en regarder les paumes. En effet, son intuition ne l’avait pas trompé. Elles étaient maculées d’un liquide rouge et tiède qui coulait goutte à goutte jusqu’au sol. Elles étaient tâchées du sang de son frère. Sa respiration devint subitement oppressante et il se mit à trembler.
Il sentit alors un souffle chaud lui caresser la nuque, un souffle accompagné de murmures pervers qui s’intensifiaient et résonnaient tout autour de lui.
«C’est de ta faute» répétaient-ils avec insistance.
Danny ferma les yeux et serra les paupières. Et puis, sans qu’il s’y attende, les murmures cessèrent.

Il fut alors stupéfait de constater qu’il était à nouveau dans les couloirs du laboratoire. Il regarda ses mains. Le sang n’y était plus. Soudain, l’écho d’un rire d’enfant lui parvint jusqu’aux oreilles. Il vit alors passé devant lui, en courant et traversant les murs, le fantôme d’une fillette. Celle-ci s’éclipsa dans une salle du labo. Danny la suivit, et au moment où il en franchit la porte, il se retrouva à la morgue.
Des tas de corps, recouverts d’un drap blanc gisaient sur les tables d’autopsie et une brume inquiétante et froide commença à envahir lentement la pièce. Au milieu de celle-ci, une femme en robe blanche. Tête baissée, elle pleurait. Danny s’avança vers elle et, quand il fut assez près, reconnut son amie d’enfance.
« Cécilia ? Pourquoi tu pleures ?» Lui demanda-t-il affectueusement.
Pour la consoler, il tendit une main vers son visage et lui releva lentement la tête pour pouvoir effacer ses larmes. Seulement, quand Cécilia le regarda dans les yeux, Danny fut effrayé et eut un brusque mouvement de recul. Les larmes qui glissaient le long de ses joues étaient des larmes de sang. Deux taches rougeâtres et circulaires apparurent aussi sur sa robe blanche, s’étendant inlassablement sur sa poitrine. Cécilia porta la main sur ses blessures puis observa sa paume ensanglantée avant de la lever, lentement, et de la présenter à Danny. Elle plongea alors son regard empli de chagrin et de rancœur dans ses yeux voilés de peine.
« Tu m’as tuée » finit-elle par lui murmurer.
Danny secoua la tête et laissa des larmes glisser sur ses joues tout en reculant devant la vision cauchemardesque de son amie couverte de sang.
« Non, je t’ai pas tué, c’est pas vrai ! ».
Le souffle chaud sur sa nuque. Il était à nouveau là. Et les chuchotements reprirent de plus belle.
« C’est de ta faute ! » Continuèrent-ils de clamer sans relâche.

Danny ferma les yeux et se tint la tête pour couvrir ses oreilles et ne plus entendre ces voix qui semblaient vouloir le hanter.
« Foutez-moi la paix ! » se mit-il à hurler.
C’est alors qu’au travers des chuchotements, une voix se fit plus distincte.
« Je te promets qu'elle se souviendra très longtemps de moi ! »
Danny ouvrit soudain les yeux et se figea d’effroi. Ces mots, cette voix, il les connaissait. …

A nouveau dans les couloirs du laboratoire, il entendit aussitôt le grésillement sourd d’un enregistrement qui se mit en marche. Et puis … des bruits de lutte, de coups, auxquels vinrent se mêler rapidement des pleurs et des cris perçants de terreur ! Les cris d’une femme. Cris entrecoupés de terribles "non", d’appel à l’aide et de supplication. Une voix qu’il reconnut. Lindsay. Paniqué, Danny se mit à parcourir les couloirs, cherchant désespérément d’où pouvait provenir ses appels au secours mais il s’aperçut vite que cela ne le mènerait nulle part. Impossible de la trouver. Désespéré, il s’arrêta de courir, tourna sur lui-même dans l’espoir de trouver de l’aide, mais il n’y avait toujours rien ni personne. Il était irrémédiablement seul.
C’est alors qu’il aperçut au bout du couloir, une ombre. Il se calma et s’approcha lentement de cette silhouette qui se tenait debout devant lui. Il s’agissait d’un homme. Un homme au regard qui glace le sang. Il s’agissait de Sanchez. Danny serra les poings et son regard s’imprégna de haine
« Salop ! Où est-elle ? Dis-moi où elle est ! » Hurla t-il. Sanchez se mit à rire.
« Salut Messer. Je t’ai manqué ? Tu vois, je suis un homme de parole. Je t’avais promis que je m’occuperais bien d’elle et qu’elle se souviendrait longtemps de moi…. » Lui assura avec cruauté le tueur avant de disparaître derrière une porte.
Danny courut aussitôt à sa suite et se retrouva soudain face à un grand mur crasseux. Il entendit alors les appels à l’aide de Lindsay mais très distinctement cette fois-ci, et si proches, tellement proches, comme si elle était ... derrière lui.
Ce mur était celui de l’entrepôt. Danny déglutit d’angoisse, sa respiration se fit haletante et il se remit à trembler nerveusement. Il ferma les yeux un bref instant avant de finalement faire face à ce qu’il redoutait.
« Lâchez-la bandes de salops !!! » Hurla t-il dans un cri de douleur mêlé de pleurs !.
Lindsay était allongée sur le sol, maintenue fermement par Alvarez et Maestri. Elle se débattait encore et encore demandant qu’on l’aide alors que Sanchez, lui, était debout au dessus d’elle, prêt à entrer en action.
Danny se précipita vers eux, criant qu’il leur interdisait de la toucher mais personne ne semblait l’entendre. Il voulut tenter de les arrêter mais il fut stopper dans son élan par un immense mur de verre qui se dressa devant lui. Il ne pouvait les atteindre. Soudain, tout ce qui se trouvait dans l’entrepôt s’effaça et Danny ainsi que Lindsay et ses agresseurs furent enveloppés d’obscurité.
Sanchez se mit à genoux, dé zippa la fermeture éclair de son pantalon et s’allongea entre les jambes de la jeune femme.
Danny hurla et pleura de tout son être, frappant de ses poings et de toutes ses forces cette vitre qui refusait de se briser … mais tous ses efforts restèrent vains.
Sanchez caressa les cuisses de Lindsay puis débuta son abominable méfait en s'introduisant violemment dans son corps.
Impuissant, Danny poussa un « Non !» déchirant de souffrance.
« Arrête sale fils de pute !!»
Il frappa encore et encore la vitre avec toute la rage qu’il avait dans le cœur mais rien n’y faisait. Celle-ci ne cédait pas et Sanchez continuait de se mouvoir frénétiquement sur Lindsay, extirpant des gémissements bestiaux et écœurants à chacun de ses va et vient. Danny, désespéré et hurlant toutes les larmes de son corps, se laissa glisser le long de la vitre jusqu’au sol.
A genoux et secoué de sanglots douloureux, il ferma les yeux et s’obstrua les oreilles pour ne plus voir ni entendre les atrocités qui se déroulaient juste à côté de lui.
Le souffle chaud lui effleura à nouveau la nuque et il sentit soudain une horrible douleur lui traverser l’épaule. Il baissa la tête et la regarda. Il était blessé, et du sang coulait sur ses vêtements. Quand il releva les yeux, il frémit et fut pétrifié d’horreur. Sanchez était debout devant lui, une marque rouge au niveau du cœur.


Dernière édition par Lindsay le Jeu 17 Avr - 13:21, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptySam 26 Jan - 19:26

«Si je leur ai fait du mal, c’est à cause de toi ! Uniquement à cause de toi. T’auras beau essayer, t’oublieras jamais … »lui affirma impassiblement le tueur.

Danny, les yeux noyés de rage et de peine, se rua soudain sur Sanchez … mais il ne réussit qu’à frapper le vide.

- Qu’est-ce que tu cherches à faire Messer ? Le questionna le tueur.

Surpris, le jeune expert sursauta et se tourna aussitôt en direction de la voix qu’il avait entendu dans son dos.

- Tu sais bien que tu ne peux rien contre moi. … Je suis déjà mort … Lui rappela Sanchez d’une voix malfaisante en posant son regard diabolique sur lui. Allez, tiens, prends ! Lui ordonna-t-il ensuite sèchement en lui tendant une seringue.

La respiration de plus en plus alerte, Danny, effrayé, fixa l’objet dangereux en secouant tête. Sanchez s’avança alors plus près. Le jeune expert aurait voulu reculer mais il fut soudain comme paralysé. Impossible de faire le moindre mouvement. Il croisa le regard de son bourreau et frémit quand il vit les flammes de l’enfer y miroiter.

- C’est le seul moyen !! Cria subitement Sanchez en lui agrippant fermement le bras …

En sueur et tremblant de tout son corps, Danny se redressa en hurlant et en se débattant violemment.

-Hey, hey, du calme Danny, du calme ! C’est moi … Sheld ! Essaya de lui faire comprendre son ami en resserrant son emprise sur ses bras pour éviter qu’il ne s’acharne à le frapper.

Prenant petit à petit conscience qu’il était désormais réveillé, Danny cessa progressivement de crier et de s’agiter. Mais il ne parvint malheureusement pas à atténuer les tremblements qui secouaient son corps ni à calmer le rythme effréné de sa respiration.

- Calme-toi. C’était qu’un cauchemar. Lui murmura Sheldon sur un ton rassurant en lui lâchant doucement les bras.

Encore complètement terrorisé par les images et les mots qui l’avaient une nouvelle fois attaqué dans son sommeil, Danny secoua négativement la tête. Non, bien sûr que non. C’était pas un cauchemar … mais des événements bien réels que son esprit coupable et torturé se plaisait à lui rappeler. Sans répit. Ce fils de pute de Sanchez ne lui foutra donc jamais la paix !

- Regarde-moi Danny. Lui demanda Sheldon, inquiet de constater à quel point son ami était affecté, surtout que son regard fuyant et paumé ne lui disait absolument rien qui vaille.

Il avait raison de se méfier. Sans qu’il s’y attende et sans un mot, Danny le poussa brusquement pour qu’il le laisse sortir du canapé. Sheldon se redressa aussitôt, le regarda traverser rapidement le salon et commença à sérieusement paniquer quand il le vit enfiler ses chaussures avec empressement.

- Danny, mais qu’est-ce que tu fais ! Arrête ! Protesta-t-il en se précipitant près de son ami qui se couvrait à présent d’un blouson. Regarde-moi Danny, regarde-moi ! Mais parle-moi, merde ! Dis quelque chose ! Paniqua-t-il, sentant que la situation lui échappait totalement. Tu peux pas laisser un cauchemar prendre le dessus sur toi ! Tenta-t-il encore de le raisonner en le collant comme son ombre jusqu’à la porte.

Mais Danny, déterminé à sortir, continua de l’ignorer, sans lui adresser un regard, sans lui accorder le moindre mot. Alors Sheldon, excédé et terriblement angoissé, l’attrapa solidement par son blouson et le força à se retourner sur lui.

- Fais pas ça … Le supplia-t-il les yeux humides.

Danny le fixa quelques secondes. Le regard désemparé de Sheldon le toucha, mais il avait pris sa décision. Il lui était impossible de faire autrement. Il avait trop mal. Il avait trop besoin de soulager les souffrances de son âme. Il avait trop besoin … d’oublier.
Il se dégagea alors violemment de sa poigne et se détourna de lui pour enclencher l’ouverture de la porte. Celle-ci se referma dans un claquement qui fit tressaillir Sheldon.
Après un bref instant où il se sentit complètement perdu, tentant de comprendre ce qui venait de se passer, le jeune médecin se reprit et attrapa la poignée de la porte. Il la tourna et puis finalement … la relâcha. A quoi bon lui courir après ? Danny semblait résolu à vouloir s’injecter la mort et aucune de ses paroles ne réussirait à le convaincre d’y renoncer. Sheldon s’adossa alors contre la porte et ferma les yeux en soupirant de désespoir. Il avait échoué …

Dans le couloir, en arrivant près de l’ascenseur, Danny se mit à nouveau à réfléchir à la façon dont il allait pouvoir se procurer de l’héroïne. Il fallait déjà qu’il change de fournisseur, se dit-il en appuyant sur le bouton d’appel. Et puis, comment allait-il réunir cette fois-ci l’argent dont il avait besoin ? Danny s’immobilisa soudain et frissonna, complètement atterré par les plans machiavéliques qu’il commençait à nouveau à échafauder pour pouvoir se shooter.
Il extirpa un long soupir et se frotta le visage en reculant jusqu’à ce qu’il butte sur le mur du couloir. C’est alors que commencèrent à se mêler dans sa tête les paroles de Sheldon, Mac, Don, Stella et les images insoutenables de ses cauchemars …

« Et puis après, sans fric, tu feras comment pour te fournir en came ? Hein ? Comment ? Tu voleras qui ? Tu tueras qui pour pouvoir te payer ta dose ? … Si tu es capable de tels actes envers nous, de quoi seras-tu capable en face d'inconnus ? »
« Pourquoi tu m’as fait ça Dan ! »
« Si vous vous y étiez mal pris, vous auriez pu le tuer !!! Est-ce que vous vous en rendez compte ? … Et la seringue ? Vous vous êtes servis d’une seringue usagée ! Usagée Danny ! Vous avez conscience des conséquences ? »
« Tu m’as tuée » « C’est de ta faute ! » « C’est de ta faute ! » « C’est de ta faute ! »

Danny serra les dents et, les mains tremblantes, s’agrippa la tête. Les paroles des uns et des autres résonnaient sans relâche et venaient le frapper comme autant de coups reçus en plein visage et en plein cœur. Pris dans ce tourbillon confus de mots tranchants et d’images insupportables, il se mit à pleurer …

« Il faut vraiment que tu réagisses … le Danny que je connais n’aurait jamais cherché à profiter aussi lâchement d’un ami ! »
« T’en n’as rien à foutre de nous ! On se plie en quatre pour que tu t’en sortes … et toi ? Qu’est-ce que tu fais à la première occaz ? Tu cours rejoindre ton dealer pour acheter ta dope !!!! »
« Sanchez se mit à genoux, dé zippa la fermeture éclair de son pantalon et s’allongea entre les jambes de Lindsay. »
« … des bruits de lutte, de coups, auxquels vinrent se mêler rapidement des pleurs et des cris perçants de terreur ! »

- Non, non, non, non. Murmura-il dans ses sanglots, en se frappant la tête.

Il s’éloigna alors du mur et, anxieusement, fit plusieurs allers-retours dans le couloir pour tenter de se calmer et de chasser ce monstrueux souvenir. Il avait l’horrible et effrayante impression de devenir complètement fou. Soudain il s’arrêta, regarda autour de lui et se frotta à nouveau le visage. En éloignant ses mains, il constata qu’elles étaient toujours agitées de tremblements.

« Mais regarde-toi ! T’es plus qu’une loque ! Une pauv’e merde ! »

Don avait raison. Il n’était plus rien. Il n’avait plus le contrôle de son corps, plus le contrôle de sa vie.

« Alors qu’est-ce que tu veux ? Hein ? Tu veux crever ?? C’est ça ?? »

- Non Don. … Je veux pas crever … S’avoua-t-il tristement d’une voix à peine perceptible en se ré adossant au mur.

«Si je leur ai fait du mal, c’est à cause de toi ! Uniquement à cause de toi » Repensa-t-il alors aux paroles de Sanchez.

Mais cette fois-ci, d’autres, pleine de douceur, de réconfort et d’espoir vinrent les supplanter. Il ferma aussitôt les yeux pour mieux les laisser l’envahir.

« Il faut que tu arrêtes de culpabiliser. Tu n’es pas responsable de ce qui s’est passé. »
« C’est pas ta faute. »
« Elle va bien. Danny, … je t’assure qu’elle va bien. »

Il entendait encore la douce voix de Stella les prononcer avec sincérité et sentait encore ses mains serrer les siennes avec une incroyable tendresse. Danny renifla et sembla quelque peu se calmer. Quand il entendit l’ascenseur s’approcher, il ouvrit les paupières et des larmes silencieuses se mirent à couler sur ses joues. Les yeux fixés sur les portes encore closes, il chercha à s’accrocher coûte que coûte à cet espoir de lendemain meilleur, à cette idée que finalement, Lindsay allait mieux et que lui aussi pouvait très certainement y arriver…
Les portes s’ouvrirent brusquement. Il fallait à présent choisir. Monter dans cet ascenseur ou tenter de reprendre sa vie en main.

« Tu sais bien que tu ne peux rien contre moi … Allez, tiens, prends ! … C’est le seul moyen !! »

- Va te faire foutre salopard ! Lui cracha Danny, le visage noyé de larmes …
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptySam 2 Fév - 11:22

Chapitre 23



Assis au pied de la porte, les genoux repliés, Sheldon fixait le vide devant lui. Dans ses yeux brillait une immense tristesse. Il soupira et baissa le regard. Il allait maintenant falloir qu’il avertisse Mac. Et Don. Il n’en avait vraiment pas envie. Il se frotta le visage et releva la tête pour l’accoler à la porte. Cela avait déjà été difficile la première fois. Comment leur annoncer à nouveau que Danny avait décidé de baisser les bras ? Que leurs efforts pour le sauver ne serviraient à rien parce que, ce qu’il désirait finalement, c’était de se laisser mourir …
Son cœur manqua soudain un battement, et il sortit brutalement de ses pensées. Quelqu’un venait de frapper à la porte. Il fronça les sourcils, intrigué et soucieux, puis se leva et ouvrit. En découvrant qui se trouvait en face de lui, il resta un instant statufié, à la fois stupéfait et incroyablement soulagé. Décontenancé par ce qui s’était passé et par la profonde détresse qui semblait toujours anéantir de son ami, les mots restèrent coincés au fond de sa gorge, incapables de franchir le seuil de ses lèvres.

- J’ai pensé … Commença alors Danny, la voix vacillante et les yeux brillants de larmes, … j’ai pensé … que si on voulait prendre notre revanche sur Mac, … enfin … faudrait peut-être qu’on s’entraîne non ?

La gorge serrée, Sheldon déglutit et hocha la tête en s’écartant de l’entrée pour le laisser passer. Aussitôt dans l’appartement, Danny jeta négligemment son blouson sur un tabouret et se dirigea vers la table de billard.
Il s’essuya le visage d’un revers de manche puis se saisit immédiatement des billes de couleur. Quand il les posa sur le tapis vert, elles tintèrent les unes contre les autres au rythme de ses tremblements. Il serra alors fortement les poings, ferma les yeux et extirpa un long souffle pour tenter de maîtriser les tressaillements de son corps. Sans réel succès. Sheldon, toujours silencieux, l’observa attentivement en refermant la porte. La lutte acharnée et douloureuse que Danny venait d’engager contre lui-même lui ébranlait horriblement le cœur. Il aurait voulu qu’il se confie, qu’il mette des mots sur la souffrance qui le rongeait, mais il savait pertinemment qu’insister ne servirait qu’à le murer davantage dans le silence. Alors il n’en fit rien et s’approcha simplement de la table de jeu. Danny y posa les dernières billes et s’appuya sur le rebord du billard.

- Tu commences ? Lui proposa-t-il, la voix chancelante, en relevant la tête.
- T’es sûr que tu veux pas prendre quelque chose pour te calmer avant ? Lui répondit Sheldon, le regard empli d’inquiétude.
- Non. Lui fit savoir Danny avec conviction en secouant la tête. Je suis déjà assez shooter de médocs, tu crois pas ?
- Ok. … Comme tu veux. … Je commence.

Sheldon prit alors une des queues de billard et se pencha au dessus de la table pour entamer la partie. Il cassa le jeu, choisit une bille et essaya de se concentrer sur celle-ci pour marquer le point. Cette tâche ne lui avait jamais paru aussi difficile. Avant de se lancer, il jeta un œil sur Danny qui ne cessait de piétiner anxieusement à ses côtés puis reporta son attention sur le tapis et frappa la bille. Celle-ci loupa malheureusement sa cible. Sheldon se redressa et s’aperçut rapidement que son ami, perdu dans les méandres de ses tourments, n’avait pas réalisé qu’il venait de prendre la main.

- Danny ? C’est à toi.

Celui-ci cligna brièvement des paupières comme s’il venait subitement de revenir sur terre. Il prit alors une profonde respiration et acquiesça. Il observa le jeu, choisit à son tour une bille, se pencha sur la table et plaça sa main gauche sur le tapis pour venir y apposer la queue de bois. Il fixa alors intensément la bille à frapper, … mais son esprit n’était déjà plus dans la partie. Malgré ses efforts, il ne parvint à empêcher les larmes de reprendre possession de ses yeux. L’une d’elle s’en échappa, glissa lentement le long de sa joue et finit par heurter le tapis vert. Sheldon serra les lèvres. Il avait du mal à accepter d’être si impuissant face au désarroi de son ami.

- Danny … Intervint-il, soucieux de son état.
- Non. Le coupa aussitôt le jeune expert, en levant la main gauche pour lui demander de ne pas poursuivre ses propos. … Ça va aller … ça va aller … Tenta-t-il de le convaincre sans dévier le regard de la bille de billard.

Il renifla, s’essuya une nouvelle fois les yeux et s’efforça de se concentrer pour de bon. Le regard fixé sur le jeu et la respiration de plus en plus lente et contrôlée, il frappa brusquement la bille d’un mouvement sec. Ce premier coup ne lui apporta pas de point mais fut net et lui permit de rejouer. Au bout d’une quinzaine de minutes, Sheldon fut surpris et soulagé de constater un changement radical dans son comportement. Danny ne tremblait plus, était de plus en plus précis et de plus en plus résolu à gagner. Son regard aussi était différent. Il ne reflétait plus la peur et la douleur mais une extrême détermination à combattre les atroces pensées qui l’assaillaient.
Au bout de quelques parties, l’atmosphère devint moins glaciale et plus détendue. L’inquiétude de Sheldon se dissipa et Danny s’autorisa à nouveau à croiser son regard. Bientôt, ils se sourirent, pulvérisant ainsi le dernier obstacle au retour d’une certaine sérénité. Pris progressivement par le plaisir de se défier, ils se mirent même à se charrier, faisant parfois basculer l’ambiance dans la franche rigolade.

C’est ainsi que les heures défilèrent, les menant irrémédiablement jusqu’au petit matin. Sheldon ne s’en aperçut que lorsqu’il vit les premières lueurs de l’aube apparaître au travers des persiennes. Il fixa un instant les fenêtres puis reporta son attention sur Danny. Celui-ci était en train de se congratuler pour la énième fois d’avoir réalisé le coup du siècle, coup qui lui offrait la victoire. Sheldon sourit et soupira, se rappelant qu’il y a quelques heures encore, il avait cru que tout était perdu. Et puis, finalement, il s’était trompé. Il n’avait d'ailleurs jamais été aussi heureux de s’être trompé. Danny avait décidé de se battre. Il était là. Devant lui. Et il souriait. Sheldon se dit alors que cette nuit, il avait fait bien plus que de gagner quelques parties de billard. Il avait fait un énorme pas en avant. Il avait résisté à l’appel des sirènes. Un cap venait indéniablement d’être franchi.

- Quoi ? S’exclama le jeune expert en remarquant l’étrange regard que lui lançait Sheldon. Tu vas quand même pas contester ? C’était un coup magistral !
- Euh … mouais. Joli coup. Lui répondit Sheldon en faisant une moue moqueuse.
- Joli ? Pff ! Mauvais perdant ! Maugréa Danny avant d’accompagner Sheldon dans un éclat de rire.
- T’as remarqué ? Lui dit le médecin alors que son sourire s‘estompait.
- Quoi ?
- Le jour se lève.

Danny tourna la tête vers les fenêtres. Non, il n’avait pas remarqué que le temps avait filé si vite. Se souvenant brutalement de la raison pour laquelle ils avaient enchaîné partie sur partie, sans relâche, sans s’accorder même le temps de penser à autre chose qu’au jeu, il baissa tristement le regard.

- C’est fou. J’ai pas vu le temps passer. Lança-t-il sombrement. Je me suis réveillé à quelle heure exactement ? Demanda-t-il alors en relevant les yeux vers Sheldon.
- Il devait être aux alentours de trois heures.
- On n’a pas beaucoup dormi. En déduit-il dans un soupir.
- Non. … Surtout toi. Lui répondit doucement Sheldon en lui envoyant un regard appuyé.

Un silence angoissant se propagea soudainement dans la pièce. Danny déglutit et son cœur se mit à cogner fort dans sa poitrine. Il ne faisait aucun doute que Sheldon l’inviter à parler de ce qui s’était passé, de ses cauchemars. Malheureusement, il s’en sentait absolument incapable. Alors, il se mit à chercher à tout prix une échappatoire.

- J’ai la dalle ! Pas toi ? S’exclama-t-il soudain.
- Si. Lui confirma Sheldon, sans insister davantage. Je te laisse la douche et je prépare le p’tit déj.
- ça marche. Répondit Danny, soulagé d’avoir évité une nouvelle confrontation.

Sheldon tourna alors les talons et se dirigea vers la cuisine tandis que Danny prit la direction de la salle de bain.

- Sheld ! L’interpella-t-il avant de sortir du salon. Tu nous fais un « vrai » p’tit déj, d’accord ? Je veux dire … avec Pancakes, gaufres, sirop d’Erable, beurre de cacahuète, … enfin tu vois quoi, … le genre de truc qu’on a plaisir à manger !
- Oui, je vois très bien. T’as retrouvé l’appétit. Lui répondit Sheldon en souriant. Promis, le cocktail multivitaminé ne viendra qu’en complément.
- Pour le cocktail, te sens surtout pas obligé. Grimaça Danny.
- T’inquiète, ça me fait plaisir. Le nargua alors le jeune médecin. Allez, du balai ! J’aimerais pouvoir occuper la salle de bain moi aussi.

Danny sourit et, sur ces derniers mots, s’éclipsa rapidement. Il revint quelques dix minutes plus tard, lunettes sur le nez, habillé d’un jean et d’un Sweat blanc.

- Alors, ce p’tit déj ! C’est prêt ? Demanda-t-il en frappant deux fois la main sur le minibar.
- Oui. Quasiment. Lui répondit Sheldon en posant deux mugs de café.

Il retourna aussitôt dans le coin cuisine et en ramena un plateau sur lequel se trouvaient deux bols, des cornflakes, une boîte de lait, et … deux verres de jus d’orange.

- Où sont les Pancakes ? Le beurre de cacahuète ? Demanda Danny en prenant place sur un tabouret.
- Désolé, mais j’en n’ai pas trouvé. Tout ce qui reste c’est quelques pétales de cornflakes.
- Bon, et bien, va pour les cornflakes alors ! Marmonna-t-il, déçu, en se saisissant de la boîte pour verser les céréales dans les bols.
- Tiens, prends ça avant de manger. Lui ordonna Sheldon en posant deux petites pilules bleues à côté de son verre.

Danny acquiesça et les avala immédiatement. C’est alors que quelqu’un frappa à la porte. Les deux hommes se regardèrent, interloqués. Qui pouvait bien venir à une heure si matinale ? Danny se leva et alla aussitôt ouvrir.
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptySam 2 Fév - 11:23

- Madame Iddle ? S’exclama-t-il, surpris.
- Bonjour Danny. J’espère que je ne vous réveille pas.
- Euh … non, pas du tout … mais … Balbutia-t-il, soudainement embarrassé en se rappelant sa désagréable attitude de la veille.
- Oui, je sais, vous vous demandez pourquoi je toque à votre porte à huit heures du matin ! Et bien, en fait, voyez-vous, quand je vous ai croisé hier, vous m’avez semblé tellement mal que j’ai voulu faire quelque chose pour vous.
- Pour moi ? Non, faut pas. C’est moi qui me suis mal comporté. … Je suis d’ailleurs … profondément désolé. J’ai été idiot, j’aurais jamais dû vous parler comme ça.
- Ne vous en faites pas ! On a tous nos sautes d’humeur ! C’est déjà oublié. Lui dit-elle en balayant l’air de sa main. … Par contre jeune homme, vous avez toujours besoin de reprendre quelques kilos, alors, je vous ai fait des cookies. Lui annonça-t-elle en lui tendant une boîte métallique, ornée de dessins à fleurs.
- Mais non, … fallait pas.
- Méfiez-vous, vous avez tendance à radoter mon garçon. Lui fit-elle remarquer en agitant son index, dans un sourire. C’est moi qui suis sensé le faire. Et puis, arrêtez donc de faire des chichis et prenez-les ! Continua-t-elle brusquement. Vous m’avez rendu service tellement de fois, ce n’est qu’un juste retour des choses.
- Bon, et bien, … merci. Lui répondit-il, un peu gêné, en acceptant la boîte. Vous entrez boire un café ? Lui proposa-t-il de bon cœur.
- Oh, c’est bien gentil mais je ne peux pas. Un taxi m’attend en bas. Je vais passer le Week-end chez ma fille à Boston.
- C’est chouette. Sourit-il.
- Oui, je suis vraiment contente, mais il ne faut plus que je traine sinon je vais rater l’avion.
- Vous voulez peut-être que je vous aide à porter vos bagages ? Lui proposa-t-il encore en cherchant les dits bagages des yeux.
- Non, ce n’est pas la peine, le chauffeur de taxi s’en est déjà chargé.
- Ok. Et bien alors, encore merci et … passez un bon Week-end. Vous me raconterez. Lui sourit-il avec charme.
- J’y compte bien ! Quant à vous, prenez soin de votre santé, d’accord ? Lui dit-elle avec tendresse avant que Danny n’acquiesce en hochant la tête. Je vous laisse. Au revoir. Poursuivit-elle alors qu’elle se dirigeait déjà vers l’ascenseur.

Danny lui fit signe de la main et referma la porte en fronçant les sourcils. Il n’en revenait toujours pas. C’était lui qui s’était montré odieux et c’était elle qui était venue quasiment s’excuser. Drôle de petit bout de femme. Un sourire se dessina bientôt sur ses lèvres et il se tourna vers Sheldon, attablé au minibar.

- Des cookies pour le p’tit déj, ça t’dit ? Lui demanda-t-il en s’approchant.
- Oui, ça me dit bien. C’était qui ?
- Ma voisine. Mme Iddle.
- T’en as de la chance ! C’est sûrement pas ma peste de voisine qui me ferait des cookies ! Et cette délicate attention, c’est en quel honneur ?
- En fait, je l’ai croisé hier matin en sortant de l’appart et comme j’étais pressé, j’ai plutôt été désagr …

La bouche entrouverte, Danny s’interrompit. Il se sentit soudain terriblement mal à l’aise de raconter ce fait à Sheldon alors que, lui, au même moment, était inconscient et ligoté par ses soins dans la salle de bain. Ne pouvant soutenir son regard plus longtemps, Danny baissa les yeux et se frotta nerveusement les mains. Le jeune médecin soupira, comprenant tout de suite ce qui l'angoissait.

- Sheld, on n’en a pas encore reparlé. Se lança Danny, après s’être humidifié les lèvres.
- Laisse tomber Danny. On tourne la page. Lui répondit sèchement Sheldon.
- Non, je peux pas. Comme l’a dit Mac, j’aurais pu rater mon coup, j’aurais pu te … tuer ! Encore une fois ! S’exclama-t-il, les yeux brillants.
- Arrête d’y penser ! Ça sert à rien ! Je suis là et je vais bien.
- Mais comment tu fais ça ? Fulmina Danny en se levant pour s’écarter du minibar.
- Comment je fais quoi ? S’étonna Sheldon en restant incroyablement calme.
- Comment tu fais pour faire comme si rien ne s’était passé ? Comment tu fais pour ne pas me détester ? J’comprends pas !
- Ecoute. Je te dis pas que j’t’en ai pas voulu. Sur le coup, je t’ai détesté, oui, … et j’étais furax. … Lui avoua sincèrement Sheldon. Mais je sais que c’était pas vraiment toi.
- Mais si, … j’étais pas sous l’influence de la drogue, j’étais même pas encore en manque !!! C’était moi Sheld, … c’était moi ! Continua-t-il à se faire des reproches en se frappant la poitrine.
- Non. … Qu’est-ce que tu voulais finalement ? Effacer la douleur, oublier, pas vrai ? C'est ça qui t'a fait perdre ton jugement. Comme tout à l’heure …

Danny, les yeux humides, détourna la tête en soupirant d’exaspération et fit quelques pas dans le salon. Il se prit la tête dans les mains et se frotta le visage. Encore une fois, Sheldon tentait de lui tirer les vers du nez. Mais pourquoi détournait-il toujours la conversation à son avantage ? C’était pas de ça qu’il voulait parler ! Pourquoi faisait-il toujours ça bordel ! Il ne pouvait pas simplement ignorer sa dernière crise nocturne et passer à autre chose ? C’était pourtant pas si compliqué à comprendre … qu’il n’avait pas envie d’en parler, que ses cauchemars le rendaient complètement malade ! Que sa vue se brouillait, que ses boyaux se tordaient et qu’il avait envie de dégueuler à chaque fois qu’il y pensait ! Pourquoi ne voulait-il pas le comprendre ? Pourquoi ne voulait-il pas tourner cette page-LÀ précisément ?

- Et ça excuse mes actes peut-être ? Lui répondit vivement Danny en se retournant.
- Non. Bien sûr que non. … Mais c’est un début d’explication. … Allez, calme-toi s’il te plait. Reviens t’asseoir.

Danny fut surpris. Il avait vraiment pensé que cette fois-ci, il y aurait eu droit. Mais non. Sheldon avait compris qu’il n’était pas prêt. Les traits de son visage se décrispèrent alors soudain et le rythme affolé de son souffle redevint plus lent et raisonnable.

- Je suis désolé. … Je suis vraiment désolé. Lâcha Danny, la voix posée mais triste.
- Je sais, t’inquiète pas, je sais. Alors on les mange ces cookies ? Lui sourit Sheldon.

Danny répondit à son sourire et hocha la tête. Il vint immédiatement reprendre place sur le tabouret et se saisit d’un biscuit. Les deux hommes entamèrent alors leur petit festin matinal.

- Faut pas trop traîner. Baragouina Sheldon en se régalant d’un cookie. Dans trente minutes, on décolle.
- Pour où ? Demanda Danny intrigué, en haussant les sourcils.
- Danny, on ne va pas passer quinze jours enfermés dans ton appart !
- Non, je me doute. Lança-t-il dans un rictus. Mais ça ne répond pas à ma question !
- Et bien déjà, faut remplir le frigidaire et les placards parce que c’est … un peu vide … chez toi …
- Je te l’accorde, et ensuite ?
- Aujourd’hui, j’étais normalement de repos et la semaine dernière j’ai promis à quelqu’un de passer lui filer un coup de main pour des travaux. Tu vas m’accompagner. De la main d’œuvre supplémentaire, … elle sera ravie !
- Elle ? Tiqua Danny, un sourire narquois sur les lèvres.
- T’imagine surtout pas des trucs ! Eclata de rire Sheldon avant de s’essuyer la bouche avec une serviette en papier. Ce n’est absolument pas ce que tu crois.
- Mais je ne crois rien. Fit innocemment Danny en continuant de sourire.

Sheldon leva les yeux au ciel puis soupira, avant de quitter la table pour se rendre dans la salle de bain. Danny l’observa jusqu’à ce qu’il disparaisse de son champ de vision. Il avait vraiment de la chance de l’avoir comme ami. Peu aurait supporté et pardonné le calvaire qu’il lui avait fait vivre. Beaucoup l’aurait déjà laissé tomber. Et d'ailleurs, s'il l'avait fait, cela n’aurait été que légitime et il n'aurait pas eu le droit de lui en vouloir. Mais comment faisait-il pour trouver encore l’énergie de rendre service à quelqu’un d’autre après ces deux journées infernales ? Il était incroyable. Danny l’admirait.

Ayant fini de manger à son tour, il se leva et s’étira les bras en baillant. Son regard se posa alors sur son bureau, près de l’entrée, et se fixa plus précisément sur le téléphone. Il baissa les yeux. Il savait pertinemment qu’il devait le faire mais … ça lui fichait une trouille bleue. C’était pourtant simple. Ce n’était l’affaire que de quelques minutes et il l’avait déjà fait un bon nombre de fois, avant. Bien évidemment, pas dans ces conditions mais … Putain ! Pourquoi ses intestins lui filaient de telles crampes si c’était si simple ? Et puis merde, il fallait le faire ! Déterminé, Danny s’approcha du bureau. Il prit le combiné en main et commença à composer le numéro, … mais il ne put aller jusqu’au bout et reposa brusquement le téléphone. Il s’éloigna pour faire quelques pas, ferma les yeux et expira tout l’air de ses poumons. Bordel, il fallait qu’il se raisonne ! Il devenait complètement ridicule. Il jeta alors à nouveau un œil sur l’appareil et revint vers le bureau. Il se saisit du téléphone, le regarda un instant, sentant son cœur s’emballer et cogner très fort dans sa poitrine. Il s'humidifia nerveusement les lèvres et acheva finalement la compositoin du numéro. Alors que les sonneries rythmées venaient lui vriller l’oreille, tel un compte à rebours, Danny serra les dents, déglutit anxieusement et souffla une nouvelle fois pour tenter de réprimer ses angoisses. Il suffisait juste qu’il soit le plus naturel possible, qu’il lui dise qu’il allait bien, et elle ne devinerait rien. Non, bien sûr que non, elle ne pouvait pas deviner, tenta-t-il de se convaincre. Soudain, la personne décrocha. Danny, troublé, resta muet quelques secondes à l’entente de sa voix, et ses yeux se parèrent subitement de larmes. Malgré cela, il trouva le courage de débuter la conversation. « Etre le plus naturel possible », se répéta-t-il encore une fois.
- Maman, c’est Danny …
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyMer 13 Fév - 6:45

Chapitre 24



Le soleil de novembre était encore bas dans le ciel. Ses rayons éblouissants venaient gratifier la ville d’une touche de gaité, teintant d’orange les rues et les buildings, mais ne parvenant malheureusement pas à réchauffer l’air qui restait irrémédiablement froid. L’hiver était en avance cette année et s’annonçait très rigoureux. Col remonté et écharpe enroulée autour du cou, Sheldon et Danny s’étaient fixé une première mission en ce début de matinée : combler le vide alimentaire des placards et du réfrigérateur. Pour cela, ils se rendirent à la supérette du coin. Heureusement pour eux, il y avait peu de monde et le renouvellement des vivres put se faire assez rapidement.
Une fois cette besogne vitale effectuée, ils quittèrent l’appartement, grimpèrent en voiture, sans oublier d’amener une tenue de rechange, et prirent la direction du Queens. Sheldon n’avait pas donné plus de précision quant à l’endroit vers lequel ils se dirigeaient. Non pas par désir d’entretenir absolument le secret, mais plutôt par crainte d’une réaction d’angoisse ou de refus de la part de son ami. Il ne l’emmenait pourtant pas dans un piège, non, du tout, mais il savait que, dans son état, Danny aurait eu une grosse appréhension à l’idée d’être confronté au public qu’ils allaient bientôt rencontrer. Peut-être aurait-il même refusé, or il fallait absolument qu’ils s’y rendent. Pourquoi ? Parce que Sheldon avait fait une promesse et qu’il souhaitait la tenir. Mais aussi et surtout parce qu’il s’agissait d’une formidable opportunité pour Danny de commencer à s’ouvrir à nouveau au monde tout en s’occupant l’esprit une bonne partie de la journée. Alors Sheldon préféra ne rien dire et le mettre devant le fait accompli.
Dans l’habitacle, seul le ronronnement du moteur venait troubler le silence reposant qui s’était installé. Assis côté passager, Danny, songeur, semblait ne même pas prêter attention aux passants, aux véhicules et aux boutiques qui défilaient sans interruption de l’autre côté de la vitre. C’est alors que son absence prit soudainement fin lorsqu’il tourna la tête vers le pare-brise.

- J’ai appelé ma mère tout à l’heure. Déclara-t-il brusquement d’un ton neutre en regardant droit devant lui.
- Ah oui ? Et alors ? S’intéressa Sheldon.
- Alors rien. Répondit Danny en haussant les épaules. Comme toutes les mères mortes d’inquiétude, … elle m’a saoulé. Soupira-t-il de lassitude.

Sheldon, un peu surpris au départ par le « très concis mais pour le moins franc » résumé de sa conversation téléphonique, ne put s’empêcher de rire. Danny l’observa, croisa brièvement son regard et fut immanquablement contaminé par son hilarité.

- Alors, c’est qui cette fille chez qui on va ? Embraya-t-il aussitôt, une étincelle d’espièglerie dans le regard.
- Danny, arrête de te faire des films ! Je t’assure que tu fais fausse route. Continua de rire Sheldon.
- Attends un peu, tu m’as bien dit qu’on allait chez une fille à qui tu as promis de consacrer ton « jour de repos » !
- Je ne t’ai jamais dit qu’on allait « chez elle ». Je t’ai simplement dit qu’on allait l’aider pour quelques travaux.
- Où est la différence ?
- Elle est énorme, crois moi !
- Et je peux au moins connaître son nom ?
- Lucy. Lui répondit le médecin, un sourire amusé sur les lèvres.

Danny fit une moue intriguée mais cessa là son interrogatoire, persuadé que Sheldon se plaisait à le faire mariner et qu’il ne lui dirait pas le fin mot de l’histoire avant d’être arrivés à destination. Il finit par sourire puis tourna la tête afin de contempler à nouveau la valse des passants sur les trottoirs.

Quelques quinze minutes plus tard, Sheldon immobilisa leur véhicule en face d’un grand et austère bâtiment gris.

- Foyer Martin Luther King ? S’étonna Danny en lisant le nom qui ornait l’immense porte d’entrée.

Il soupira soudain en s’enfonçant dans son siège, croisa les bras et commença à tapoter du talon le plancher de la voiture.

- Ce bâtiment est rempli de gosses, hein ? Demanda-t-il sèchement confirmation.
- Oui, c’est le principe de ces foyers. Lui répondit posément Sheldon, sentant l’air se charger en électricité.
- Je peux pas entrer là ! Je peux pas ! Paniqua Danny en secouant la tête, le souffle de plus en plus alerte.
- Mais bien sûr que si. T’as toujours su y faire avec les gosses. Pourquoi ça changerait ?
- C’est pas ça, tu comprends pas. Regarde-moi ! Poursuivit Danny en se redressant pour lui montrer ses mains sujettes à d’infimes tremblements. J’ai pas le contrôle ! Mes réactions sont imprévisibles ! Je suis un Junkie Sheldon ! Haussa-t-il le ton. J’ai rien à foutre au milieu de gamins !
- Arrête, tu veux ! Fulmina Sheldon en faisant face à Danny pour le fixer dans les yeux. Ce sont de fausses excuses ! Tu n’es pas en manque là ! Et je te connais assez pour savoir que les enfants ne courent aucun risque. Danny, c’est pas en continuant à t’isoler des autres que tu iras mieux ! Le monde, il est dehors, pas dans ton appart !

Danny extirpa alors un profond soupir avant de se détourner de Sheldon pour s’adosser à nouveau au fond de son siège.

- Je sais tout ça … mais c’est trop tôt ! Continua-t-il d’angoisser.
- Ce sera toujours trop tôt.
- Et si je me blesse ? Hein ? T’as pensé à ça ?
- Si c’était le cas, on aviserait et on prendrait toutes les précautions qui s’imposent. Mais t’en fais pas, ça n’arrivera pas. On vient juste pour monter quelques étagères et donner un coup de pinceau aux murs. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Rien de dangereux. Alors arrête d’angoisser. Y a aucune raison. En plus, on est vendredi et les gamins doivent sûrement être à l’école.

Danny leva les yeux au ciel avant de les fermer et d’expirer tout l’air de ses poumons dans le but de se calmer. Il se sentait vraiment ridicule de paniquer pour si peu. Vivement qu'il redevienne lui-même !

- Ok. D’accord, j’te suis. Se résigna-t-il.
- Bien ! Alors on bouge ! S’exclama Sheldon, heureux de sa victoire, avant que tous les deux ne descendent du véhicule sac à dos sur l’épaule.
- Dis-moi. Lâcha Danny, en apposant ses bras sur le toit de la voiture. Tu savais que je refuserais hein ? C’est pour ça que tu m’as rien dit …
- Ouais, c’est vrai. Mais au bout du compte, même si je t’en avais parlé avant, j’aurais réussi à te convaincre et tu serais quand même venu ! Au moins, là, t’es déjà sur place et je suis sûr qu’on a même gagné du temps ! Se vanta le jeune médecin.
- Enfoiré ! Lança Danny, sourire aux lèvres en s’éloignant du véhicule pour se diriger vers l’entrée du bâtiment.

Sheldon sonna. Ils ne durent pas attendre longtemps avant qu’une jeune femme brune aux yeux verts ne vienne les accueillir en affichant un merveilleux sourire.

- Bonjour Sheldon. Je suis vraiment ravie que tu aies finalement pu venir.
- Salut …
- Laissez-moi deviner. Le coupa Danny en souriant. … Lucy !
- C’est bien ça. Sœur Lucy. Lui répondit-elle en lui montrant la croix qu’elle avait autour du cou.
Surpris, Danny écarquilla les yeux et resta muet quelques secondes, la bouche entrouverte. Cette Lucy n’avait vraiment pas l’allure d’une bonne sœur. Comment une si belle femme pouvait être entrée dans les ordres ? Quel gâchis ! Se dit-il avant de se sentir soudainement con d’avoir penser que Sheldon et elle …
Il fronça subitement les sourcils et s’humidifia les lèvres en jetant un regard faussement vindicatif sur Sheldon qui, il se doutait bien, était doucement en train de se marrer.

- Je te présente Danny. Un collègue et surtout ami qui s’est très gentiment proposé de m’aider à la rénovation de la bibliothèque.
- Enchantée Danny. Lui dit Lucy en lui tendant la main. Et merci pour l’offre de votre aide. On a vraiment besoin de toutes les bonnes volontés.
- Oh mais je vous en prie. Lui répondit Danny en lui serrant la main. Quand Sheldon m’a parlé de cet endroit il y a …il y a combien de temps déjà ? Fit-il innocemment en tournant la tête vers son ami qui souriait légèrement jaune. Enfin bref, peu importe, je me suis dit qu’il fallait que je vienne. Tenta-t-il de paraître un minimum sincère aux yeux de Lucy.
- Bon, je crois que ce n’est pas la peine qu’on tarde plus longtemps. Intervint le jeune médecin. On va se mettre au boulot tout de suite parce qu’il faut que l’on reparte en milieu d’après-midi. Précisa-t-il, ne perdant pas de vue que s’ils dépassaient une certaine heure, Danny commencerait à développer les symptômes physiques du manque et , de ce fait, se sentirait très mal.
- Pas de problème. Je vous conduis à la bibliothèque.

Contrairement à l’extérieur, l’intérieur du bâtiment était loin d’être austère. Les couloirs étaient ornés de grandes fresques colorées et succinctement éclairés par la lumière du jour grâce aux grandes portes vitrées qui donnaient accès aux différentes salles du rez-de-chaussée. Les pièces en elle-même étaient spacieuses, lumineuses et les murs étaient encore parés de grandes toiles d’araignées, de dessins de sorcières, de fantômes ou de citrouilles. Les décorations d’Halloween n’avaient manifestement pas encore été décrochées. Avant d’arriver à la bibliothèque, ils passèrent successivement devant le réfectoire, deux salles de jeux et une salle d’étude. Danny put alors constater que les habitants des lieux étaient loin d’être absents en ce vendredi matin.

- Euh … dites moi Lucy, tous ces petits monstres ne sont pas sensé être à l’école ?
- Danny, vous n’allez pas leur enlever leurs trois derniers jours de vacances ? Lui répondit-elle en souriant. Ils reprennent les cours lundi.
- Ah oui, bien sûr, suis-je bête, les vacances !
- Ne vous en faites pas. Ils ne viendront pas vous déranger. La bibliothèque est interdite d’accès et, cet après-midi, les plus grands sont en étude. Nous les aidons à réviser leurs dernières leçons.
- Les plus grands ont quel âge ? S’intéressa-t-il.
- Treize ans. Ici, nous accueillons les enfants de cinq à treize ans.
- Des enfants qui n’ont pas vraiment eu de chance dans la vie … Ajouta-t-il, la voix soudainement empreinte de tristesse.
- En effet. C’est pour ça qu’avec les éducateurs et les bénévoles tel que Sheldon, on essaie de leur donner des repères et de rendre leur quotidien un peu moins triste. On a rénové les couloirs, le réfectoire et les salles de jeux l’an dernier. Cette année, c’est au tour du dortoir et de la bibliothèque. Nous y voilà. Changea-t-elle de sujet en les laissant entrer dans la pièce.

Il s’agissait d’une salle assez grande, parsemés de rayonnage de bouquins parfois très abimés. Les murs étaient délabrés et la peinture s’écaillait à de nombreux endroits. Sur la droite, un petit coin était aménagé pour les plus petits, avec des bancs et des coussins de couleurs vives. Sur la gauche, un espace était délimité par une bande rayée rouge et blanche interdisant l’accès aux enfants. Derrière celle-ci se trouvait des bibliothèques bancales en bien mauvais état. Elles avaient visiblement besoin d’une belle remise à neuf, ne serait-ce que pour garantir la sécurité.

- Franck a pris soin de tout préparer avant de partir. Expliqua Lucy. Boîte à outils, bâche, pinceaux, rouleaux, peinture. Commencez par ce que vous voulez et faites ce que vous pouvez. Il reprendra le relais demain.
- Ok. C’est parfait. Tu le remercieras. Répondit Sheldon.
- Merci à vous. On est tellement débordé en ce moment avec le quart du personnel malade que votre venue est une véritable bénédiction ! S’enthousiasma-t-elle. Bon, je vous laisse. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à demander.

Sheldon acquiesça et son amie s’éclipsa.

- On commence par les étagères ? Proposa-t-il aussitôt à Danny en se débarrassant de son blouson.
- Comme tu veux.

Danny se mit lui aussi à son aise et suivit Sheldon. Tous les deux se retroussèrent alors les manches, pas trop haut en ce qui concerne Danny, et scrutèrent minutieusement les bibliothèques afin d’établir un diagnostique précis des réparations à effectuer.

- ça fait longtemps que tu viens ici ? Demanda le jeune expert, curieux.
- Un moment oui.
- Pourquoi tu m’en as jamais parlé ?
- Parce que ça n’est jamais venu dans nos sujets de conversation, c’est tout.
- Je trouve Lucy sympa mais elle n’a pas du tout l’apparence qu’on se fait d’une bonne sœur.
- Non, c’est vrai. Sourit Sheldon. Elle s’habille rarement en religieuse si c’est ce que tu veux dire. Pas très pratique pour courir après les gamins.
- C’est sûr ! Fit Danny en échappant un rictus.
- Tu sais, c’est une personne que j’admire et que je respecte beaucoup.
- Et, … tu l’as connue comment ?... Si c’est pas trop indiscret.
- Je la connais depuis quelques années en fait. J’ai opéré son jeune frère quand je bossais encore à l’hosto. On avait alors sympathisé. Une fois totalement remis, son frère est sorti et on s‘est perdu de vue. Et puis un jour, va savoir pourquoi, comment, je l’ai recroisé. On a eu une longue conversation et elle m’a parlé de ce foyer. Je lui ai promis que j’y passerais pour examiner un enfant dont la santé l’inquiétait. J’y suis passé … et voilà, je suis toujours là.
- Tu m’impressionnes. Déclara Danny, en hochant la tête d’admiration.
- Je ne fais rien d’extraordinaire. Je leur file juste un coup de main quand nos emplois du temps de dingues nous le permettent. Allez, au boulot maintenant, arrête de rêvasser ! Coupa-t-il court à la conversation qui commençait à le gêner.


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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyMer 13 Fév - 6:46

Danny sourit et ils se mirent immédiatement à pied d’œuvre. Ils passèrent alors deux bonnes heures dans la sciure et la poussière à mesurer, clouer, scier, poncer, pour pouvoir remettre d’aplomb les meubles détériorés. Au moment du déjeuner, Lucy leur apporta un délicieux plateau repas et elle fut ravie de constater l’avancée des réparations. Ils avaient vraiment réalisé un boulot formidable. Elle les en congratula d’ailleurs largement avant de retourner à la surveillance du réfectoire. Sheldon, affamé, entama immédiatement les plats qui leur avaient été apportés. Mais pas Danny. Il essaya pourtant d’y mettre de la bonne volonté mais rien n’y faisait. Malgré les efforts physiques fournis, l’appétit n’était pas de la partie et il dut se résoudre à grignoter ce qu’il pouvait.
Après le repas, les deux hommes prirent plaisir à se poser quelques instants, profitant du calme que leur offrait l’endroit, même si l’agitation des pièces avoisinantes faisait régulièrement écho sur les murs. C’est alors que la montre de Sheldon se mit soudain à sonner, leur rappelant une réalité qu’ils avaient réussi pour un temps à oublier. Le jeune médecin chercha aussitôt dans son sac les comprimés que Danny devait impérativement prendre à cette heure et les lui donna. Le rituel se mettait en place. Danny les prit et les avala à l’aide d’une gorgée d’eau.

Une bonne heure et demie plus tard, après avoir terminé la sommaire restauration des meubles, Danny et Sheldon prirent la liberté de les disposer aux emplacements laissés vides dans les rayonnages. Il leur fallait maintenant passer à l’étape suivante : redonner un peu de cachet aux murs vieillis de la bibliothèque. Pour se faire, Sheldon vérifia le matériel qu’ils avaient à disposition et s’aperçut vite qu’il leur manquait un rouleau. Il chargea alors Danny de déplier et de placer correctement les bâches sur le sol pendant qu’il irait chercher l’outil manquant.
Le jeune expert s’attela aussitôt consciencieusement à la tâche que lui avait confiée son ami et, celui-ci tardant à revenir, commença même à poncer les parties écaillées du mur. De là où il se trouvait, derrière les rangées de bibliothèques, Danny n’avait pas vue sur la porte de sortie. Au moment où il glissa sa main sur le mur pour en enlever le surplus de poussières dû au ponçage, il entendit, dans un grincement, la porte s’ouvrir lentement, très lentement. Bien trop lentement pour ce soit Sheldon. Il fronça les sourcils, intrigué, et cessa tout mouvement pour mieux tendre l’oreille. Il se retourna et, sans bruit, se dirigea vers les quelques pas qui se firent entendre dans la pièce. Caché derrière une étagère de livres, Danny pencha légèrement la tête afin d’observer l’intrus sans être vu. Lorsqu’il eut l’individu dans sa ligne de mire, ses lèvres se fendillèrent instantanément d’un large sourire. Celui-ci n’était autre qu’un jeune garçon apparemment très intéressé par la physiologie humaine.

- Jeune homme, l’accès à la bibliothèque n’est-il pas interdit ? Balança-t-il soudain en sortant de sa planque, les bras croisés pour se donner un air sérieux et sévère.

Le jeune homme en question sursauta et fut si surpris qu’il en laissa tomber le livre qu’il feuilletait. Une main sur la poitrine et le souffle court, il se retourna vers Danny qui le fixait en haussant un sourcil, comme s’il attendait une explication.

- Je … je … . Balbutia le garçon.
- Oui, tu ? Se pencha légèrement Danny comme pour l’encourager à cracher le morceau.
- Je … je pensais qu’il n’y avait personne. J’ai vu Doc sortir et, en fait, euh … je cherchais un bouquin.
- Oui, ça j’ai vu. Quel genre de bouquin ? Demanda le jeune expert, sourire en coin, en s’approchant pour ramasser le livre.
- Ben, euh, je m’intéresse aux sciences.
- Ah tiens ? Fit-il en haussant un sourcil amusé. Mmm, intéressant. Poursuivit-il en découvrant le titre de l’ouvrage. « Physiologie humaine et sexualité »
- Ben quoi ? C’est des sciences non ?
- Dans un sens … moui. T’as pas tord. Mais pourquoi venir en cachette ? Tu voulais le piquer ?
- Fff, je sais, c’est nul ! Soupira l’adolescent en s’appuyant nonchalamment sur une table derrière lui. Un pari stupide avec des copains. Avoua-t-il finalement.
- J’ai connu ça. Tu t’appelles comment ?
- Mike. Répondit le garçon en faisant une moue dépitée, persuadé qu’il allait avoir droit à une belle leçon de morale.
- Salut Mike, moi c’est Danny. Lui dit alors amicalement le jeune expert en lui tendant la main.

La moue boudeuse de Mike s’effaça aussitôt et fut supplantée par un sourire, alors qu’il serra la main de son nouvel ami.

- Vous allez cafter ce que j’ai fait ? Se méfia-t-il quand même.
- Tu veux dire ce que t’as « failli » faire ? Non. Si tu me promets de pas recommencer.
- Ok. Promis, juré, craché … Commença Mike en levant la main droite et en s’apprêtant à cracher.
- C’est bon, ça ira, j’te crois. Intervint Danny avant qu’un crachat ne vienne s’abattre sur le parquet.
- Vous êtes plutôt cool comme mec ! Sourit l’adolescent en s’asseyant sur la table, décidé manifestement à entamer un brin de causette. Vous êtes un pote de Doc ?
- C’est ça.
- Doc est un type génial. Vous êtes flics vous aussi ?
- Il paraît.
- Moi aussi je veux être flic plus tard ! S’enthousiasma Mike.
- Ah ouais ? S’étonna Danny. Tu commences fort dis moi !
- Mais je vous ai dit que c’était qu’un stupide pari ! Grimaça Mike.
- C’est assez rare à ton âge de rêver d’être flic. Les autres veulent plutôt devenir des stars du foot ou du baseball.
- Je sais. Mais je suis pas comme les autres. Fit l’enfant soudainement très sérieux et grave. Je voudrais entrer dans la brigade des Stups. Je me suis même déjà renseigné pour ça !
- Les Stups ? S’étonna Danny, le visage devenant sombre.
- Ouais. Confirma l’adolescent, le regard déterminé.
- Y a … une raison à ça ? Hésita à demander le jeune expert, tout simplement parce qu’il appréhendait la réponse.
- Ouais, y a une raison ! Je voudrais coincer tous les salopards de dealers et de Junkies qui nous pourrissent la vie ! Ragea Mike, les yeux brillants.

Ces paroles haineuses eurent l’effet d’une terrible claque en pleine figure. Danny essaya de rester et de paraître calme, mais à l’intérieur, c’était la grande panique. Il eut soudain chaud puis froid et son cœur se mit à battre plus fort, plus vite. Il avait l’impression de manquer d’air mais il ne pouvait pas permettre à son souffle de suivre la cadence de son cœur sous peine d’être percé à jour. Alors il expira lentement l’air vicié, déglutit et abaissa à outrance les manches de son sweat, de peur que l’enfant ne se soit aperçu de quelque chose. En cet instant, il avait envie de fuir loin, très loin, mais il ne pouvait pas. Cet enfant avait décidé de se confier à lui. Il le sentait, il le lisait dans ses yeux. Mike voulait en dire plus. Alors Danny se raisonna et tenta de faire abstraction de son propre état de junkie pour se concentrer sur l’enfant qui avait besoin de son aide.

- Pourquoi cette rage ? Qu’est-ce qui t’es arrivé exactement ? Demanda-t-il.
- Mes … Hésita à continuer l’enfant. Mes parents sont Junkies. Finit-il par avouer un sanglot dans la voix en baissant la tête, honteux.

Danny serra les dents, se pinça les lèvres et soupira, ne sachant pas trop comment réagir.

- C’est pour ça que tu es ici ? Lui dit-il alors doucement après un silence très pesant.
- Oui. Répondit presqu’imperceptiblement Mike en versant une larme.
- … Qu’est-ce qui s’est passé ? T’es pas obligé de répondre si t’en n’as pas envie. S’empressa d’ajouter le jeune expert.

Mike hésita encore, releva les yeux vers Danny, renifla et échangea un regard très sincère avec lui.

- Ils oubliaient tout. Débuta-t-il avec difficulté … Ils nous oubliaient moi et mon frère à l’école, ils oubliaient de faire les courses. …. Ils oubliaient même de se lever ! … Y avait plus que leur dope qui comptait ! Fulmina l’enfant en pleurant. Je les déteste !!! Fit-il avant de s’essuyer les yeux d’un poing rageur.

Danny se sentit horriblement mal à l’aise de devoir se faire passer pour ce qu’il n’était pas aux yeux de cet enfant. Il avait l’horrible impression d’abuser de sa confiance et il détestait ça. Mais il dut néanmoins prendre sur lui, parce qu’il lui était impossible de lui avouer la vérité, il ne s'en sentait pas la force.

- Et alors ? Quelqu’un s’en est aperçu ?
- Non. Secoua-t-il la tête. Mon p’tit frère et moi, on avait faim, alors je me suis mis à voler. Mais comme je suis pas doué pour deux sous, je me suis fait prendre. Dit-il en haussant les épaules. Et, là, …
- Et ?
- Je les ai dénoncés. … J’ai dénoncé mes parents ! Dit-il avant de se remettre à sangloter en baissant la tête.

Le cœur serré et les yeux brillants de larmes, Danny passa une main sur sa figure avant de s’approcher prudemment du jeune garçon en pleurs. Il serra le poing pour contrôler ses propres craintes puis se décida finalement à tendre la main vers l’enfant afin de soulager quelque peu sa peine par un simple contact.

- Tu as bien fait. Murmura-t-il alors avant de lui agripper doucement les cheveux pour l’attirer dans ses bras. Ne t’inquiète pas. Tu as bien fait.

Une fois sa tristesse suffisamment déversée, le jeune garçon s’écarta et s’essuya une fois de plus rapidement le visage.

- Je dois y aller. Kate doit me chercher partout ! Fit-il en descendant d’un bond de la table sur laquelle il s’était assis.

Il se précipita alors vers la sortie, mais juste avant de disparaître, il se retourna sur Danny.

- Vous le direz pas aux autres hein que j’ai pleuré ?
- Non. C’est not’ secret. Promis. Sourit légèrement Danny.
- Vous êtes vraiment cool ! Réaffirma Mike en souriant tout en réajustant sa casquette avant de sortir.


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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyMer 13 Fév - 6:46

S’il savait à quel point il n’en était rien. A quel point la personne qu’il avait en face de lui était aussi minable que ses parents. A peine la porte fermée, Danny se frotta le visage et expira profondément son angoisse avant d’aller s’adosser contre une étagère pour s’y laisser glisser jusqu’au sol. Il bascula alors la tête en arrière et ferma les yeux.
Sheldon entra à ce moment-là. Surpris par le silence, il s’inquiéta et chercha partout son ami avant de le trouver assis sur le sol, dans une allée de la bibliothèque, complètement perdu. Il s’approcha.

- Danny, qu’est-ce qui passe ? Danny ? Répéta-t-il doucement en s’accroupissant. C’est Mike hein ? En conclut-il, n’obtenant aucune réponse. Il t’a raconté ? C’est ça ? Je l’ai vu sortir d’ici en courant.

Danny ouvrit les paupières et acquiesça avant d’effacer les larmes qui bordaient ses yeux.

- Tu sais, je suis content de lui avoir parlé. Dit-il en plongeant son triste regard dans celui agréablement surpris de son ami.
- T’as de la chance. Il ne se confie pas aussi facilement à des inconnus d’ordinaire.
- J’ai pas été très honnête avec lui.
- Il avait l’air heureux en sortant. C’est le principal. … Allez lève toi. On a tout un mur à repeindre.

Il n’y avait rien d’autre à dire. Sheldon connaissait l’histoire du petit Mike et savait combien elle avait dû perturber Danny. Il se mit alors debout et lui tendit la main. Celui-ci l’attrapa et y prit appui pour se relever. Sans discuter davantage de ce qui s’était passé, ils se dirigèrent vers le mur, se munirent chacun d’un rouleau, et, après s’être réparti les zones à couvrir, commencèrent à peindre.

Une première fois, Sheldon se mit à siffloter, sans vraiment s’en rendre compte. Après une remarque gentiment railleuse de Danny qui ne supportait manifestement pas ses essais musicaux, il se tut. Mais il recommença quelques dix minutes plus tard. Passablement exaspéré, Danny lui fit une seconde remarque en essayant de rester amical et le médecin se tut une nouvelle fois. Seulement voilà, quand il se mit à siffloter pour la troisième fois, Danny s’arrêta net de bosser et afficha un sourire agacé. Sheldon faisait exprès de lui casser les oreilles. C'était la seule explication ! Il ne lui dit donc rien, plongea son rouleau dans le pot et le secoua vigoureusement en direction de son ami dont le visage se retrouva éclaboussé de peinture blanche. Sous l’effet de la surprise, Sheldon en resta bouche bée. Le regard ténébreux, il se tourna ensuite vers Danny, qui, à la vue de son œuvre devint complètement hilare.

- Mais t’es pire qu’un gosse !
- Tu sais que le blanc te va bien au teint.

Amusé par la situation, Sheldon accompagna Danny dans un fou rire.

- Mais regarde dans quel état je suis ? Tu me le paieras ! T’es vraiment qu’un p’tit enfoiré !
- Je sais. Continua gaiement Danny. Don me le dit tout le temps. … enfin, me le disais. Ajouta-il sur un ton plus sombre.

Les rires cessèrent aussi rapidement qu’ils avaient commencé et il sembla qu’un vent glacial venait de subitement envahir la pièce.

- Tu veux qu’on en parle ? Proposa Sheldon en se nettoyant la figure avec un dissolvant.
- Non. Répondit froidement Danny en plongeant à nouveau son rouleau dans la peinture.
- Tu sais, t’as été ignoble avec lui. Poursuivit néanmoins le médecin, faisant fi de la réponse négative de son ami. Comment t’as pu lui dire toutes ces horreurs ?

Danny posa le rouleau et soupira.

- Il l’a bien cherché ! Il m’a fait mal. Se justifia-t-il en regardant Sheldon. Il s’est servi de mes sentiments pour m’atteindre.
- Je crois que tu lui as bien rendue la pareille non ? Regarde la vérité en face bon dieu ! T’as vraiment été cruel ! Tu l’as non seulement rendu responsable de la mort de votre ami mais, … t’imagine ce qu’il a dû ressentir quand … …

Sheldon, la gorge serrée, eut bien du mal à terminer sa phrase. En effet, l’événement qu’il évoquait l’avait, lui aussi, profondément marqué.

- … quand tu t’es mis le flingue sur la tempe … et que tu lui as demandé de te convaincre de ne pas passer à l’acte. … Je sais qu’il t’a fait mal. Continua-t-il doucement après un silence.

Sheldon s’aperçut qu’il ne fallait pas qu’il abandonne. Malgré le fait que Danny avait détourné le regard, il ne protestait plus et semblait être à l’écoute de chacun de ses mots.

- Je sais aussi combien Cécilia était importante pour toi. Et là, je vais te dire une vérité qui est difficile à entendre mais, … Cécilia est morte. Don est vivant. L’amitié, c’est dans la vie qu’elle existe. Pas dans la mort. Réfléchis y sérieusement.

Danny ferma les yeux et serra les dents pour tenter de réprimer le chagrin dont il était la proie. Sheldon avait raison. Cette vérité lui était extrêmement pénible à entendre.

- Bon, on le termine ce mur ! Lança-t-il soudain sèchement.

Dépité par cette réponse, Sheldon laissa tomber. Cela ne servirait à rien qu’il insiste finalement. Danny était aussi buté qu’une mule quand il s’y mettait.
Ils achevèrent donc ce qu’il leur restait à faire dans une ambiance morose et n’eurent pas le temps d’apposer sur le mur une deuxième couche de peinture. L’heure tournait. Il était déjà seize heures et il devenait maintenant urgent de rentrer à l’appartement. Ils prirent une rapide douche et se changèrent. Lucy les raccompagna ensuite jusqu’à la porte en les remerciant encore pour leur aide si précieuse. Elle ne manqua pas non plus de signaler à Danny qu’il était le bienvenu en ces lieux et qu’il pouvait revenir quand il le désirait. Il lui sourit, acquiesça et la remercia à son tour. C’est alors qu’il vit, au milieu du couloir, la silhouette d’un enfant avec une casquette retournée sur la tête. Il n’avait pas besoin de distinguer son visage. Il savait bien qui le regardait partir. Il lui fit alors un signe de la main. Mike lui répondit. Danny n’avait pas besoin non plus de distinguer son visage, pour savoir qu’à ce moment-là, il lui souriait.

Les deux hommes s’installèrent dans leur véhicule et Sheldon tourna la clé de contact. La voiture s’engagea sur la route dans un silence des plus … « religieux ». Chacun était songeur et aucun des deux ne semblait désirer adresser la parole à l’autre. Jusqu’à ce qu’ils arrivent à une intersection …

- On peut faire un rapide détour avant de rentrer ? Lâcha soudain Danny, un peu anxieux.
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loupiott
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyMer 20 Fév - 11:21

j'adore vivement la suite
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyLun 25 Fév - 3:45

Merci Loupiott !!! Wink

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Chapitre 25


Aussitôt rentré du boulot, il avait troqué son costume cravate contre un débardeur blanc et un pantalon de jogging noir. En arrivant dans le salon après s’être changé, il se saisit de la télécommande qui était posée sur un meuble et, tout en se frottant la nuque, alluma la télévision. Quand il vit apparaître le visage du Maire Wilson sur l’écran, son attention s’éveilla soudain et il augmenta le volume. Quel hypocrite. Quel discours démagogique. Don soupira d’écœurement en l’écoutant. Sa prétendue confiance aux enquêteurs de la police était, dans les faits, bizarrement teintée de menaces politiques et de pressions médiatiques. Mac et lui avaient en effet passé la journée à se méfier de la presse, avide de la moindre information leur permettant de faire éclater un nouveau scandale. Vraiment une putain de sale journée. Il changea de chaîne, bien décidé à essayer de se détendre et à oublier toute cette sordide histoire. Il était fatigué et avait réellement besoin de se vider l’esprit. La chaîne sportive serait, pour ça, le parfait remède. Il posa la télécommande et alla dans la cuisine se remplir un verre d’eau au robinet. Il se retourna, s’adossa contre l’évier et but quelques gorgées avant d’éloigner le verre de ses lèvres et de plonger son regard dans le vide.
Il fut bientôt si absorbé par ses pensées qu’il n’entendit plus le son de la télévision, ni les gouttes d’eau qui frappaient l’inox derrière lui. Ce n’était désormais plus son job qui le préoccupait. Il en vint même presque à le regretter lorsqu’il revit Danny complètement défoncé lui cracher sa haine à la figure. Lorsqu’il se revit le cogner et décharger sur lui toute sa colère. Et puis il repensa à Jimmy. Au canon du flingue sur sa tempe. Au déclic de la détente. A l’odeur de la poudre mêlée à celle du sang. A cette larme qui s’était échappée de ses yeux. Juste avant que le coup parte. Juste avant que sa tête explose … que ses bouts de cervelle s’éparpillent dans la pièce et lui éclaboussent le visage. Et comme si cela n’était pas suffisant, à cet horrible souvenir vint se greffer celui de Danny. Lui aussi, le canon d’un flingue sur la tempe. Lui aussi, les yeux emplis de désespoir. Lui aussi, prêt à se faire exploser la tête. Toutes ces horribles images s’imbriquèrent tant les unes aux autres que Don vit l’insoutenable se produire devant lui. Il vit Danny appuyer sur la gâchette et son corps tomber lourdement sur le sol. Le jeune homme tressaillit et poussa un profond soupir en se passant une main sur le visage. Mais qu’est-ce qu’il lui prenait d’imaginer des trucs pareils ? Danny ne finirait pas comme Jimmy. Non, sûrement pas. Don ouvrit les paupières, se retourna et vida le fond de son verre dans l’évier. Il avait besoin de boire quelque chose d’un peu plus fort tout d’un coup. Il se dirigea alors vers le frigidaire, l’ouvrit et en sortit une bière. Il la décapsula tout en se demandant ce que Sheldon et Danny avaient bien pu faire de leur journée aujourd’hui. Il n’avait plus aucune nouvelle d’eux depuis qu’il les avait laissés au squatte la veille et n’avait même pas réussi à trouver un moment pour aborder discrètement le sujet avec Mac. Tout au plus avaient-ils pu s’échanger quelques regards prouvant incontestablement qu’ils s’inquiétaient pour la même personne. Mais bon, comme dit l’expression, pas de nouvelle, bonne nouvelle. Enfin, tout du moins, c’est ce qu’il espérait. Parce qu’il était hors de question qu’il décroche son téléphone ce soir. C’était trop tôt. Il fallait que Danny comprenne qu’il ne pouvait pas agir aussi impunément avec les proches qui tentaient de lui venir en aide.

Après s’être désaltéré, Don chercha dans ses placards ce qu’il pourrait bien grignoter pour caler sa faim. Il trouva et ouvrit un sachet de barres chocolatées. Parfait. Soudain, la sonnette retentit. Exaspéré que l’on vienne le déranger, il souffla avant de balancer le paquet sur le plan de travail et de se diriger vers le hall d’entrée.
Quand il ouvrit la porte, celui qui l’attendait de l’autre côté releva la tête et plongea immédiatement ses yeux bleus dans les siens. Durant quelques instants, les deux hommes se regardèrent froidement, sans décocher un mot. Danny, la gorge nouée, avala difficilement sa salive avant d’entrouvrir la bouche pour essayer de parler, mais aucun son ne semblait vouloir en sortir. Il fallait pourtant qu’il dise quelque chose. Il était là pour ça.

- On peut parler ? Finit-il par articuler.

Don, une main encore sur la porte, aurait bien eu envie à ce moment-là de la lui claquer violemment à la figure, sans même écouter ce qu’il avait à lui dire. Et puis, il essaya de se raisonner. Danny avait l’air lucide. Il avait ravalé sa fierté et était venu jusqu’ici pour faire le premier pas. C’était déjà beaucoup. Le jeune policier se décida alors à faire le second en ouvrant la porte plus amplement pour le laisser entrer.
Ce n’est pas pour autant qu’il lui facilita la tâche. A peine la porte refermée, il se planta devant Danny et croisa les bras, sans la moindre once de sympathie ou de compassion dans le regard. Son attitude glaciale et impassible ne fit qu’accentuer l’état déjà nerveux du jeune expert. Celui-ci déglutit à nouveau, passa sa langue sur ses lèvres et prit une profonde respiration avant de se lancer.

- Je … Balbutia-t-il. J’me suis conduis comme un con. J’aurais pas dû. Balança-t-il ensuite d’un seul trait.
- C’est tout ? Demanda sèchement Don.
- Comment ça c’est tout ? S’étonna le jeune expert en prenant la mouche. Tu voudrais que je te dise quoi ? Haussa-t-il le ton.
- Je sais pas. A ton avis ? Continua froidement le jeune policier en le fustigeant du regard.

Après quelques secondes durant lesquelles il eut envie de lui tenir tête et de lui envoyer quelques piques bien senties, Danny se ravisa et détourna les yeux. Non seulement parce qu’il ne fallait pas qu’il perde de vue la raison qui l’avait poussée à venir jusqu’ici, mais aussi parce qu’il fallait qu’il lutte pour ne pas laisser ses putains de symptômes physiques, qui commençaient à se manifester, prendre le dessus sur lui et tout gâcher. Il respira alors à fond et passa une main sur son visage avant de regarder à nouveau son ami.

- Je suis désolé. Lâcha-t-il après un silence. C’était vraiment dégueulasse de te mettre la mort de Jim sur le dos.
- Ouais, en effet. C’était dégueulasse ! Mais comment t’as pu me jeter à la figure des saloperies pareilles ? N’en démordit cependant pas Don, furieux, des éclairs dans les yeux.

Danny secoua la tête d’incompréhension devant cette réaction si agressive. Ce n’était pas comme ça qu’il s’était imaginé la scène. Il avait cru, au contraire, qu’avec quelques excuses, Don lui pardonnerait. Que tout s’arrangerait. C’est pour ça qu’il était venu. Pour s’excuser et tenter de sauver leur amitié étiolée, … par sa faute. En effet, il avait pris conscience face au petit Mike, que son addiction pour l’héro, non contente de le détruire, faisait aussi souffrir ses amis. Il avait pris conscience que la lettre et les photos de Cécilia, bien que très chères à son cœur, n’étaient finalement, … que quelques bouts de papier. Des souvenirs. Les souvenirs d’une personne qu’il avait, certes, beaucoup aimé, mais qui malheureusement ne ferait plus jamais partie de sa vie.
Don avait peut-être agi maladroitement il y a trois jours, mais cela n’était partie que d’une bonne intention. Il avait simplement voulu l’aider à sortir de son cauchemar. Un mal pour un bien. Seul un véritable ami pouvait avoir eu le cran de le faire. Alors, en tout état de cause, il ne pouvait pas laisser sa rancœur l’aveugler plus longtemps. Seulement, n’était-il pas déjà trop tard ? Pris de panique à l’idée qu’il avait peut-être tout foutu en l’air, Danny tenta de se justifier.

- Si j’ai fait ça … Fulmina-t-il les yeux brillants de larmes … c’est uniquement parce que … parce que je voulais que t’es mal … comme j’ai eu mal ! Sanglota-t-il presque, de rage.

Les yeux humides, il soutint férocement le regard de son ami, en silence, avant de finalement le fuir à nouveau pour s’éloigner de quelques pas et se passer les mains sur le visage. Il commençait à avoir trop chaud et bientôt il sentit une vague de douleur lui traverser le ventre. Il se pinça alors les lèvres et souffla lentement pour que Don ne s’aperçoive de rien.
Ce dernier, sensible aux aveux que Danny venait enfin de lui faire, baissa soudain les armes. Il lui avait fait suffisamment payé le prix de sa cruauté. Il était maintenant temps qu’ils arrêtent de se renvoyer la balle tous les deux. S’il continuait à s’obstiner, leur amitié, si forte soit-elle, ne tiendrait pas le coup. Et c’était loin d’être ce qu’il désirait. Les traits de son visage s’adoucirent alors et il jeta un regard désolé sur Danny. C’est vrai. Il l’avait blessé. Volontairement. Et même si c’était pour son bien, il s’en voulait terriblement de s’être servi de ses sentiments et d’avoir trahi sa confiance.

- Je sais. J’avais compris. … Lui dit-il alors doucement …. Moi aussi, je suis désolé Dan. …

Surpris par ces brusques excuses et par ce changement radical de ton, Danny tourna la tête vers lui, le regard un peu déboussolé mais … rempli d’espoir. Tout n’était pas perdu. Il n’était peut-être pas trop tard finalement.

- … Pas pour t’avoir foutu mon poing dans la gueule ! Ça, tu l’avais bien mérité ! Précisa Don … Mais pour la lettre et les photos, je …
- Laisse tomber. Le coupa très vite le jeune expert en s’approchant à nouveau pour lui faire face.
- Non. … Je m’en veux. T’as raison. J’aurais dû agir autrement. J’aurais dû … Poursuivit Don embarrassé.
- Arrête. De toute façon les dégâts sont faits.
- Elles sont … si abimées que ça ? Voulut savoir le policier, se sentant coupable.
- T’inquiète. Lui dit Danny dans un sourire crispé. J’essaierai d’arranger le coup au labo quand je retournerai bosser.

A ce moment-là, Don sentit soudain son cœur s’alléger d’un poids. Pourquoi ? Parce que Danny venait de lui dire le plus naturellement du monde qu’il avait l’intention de reprendre sa place au labo. Parce que s’il lui disait ça, ça ne pouvait que signifier qu’il avait l’intention de se battre et de s’en sortir. Et il le connaissait suffisamment pour savoir que quand il était déterminé, rien ne pouvait l’empêcher d’arriver à ses fins.

- J’ai fait une montagne de pas grand-chose … Finalement, c’est que du papier. Ajouta Danny péniblement avant de prendre une inspiration sifflante, dissimulant une nouvelle crampe abdominale.
- Non, je sais bien que c’est plus que ça … répondit Don en fronçant les sourcils, intrigué par cette étrange reprise de souffle.
- S’il te plait Don, je veux plus qu’on en parle. … l’interrompit une nouvelle fois Danny, la voix vacillante.

De plus en plus anxieux, il plia, serra et desserra ses doigts. Don le remarqua et posa sur lui un œil vraiment inquiet et suspicieux quand il vit apparaître sur son front quelques perles de sueur.

- Ok. Lui affirma-t-il sans le lâcher des yeux.
- Juste une chose encore ... Ajouta l’expert.
- Oui ?
- Pour ce soir-là … au sujet de ton appel. … Je sais pas ce qui m’a pris de penser une chose pareille … T’y es pour rien … évidemment. Finit-il sa phrase en serrant les dents.
- Toi non plus Dan. Faudrait que tu te le mettes dans le crâne.

Danny baissa tristement la tête en se pinçant les lèvres puis la releva après un instant de silence.

- Comment je pourrais ? Murmura-t-il la voix éraillée en fixant les yeux du jeune policier.

Don ne répondit rien, peiné qu’il continue à culpabiliser pour ce qui s’était passé. Leur échange de regards poignant ne fut que de courte durée, étant subitement interrompu quand Danny grimaça de douleur.

- Qu’est-ce que t’as ? T’es vraiment bizarre. Ça va pas ?
- Si… Faut juste que j’y aille.
- T’es en manque ? En conclut-il en fronçant les sourcils.

Le silence que Danny s’évertua à garder ainsi que sa mine de plus en plus défaite furent bien plus parlants que n’importe quelle confirmation orale.

- Mais pourquoi t’es venu bordel ! Eclata brutalement Don. Où est Sheld ? J’suis sûr qu’il était pas d’accord !
- J’te signale que je suis pas ici pour que tu m’engueules ! Et puis merde, je sais ce que je fais ! Fulmina à son tour Danny.
- Ah ouais ? T’es sûr que la drogue t’as pas ramolli le cerveau ? Parce que je te rappelle que si tu dégages pas tout de suite, tu vas encore salement déguster ! Ton mea culpa aurait pu attendre demain ! Continua fermement Don.
- Non, ça pouvait pas attendre ! Demain, je suis pas sûr que j’aurais eu envie de venir !
- Tu sais que t’as un foutu caractère ! C’est dingue d’être aussi borné !
- Tu fais chier Don !
- Parfait ! Puisque je te fais chier, je te retiens pas ! Déclara-t-il en se précipitant vers la porte pour l’ouvrir.
- Tu me vires ? S’étonna Danny.
- Oui je te vire.
- Mec, faudra revoir ton sens de l’hospitalité parce que ça laisse franchement à désirer.
- Espèce de p’tit enfoiré, va te faire foutre !

A l’entente de cette dernière réplique, Danny échappa un rictus. C’était indéniable. Ils étaient bel et bien réconciliés. Don fut, sur le coup, un peu déconcerté par la réaction de son ami, mais très vite, il se laissa gagner par la légèreté de l’instant et se mit à rire lui aussi. Ces petits moments de bonheur partagé s’étaient fait bien trop rares ces derniers mois pour ne pas en profiter quand ils se présentaient.

- J’ai dit quelque chose de drôle ? Demanda Don en haussant les sourcils.
- Non. Rien. Répondit Danny en continuant de sourire. T’inquiète, j’y vais. Fit-il doucement en franchissant la porte.
- Bien. Te voilà redevenu raisonnable. Dit le policier en le suivant du regard.
- Au fait Don … Ajouta encore l’expert en se retournant … Tu passeras demain ?
- Oui. Dès que je pourrais, je passerai.
- Super. A demain alors.
- A demain. Allez, casse-toi ! Lui sourit-il en accompagnant ses paroles d’un mouvement de tête.

Danny, le visage de plus en plus marqué par les souffrances que lui imposait son corps, acquiesça et s’en alla.
Don referma la porte et s’adossa contre celle-ci en y appuyant sa tête. Il avait encore du mal à croire que Danny soit venu jusque chez lui pour s’excuser. Décidément, il était et resterait toujours imprévisible. Don sourit. Il avait dû s’en passer des choses depuis la veille pour qu’un tel revirement s’opère en lui. Son ami n’était pas guéri, rien n’était encore gagné, mais il était sans aucun doute sur la bonne voie et cela le réjouissait. Bien sûr, il n’était pas question de baisser la garde pour autant. Bien au contraire. Il allait même falloir être très vigilent. Don le savait. Tant que Danny ne pourrait pas se passer d’un substitut, il resterait fragile, et un nouveau coup dur pourrait très vite le faire replonger ou même pire lui être fatal. Dans quelques heures, il appellerait Sheldon pour prendre de leurs nouvelles. Le jeune policier s’éloigna alors de la porte et se dirigea vers la cuisine, là où l’attendait son paquet de barres chocolatées.
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Lindsay
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyLun 25 Fév - 3:46

Danny ouvrit la portière et grimpa rapidement dans l’habitacle. Aussitôt installé sur le fauteuil, il bascula la tête en arrière, ferma les yeux et se frotta le visage en soupirant profondément. Puis il se redressa, serra les dents et croisa les bras pour les appuyer contre son ventre.

- Vu le temps que ça t’a pris, je suppose qu’il était bien chez lui ! Fit Sheldon en le fixant, visiblement mécontent.
- Oui, il était là. Tout est arrangé. L’informa brièvement Danny en regardant droit devant lui
- Tant mieux. Mais c’est bizarre, t’as pas l’air très bien ! Le nargua Sheldon en se tournant plus vers lui.
- M’emmerde pas Sheld. Démarre !
- Je t’avais pourtant …
- Je sais, je sais. Tu m’avais prévenu, j’avais tord et t’avais raison. Maintenant démarre si tu veux pas que je dégueule dans ta caisse ! Tempêta Danny, en le fustigeant d’un regard noir.
- Ok. Acquiesça le médecin agacé.

Durant le trajet, Sheldon resta silencieux et calme. Ce qui fut loin d’être le cas de son passager. Les yeux rougis et humides, celui-ci fixait obsessionnellement la route tout en se balançant d’avant en arrière sur son siège. Il transpirait, tremblait et sa respiration devenait de plus en plus irrégulière. Les maux de ventre qui avaient commencé à apparaître chez Don ne cessaient, quant à eux, de s’intensifier, le faisant parfois gémir et se courber brusquement en avant. A mi-parcours, Danny fut soudainement prit de violentes nausées et dut demander à Sheldon de s’arrêter sur le côté. Ce que celui-ci fit dès qu’il en eut la possibilité. Pressé, le jeune expert ne prit pas le temps d’attendre l’arrêt complet du véhicule pour se précipiter à l’extérieur. Inquiet, Sheldon serra le frein à main, descendit à son tour et balaya rapidement la rue du regard. Il fut soulagé quand il le vit au coin d’une ruelle. Une main appuyée contre un mur et cambré en avant, Danny était en train de régurgiter son déjeuner sur le trottoir. Les quelques passants témoins de la scène affichèrent instantanément une expression de dégoût quand ils le virent en train de vomir et le fuirent aussitôt comme s’il avait la peste. Une fois la crise passée, Danny revint péniblement jusqu’au véhicule. Il reprit place dans la voiture et Sheldon lui tendit un mouchoir. De ses mains tremblantes, il s’en saisit et s’essuya la bouche. Puis ils reprirent leur chemin. Danny n’avait à présent qu’une seule et unique pensée à l’esprit. Arriver à destination et prendre la méthadone avant que les crampes musculaires ne viennent le torturer davantage. Avant que sa peau ne s’embrase, lui faisant regretter de porter des vêtements.

En arrivant à l’appartement, Sheldon avait à peine tourné la clé dans la serrure que Danny ouvrit précipitamment la porte pour courir dans la cuisine. De nouveaux vomissements se firent très vite entendre.
Quelques minutes plus tard, le jeune médecin s’approcha de son ami, tenant dans ses mains un petit gobelet de méthadone. Penché au dessus de l’évier, Danny cracha encore plusieurs fois afin d’éliminer le goût âcre et acide qui inondait sa bouche. Il toussa, renifla et passa le revers de sa main sur sa figure. La tête lui tournait et il avait d’horribles vertiges. Il ferma les yeux, les rouvrit mais rien n’y changeait. Putain, qu’est-ce qu’il aimerait que tout ça s’arrête ! Mais qu’est-ce qui lui avait pris d’insister pour aller voir Don justement aujourd’hui ! Décidément, il était trop con ! C’est alors qu’il aperçut Sheldon à ses côtés en train de lui tendre son remède. Il s’en saisit hâtivement, l’arrachant presque des mains de son ami et l’avala.

- Trente minutes, c’est ça ? Articula-t-il entre deux plaintes étouffées.
- Environ. Lui répondit posément Sheldon.
- Oh putain ! Bordel de merde ! Ragea Danny en serrant les poings et les dents alors qu’une douleur fulgurante le fit se tordre à nouveau. Rappelle-moi de ne plus jamais être en retard.
- Compte sur moi. Je te le rappellerai. … Tu devrais aller t’allonger.

Suivant les conseils de son ami, le jeune homme se dirigea vers le canapé en vacillant. Une fois près de celui-ci, il s’y laissa lourdement tomber et s’y recroquevilla en boule sans avoir pris la peine d’enlever son blouson et ses chaussures.

- Tu crois pas que tu serais mieux dans ton lit ? Lui fit remarquer Sheldon.
- Fous-moi la paix, je suis bien ici. Gémit l’expert sans le regarder.
- Bien. Mais enlève au moins tes lunettes, ton blouson et tes chaussures.

Danny répondit par un geignement sourd et fit un dernier effort pour se débarrasser de ses affaires avant de ramener à nouveau ses membres tout contre lui. Le voyant soudain frissonner, Sheldon s’éclipsa du salon pour aller chercher un drap. Quand il revint, il en recouvrit le malade qui s’empressa d’agripper le tissu et de le remonter jusque sous son menton. Le jeune médecin avait aussi rapporté un seau qu’il posa sur le sol avant de s’accroupir face au visage de son patient.

- ça t’évitera de vomir à terre. Expliqua-t-il à Danny en lui montrant l’objet. T’as besoin de quelque chose d’autre ?
- Tu peux faire défiler le temps plus vite ? Lança ironiquement le jeune homme en le regardant, les yeux mi-clos. Alors tu peux me laisser, j’ai besoin de rien. Poursuivit-il en tremblotant devant le silence de Sheldon. Bordel, laisse-moi j’t’ai dit ! Cria-t-il en s’apercevant que son ami le contemplait toujours.
- Ok. Je te laisse mais si …
- Oui, je sais ! Pesta l’expert. Fous-moi la paix maintenant !

Devant l’irascibilité de son ami, Sheldon finit par céder et accéda à sa demande en allant s’installer dans la cuisine.

La demi-heure qui s’en suivi fut éprouvante.

Danny, sujet à de constantes nausées, vomit plusieurs fois. Au fil des minutes, il s’agita de plus en plus sur le canapé, rejetant le drap à certains moments, le remontant à d’autres, ne sachant jamais comment se positionner pour atténuer ses souffrances. Les élancements abdominaux, de plus en plus vifs, commencèrent à devenir si insupportables qu’il n’arriva bientôt plus à contenir ses gémissements. Il attrapa alors férocement un coussin et y enfonça sa tête pour y étouffer ses pleurs et ses cris. Mais là encore, ça n’était pas la bonne solution. Il se retrouva vite à manquer d’air. La bouche grande ouverte à la recherche d’oxygène, il ne put empêcher ses geignements de s’exprimer au travers de ses inspirations fébriles.
Sheldon, qui était depuis le début assis sur un tabouret dans la cuisine, les yeux rivés sur l’horloge du Micro-onde, était attentif au moindre son provenant du salon. Alors quand il entendit Danny gémir plus fortement, il se saisit d’un linge qu’il imbiba d’eau froide et se rendit à son chevet.
Le pauvre était dans un état lamentable. Recroquevillé sur le côté, le visage baigné de larmes et de sueur, il essayait désespérément de réprimer les assauts de la douleur en serrant les dents et les paupières. Sheldon se pencha alors vers lui pour le rafraîchir un peu. Mais, au contact du tissu humide sur sa peau brûlante, Danny frémit violemment et repoussa sauvagement le bras de Sheldon.

- Me touche pas ! Me touche pas ! Barre-toi ! Dégage ! Hurla-t-il en lui envoyant un regard aussi sombre que l’orage.
- Ok, ok. C’est bon, je te touche plus. Fit Sheldon en levant les mains, surpris par l’agressivité de l’expert.

Le médecin décida donc de le laisser tranquille et s’en retourna dans la pièce avoisinante.

Une fois seul, Danny se saisit à nouveau du coussin et y planta rageusement ses dents. Les contractures qui étaient en train de naître les unes après les autres dans ses muscles lui faisaient un horrible mal de chien ! Il n’était pas encore au summum de la crise qu’il n’en pouvait déjà plus ! Mais quand allait donc agir cette putain de drogue ! Cette fois-ci c’était sûr, il allait crever ! Avec de l’héroïne, ça ferait déjà bien longtemps qu’il ne souffrirait plus. Non, il fallait qu’il tienne le coup. Ne pas baisser les bras. Ne surtout pas baisser les bras. Il fallait qu’il s’en sorte. Il voulait s’en sortir. Et puis, il venait de faire la paix avec Don, ce serait trop con de tout foutre en l’air parce qu’il n’aurait pas eu le cran de tenir quelques minutes de plus. La méthadone allait sûrement le soulager bientôt. Dans très peu de temps. C’était juste une question de patience. Mais putain, si elle pouvait se grouiller d’agir, ça l’arrangerait vachement !
Et puis, au bout de quelques minutes, il fut récompensé. Les douleurs commencèrent à s’estomper et il put relâcher son emprise sur le coussin. Ce qui était drôle c’est que ses doigts l’avait serré tellement fort qu’il eut du mal à les déplier. Recroquevillé sur le côté, il fixa le vide devant lui et s’immobilisa totalement. Il avait cette impression étrange que s’il bougeait le moindre muscle, les douleurs se réveilleraient aussitôt. Il ne préférait pas tenter le diable. En tout cas, pas tout de suite. La bouche entrouverte, il prit plaisir à écouter son souffle se ralentir et savoura l’agréable sensation de « l’après crise » Ce moment où, après avoir violemment souffert, le corps est enfin soulagé … et n’a plus mal.

- ça va mieux ? Entendit-il soudain.

Il ne l’avait pas remarqué tout suite mais Sheldon était assis sur la table basse. Danny le regarda en ne remuant que les yeux.
- Mmm. Lui répondit-il
- Et « Mmm » veut dire ?
- « Mmm » veut dire que j’suis claqué mais … qu’ ça va. Répondit nonchalamment le jeune homme.
- Je t’ai apporté un linge humide, une serviette et un sweat de rechange.
- ça veut dire que je vais devoir bouger ?
- Euh … oui, je crois. Dans cette position, ça va être un peu difficile de te changer. Lui sourit le médecin.
- Je veux pas bouger. Je suis bien comme ça.
- Danny, t’es trempé. Tu vas attraper la crève.

Cette dernière remarque eut l’avantage de faire beaucoup rire Danny.

- Entre nous, un p’tit rhume me fait vraiment pas peur. Affirma Danny, le corps secoué par son hilarité.
- Oui, c’est certain mais une pneumonie. Je t’assure que c’est moins drôle.
- Ah oui. En effet, c’est moins drôle. Perdit-il soudain le sourire. Bon alors, puisqu’il le faut …

Danny commença par déplacer prudemment un bras. Puis, quand il vit qu’aucune douleur ne pointait le bout de son nez, il poursuivit le mouvement avec le deuxième. Prenant appui sur le divan, il se redressa finalement en position assise. C’est alors qu’il fut saisi d’un vertige qui lui brouilla la vue et lui fila la nausée.

Danny, se précipita alors sur le seau et y vomit une fois de plus. Mais cette petite crise se dissipa rapidement.
Il se releva, visiblement lassé.

- ça va ? S’enquit Sheldon.
- Oui, mais j’en ai vraiment ma claque. Moi qui déteste être malade. Je crois bien que je l’ai été pour les vingt prochaines années !

Sheldon sourit et lui tendit le tissu humide. Danny se rafraîchit alors puis s’épongea le visage avant d’enlever son sweat trempé de sueur, de se sécher le torse et d’en enfiler un propre.

- Finalement, ça fait du bien. reconnut-il en se laissant glisser dans le canapé.

Affalé sur le dos de tout son long, une main sur le ventre et un bras ballant dans le vide, Danny fixa un instant le plafond et soupira paisiblement avant de fermer les yeux.

- Tu devrais aller te coucher dans ton lit. Ce serait plus confortable.

- Mmm. Gémit Danny.
- Et ce « Mmm » là veut dire ?
- Peux pas … pas le courage. Prononça-t-il les yeux fermés. A moins que tu veuilles me porter jusque là-bas ? Finit-il sa phrase en souriant.
- Dans tes rêves Danny ! Lui rétorqua son ami après avoir échapper un rictus.
- Bon, alors on est d’accord. Je reste ici et tu prends le lit. … Et t’en fais pas, je serais sage. Ajouta-t-il en ouvrant un œil pour le regarder.
- Ok. On fait comme ça.

Sheldon allait se lever pour le laisser se reposer quand il se rendit qu’il avait oublier de lui dire une chose importante.

- Au fait, félicitation.
- Quoi ? Pourquoi ? Demanda Danny, intrigué, en ouvrant les yeux et en se redressant légèrement pour prendre appui sur ses coudes.
- Parce que ça fait un peu plus de vingt-quatre heures que t’as plus une goutte d’héroïne dans les veines. Que t’y as pas touché.

Danny sourit de satisfaction avant de plonger son regard illuminé d’espoir dans celui de Sheldon.

- C’est un bon début non ?
- Oui. Excellent. Confirma le médecin dans un sourire.
- Et ça, c’est grâce à toi. Lui confia Danny, extrêmement reconnaissant … Je crois que je vais te garder comme coach. T’es pas mal. Plaisanta-t-il ensuite.
- Merci, mais ce sont les joueurs qui font le plus gros du boulot sur le terrain. Et puis, n’oublie pas qu’il faut persévérer et gagner plusieurs matchs pour pouvoir remporter la coupe. Lui dit plus sérieusement Sheldon.
- Je sais … Ça me fait un peu peur mais … On la gagnera cette coupe.

Et dans ses yeux brillait ... la détermination des vainqueurs ...
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyMer 30 Avr - 15:03

Toujours personne ??? Bon, tant pis, je poste quand même ...

Petit rappel des chapitres précédents :

Arrow Chapitre 22 : Suite au perpétuel cauchemar qui hante ses nuits, Danny sort de l'appartement et est sur le point de rechuter, mais il réussit finalement par avoir le dessus sur ses démons.
Arrow Chapitre 23 : Sheldon qui a cru que tou était perdu, est surpris de voir Danny revenir dans l'appartement. Ils jouent alors au billard tout le reste de la nuit. Durant la partie, Danny lutte encore contre les horribles pensées qui l'assaillent, mais quelques heures plus tard, il va beaucoup mieux. Les deux hommes décident alors de se faire un petit déj mais quelqu'un frappe à la porte. Il s'agit de Mme Iddle, qui, inquiète de la santé de son voisin, lui a fait des cookies. Après avoir refermé la porte Danny s'excuse auprès de Sheldon pour s'en être pris à lui la veille.
Les deux hommes se régalent avec les cookies. Sheldon informe son ami qu'ils doivent aller donner un coup de main à une de ses connaissances. Danny est partant et pendant que le médecin va prendre sa douche, il se décide enfin à appeler sa mère.
Arrow Chapitre 24 : Sheldon emmène Danny au foyer "Martin Luther King" pour y effectuer quelques travaux dans la bibliothèque. Le jeune expert fait alors la connaissance de deux nouvelles personnes : Soeur Lucy, une très sympathique amie de Sheldon et, Mike, un jeune garçon qui vit au foyer. Un lien particulier s'instaure alors entre l'homme et l'enfant. Mike se met à lui raconter son histoire. Une triste histoire, une histoire de junkies, une histoire qui touche profondément le jeune expert. Il culpabilise alors de devoir dissimuler son propre état de "Junkie" à ce gamin qui lui fait confiance.
Sheldon et Danny abordent ensuite un autre sujet délicat : Don. A première vue, Danny n'a pas l'air décidé à lui pardonner mais il demandera finalement à Sheldon de passer chez Don au retour.
Arrow Chapitre 25 : Danny se pointe chez son ami policier. Après un début de conversation houleux, les deux hommes se réconcilient. Un problème survient cependant : ce détour recule l'heure de la prise de méthadone. Débute alors pour Danny une nouvelle crise de manque qu'il réussit à surmonter courageusement. Après cette crise, Danny et Sheldon ont une conversation qui montre clairement que Danny a décidé de s'en sortir coûte que coûte.


**********************************************************************************

Chapitre 26


Le lendemain, Don vint rendre visite à ses amis, comme promis. D’un commun accord, ils décidèrent alors d’aller boire un verre en ville … pour changer d’air, de cadre et pouvoir réellement se vider l’esprit. C’est ainsi qu’ils passèrent une bonne partie de la nuit, dans un petit bar sympa, à boire, à discuter, à rire et à se défier aux fléchettes ou encore au billard. Loin du contexte pesant et douloureux des derniers jours, Danny et Don oublièrent presque totalement leurs querelles. Les joutes verbales qu’ils prirent plaisir à s’échanger amusèrent d’ailleurs beaucoup Sheldon. C’était tellement agréable de les retrouver tous les deux … comme avant. De les voir agir l’un envers l’autre avec tant de complicité et d’amitié, malgré tout ce qui s’était passé, malgré tout ce qu’ils s’étaient dits.

Le début du jour suivant se passa tranquillement. Après une grasse matinée bien méritée, les deux occupants de l’appartement 3G n’étaient sortis qu’une petite heure pour prendre l’air. Il faut dire qu’après leur nuit blanche, ni l’un ni l’autre ne se sentait le courage de faire autre chose que de paresser. Ils furent ainsi légèrement agacés quand un visiteur impromptu se manifesta à la porte en début d’après midi. Danny était en train de préparer du café dans la cuisine, ce fut donc Sheldon qui se vit obligé de se lever pour aller ouvrir. Quand le jeune expert se retourna pour rejoindre Sheldon et l'invité surprise, il tomba nez à nez avec Mac et s’immobilisa, paralysé d’angoisse. Son supérieur, ayant réussi à se libérer de ses obligations professionnelles durant quelques heures, en avait profité pour faire un petit crochet dans leur quartier.

- Bonjour Danny. Fit-il doucement en le fixant.
- Bonjour. Répondit le jeune homme avant de déglutir, ne pouvant éclipser de son esprit leur dernière discussion.
- Comment allez-vous ?
- ça va. … Vous … vous voulez une tasse de café ? Balbutia-t-il anxieusement.
- Volontiers. Lui sourit Mac.
- Installez-vous, … je … vous l’apporte tout de suite. Fit Danny avant de retourner dans la cuisine.

L’invité hocha alors la tête et se débarrassa de son manteau avant de se diriger vers Sheldon et de s’asseoir dans le canapé.

- Comment va-t-il ?
- ça fait trois jours et il tient le coup. Ayez confiance en lui. Cette fois-ci il va y arriver.
- Il le faut … Soupira Mac, soucieux … parce que s’il rechute, il me sera impossible de le couvrir davantage et je devrai prendre les mesures qui s’imposent. Je ne peux pas courir le risque qu’il fasse n’importe quoi au labo ou qu’il mette en danger la vie des autres. C’est déjà un véritable miracle qu’il ne se soit rien passé de grave jusqu’à aujourd’hui.
- Oui, bien sûr, je comprends.
- Comme Adam est au courant de la situation, je l’ai chargé de vérifier discrètement toutes les affaires sur lesquelles Danny a travaillé depuis deux mois. Il va passer au crible toutes ses analyses, toutes ses conclusions.
- Mac, il a toujours bossé avec l’un de nous. S’il avait fait des erreurs, on s’en serait aperçu, vous croyez pas ?
- Possible, mais je préfère en avoir le cœur net. Il est question de l’avenir de vies humaines. Je ne peux pas fermer les yeux là-dessus. J’espère seulement qu’Adam ne trouvera rien de compromettant … parce que les conséquences en seraient désastreuses.
- Mac, je me souviens plus … avec ou sans sucre ? Intervint soudain Danny en réapparaissant.
- Sans. Répondit immédiatement son interlocuteur en s’efforçant de sourire à nouveau.

Mais Danny ne fut pas dupe. Il comprit immédiatement qu’il venait d’interrompre une conversation le concernant. Cependant, il ne chercha pas à en savoir plus. Il s’avança vers son patron et lui tendit la tasse de café, avant de prendre place dans un fauteuil en face de lui. Désireux d’évacuer l’angoisse qui lui tiraillait le ventre, le jeune expert extirpa une profonde respiration puis regarda Mac sans oser prononcer le moindre mot. Les deux hommes se fixèrent un court instant avant de baisser simultanément les yeux. Un silence oppressant prit alors possession des lieux et l’atmosphère devint très vite pesante. Aucun des deux ne se sentait à l’aise avec l’autre, … mais pas pour les mêmes raisons.
Mac avait toujours à l’esprit la terrible et triste image de Danny se piquant le bras avec une seringue d’héroïne, et il ne pouvait s’empêcher de penser qu’il en était en partie responsable. Deux mois durant, son protégé s’était adonné à ce sinistre rituel, … et lui n’avait rien vu. Il n’avait pas su déceler sa détresse et son appel à l’aide. Et aujourd’hui, il risquait d’être contraint de le mettre à la porte. Maudit soit son stupide aveuglement !
Danny, lui, avait honte. Honte que Mac ait assisté à cette misérable scène dans le squatte. Honte d’avoir craqué, d’avoir été aussi faible, de ne pas avoir réussi à garder la tête hors de l’eau comme l’aurait probablement fait l’homme qui était assis sur le canapé. Honte de n’être plus que l’ombre de lui-même, d’être devenu cet infâme et machiavélique junkie prêt à manipuler et à trahir ses proches, voir même à s’en prendre à eux physiquement. Il se répugnait et Mac ne devait pas en penser moins à son sujet.
Ressentant indéniablement le malaise qui avait envahi les deux hommes, Sheldon se décida à briser la glace.

- Alors Mac, cette affaire en rapport avec la mairie, ça avance ?

Les deux experts muets relevèrent aussitôt les yeux vers lui et Mac répondit en commençant à expliquer où en était l’enquête. Danny observa son patron en silence et se rendit compte au fil de la discussion qu’il n’était finalement pas venu pour lui faire des reproches. Il n’en avait ni le ton, ni le regard. Cette simple constatation lui permit de se décrisper. Le climat ambiant devint alors petit à petit plus détendu et il se mit lui aussi à manifester de l’intérêt pour l’affaire délicate qui faisait la Une des journaux. Sheldon en vint ensuite à parler du Foyer « Martin Luther King », de ce qu’ils y avaient fait et de ce qu’ils comptaient encore y faire cette semaine. Danny, lui, évoqua succinctement sa réconciliation avec Don. Cette nouvelle ravit Mac. Par contre, il se garda bien de raconter la crise de manque qu’il avait dû souffrir ce jour-là ainsi que ce qui s’était passé la nuit où il avait failli replonger. Sheldon non plus n’en dit pas un mot, même pas en aparté, quand Danny alla dans la cuisine pour prendre son traitement antirétroviral. Mac n’avait pas besoin d’être au courant.
Une petite heure plus tard, celui-ci s’apprêtait à quitter l’appartement, étant obligé de regagner le laboratoire. Avant de partir, il se tint face à Danny et le fixa d’un regard bienveillant.

- Vous êtes capable de vous en sortir Danny. Ne lâchez surtout pas ! Lui affirma-t-il alors sur un ton convaincu.

Le jeune homme, surpris de la confiance que semblait à nouveau lui accorder Mac, se contenta de lui répondre par un hochement de tête. Puis celui-ci lui tourna le dos et sortit de l’appartement.

La semaine commença plutôt bien. Danny supportait de mieux en mieux la Méthadone et les vagues de nausées lors des prises du substitut furent, de ce fait, moins fréquentes. Sheldon, quant à lui, avait pris soin d’établir le programme de leurs activités quotidiennes. Ainsi, il décida que chaque journée débuterait par un bon petit déjeuner, accompagné évidemment de son fameux cocktail multivitaminé. Bien que loin d’être fan, Danny s’accommoda de cette première contrainte … mais quelle ne fut pas sa surprise quand son ami lui imposa un soit disant « petit et tranquille » footing matinal. « Petit et tranquille » ? Manifestement lui et Sheldon ne mettaient pas tout à fait la même signification derrière ces mots, ou tout du moins, plus maintenant. En effet, Danny, qui avait cessé toute activité sportive pour s’abandonner exclusivement à la nonchalance pernicieuse et euphorisante de la drogue, eut toute la peine du monde à suivre son ami médecin sans être au bord de cracher ses poumons. Ils durent ainsi faire plusieurs pauses en chemin pour éviter qu’il ne se sente mal. Et cela eut le don de blesser terriblement le jeune expert dans sa fierté. Danny avait du mal à supporter sa faiblesse physique et l’exprima par quelques propos sarcastiques. Mais il dut finalement se rendre à l’évidence. Il ne s’agissait effectivement que d’un petit footing de remise en forme et il n’était plus capable de tenir la distance. Pitoyable ! Ce premier test lui permit néanmoins de constater à quel point il avait malmené sa santé ces derniers mois. La perte de sommeil et les carences alimentaires, symptômes de l’héroïnomanie, sans oublier les souffrances infligées par ses récentes crises de manque, avaient considérablement affaibli son corps. Sheldon tenta alors de le rassurer en lui affirmant qu’avec le traitement, de la persévérance et de l’entraînement, il retrouverait bientôt tout son potentiel physique.
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyMer 30 Avr - 15:04

Les deux premiers jours passés au foyer « Martin Luther King » se déroulèrent on ne peut mieux. La reprise des cours avait rendu les lieux quasiment déserts, et, comme l’homme chargé de l’entretien était toujours malade, Danny et Sheldon se proposèrent d’effectuer les quelques réparations indispensables dans les chambres et dans les salles d’eau. Un pied de lit cassé, le dossier d’une chaise endommagé, un robinet qui fuit, bref, ce genre de choses.
Le mercredi, ils ne vinrent que l’après-midi afin de terminer la repeinte des murs de la bibliothèque. Mais cette fois-ci, sœur Lucy n’en interdit pas l’accès. En effet, la plupart des pensionnaires n’avaient pas classe ce jour-là et certains d’entre eux devaient y travailler.
Dès que les deux experts mirent les pieds dans l’enceinte du foyer, la nouvelle de leur présence se propagea rapidement et vint jusqu’aux oreilles du petit Mike. Sa réaction ne se fit pas attendre. Aussitôt sorti du réfectoire, il se dépêcha de monter dans sa chambre pour y prendre cahiers et crayons et ainsi pouvoir faire ses devoirs à la bibliothèque. Quand il pénétra dans la pièce, il jeta ses affaires sur la première table venue avant de scruter attentivement les lieux. Il repéra très vite Sheldon qui était occupé à peindre un des murs. Mais … aucune trace de Danny. Mike soupira et arbora instantanément une moue déçue. Il adorait Sheldon, oui, mais avec Danny, c’était différent. Lors de leur brève discussion, il avait vraiment senti que le courant était bien passé avec lui. C’était un sentiment étrange, une drôle de sensation. Difficile à expliquer. Il avait eu l’impression … que Danny pouvait le comprendre d’une certaine façon, que quelque chose les liait. Quoi exactement ? Il l‘ignorait. Mais Danny le fascinait … et l’intriguait. Un sentiment intérieur qui le poussait irrémédiablement à vouloir s’en rapprocher et, quelque part, à lui faire confiance.
Mike s’avança vers Sheldon pour le saluer.

- Salut Doc !
- Salut Mike ! Lui répondit le médecin en interrompant sa tâche pour se tourner vers lui. Ça va comme tu veux ? La reprise des cours, ça s’est bien passé ?
- Ouais. La routine. Ma prof de littérature me gonfle toujours autant. Une vraie peau de vache !
- Je compatis. Sourit Sheldon.
- Euh … Dis Doc, ton pote de la semaine dernière, il est pas venu ?
- Danny ? Si. Il va arriver.
- Cool ! Se réjouit immédiatement le jeune garçon.
- Il m’a dit que vous aviez fait connaissance !
- Il t’a tout raconté ? S’inquiéta Mike.
- Non. Juste que vous aviez bien discuté. C’est tout.

Ce à quoi le gamin répondit en hochant la tête, rassuré.

- Hey Mike ! Comment ça va mec ? Se fit soudainement entendre une voix derrière eux.

Mike se retourna et vit Danny lui tendre la main en souriant. Le visage illuminé d’un large sourire, il tendit alors la sienne pour venir frapper amicalement celle du jeune expert.

- Bien.
- Et toi ? Demanda soudain plus sérieusement Sheldon à son ami.
- ça va, t’inquiète. C’était juste passager.

Le jeune garçon fronça les sourcils, ne comprenant pas toute la signification de l’échange qui avait lieu devant lui, mais ne s’en soucia pas plus que ça.

- Dites, Danny, … euh … je voulais vous demander un truc. Hésita-t-il à poursuivre, appréhendant un refus.
- Tu peux me tutoyer tu sais, mais, vas y, pose ta question. Lui répondit l’expert tout en craignant de son côté le sujet qu’allait aborder Mike.
- Ben, en fait, … j’ai un devoir de sciences à faire et je me demandais si tu pouvais pas m’expliquer deux trois trucs auxquels j’ai rien compris.
- Oui ! Bien sûr. Lança t-il dans un rictus mêlé à un soupir de soulagement. Je devrais pourvoir m’en sortir … enfin si … Continua-t-il en interrogeant Sheldon du regard.
- Y a pas de problème. Vas-y. Je le terminerais tout seul ce pan de mur. Répondit le médecin en souriant.
- Ok.

Danny se tourna alors vers Mike en claquant ses mains pour se les frotter.

- Bon alors, ce devoir de sciences, de quoi il retourne ?

Mike lui fit alors signe de le suivre jusqu’à la table où il avait posé ses affaires. Ils s’y installèrent rapidement et, très consciencieusement, le jeune garçon expliqua son devoir. Danny l’écouta attentivement, prenant très à cœur la nouvelle opportunité qui lui été donné de se rendre utile, et surtout, d’aider le petit Mike, pour qui il commençait à avoir de l’affection.

- Merci. Dit l’enfant en refermant ses cahiers au bout d’une heure.
- C’est pas grand-chose.
- Si … mes parents l’ont jamais fait. Ils se sont jamais occupés de nous. Poursuivit tristement Mike en baissant la tête.

Pris au dépourvu à nouveau, Danny le fixa quelques secondes la bouche légèrement entrouverte puis détourna le regard pour le plonger dans le vague. Il se sentait tout d’un coup très mal à l’aise.

- Tu sais … tu sais ce qu’ils sont devenus ? Demanda-t-il finalement en le regardant.
- On m’a dit qu’ils avaient fait de la taule. Mais depuis qu’ils sont sortis, j’ai plus aucune nouvelle. Ils sont peut-être morts. Fit Mike avec une impassibilité surprenante. J’m’en fous. C’était que des connards de Junkies. Ils étaient faibles. J’veux pas devenir comme eux. Continua-t-il durement les yeux brillants de larmes.

Le jeune expert joignit nerveusement ses mains sur la table et soupira. Une boule d’angoisse se mit à lui serrer la gorge. Comment pouvait-il le laisser se confier à lui alors qu’il ne valait guère mieux que ses parents ? Comment pouvait-il continuer à lui mentir aussi lâchement ? Oui, il était faible lui aussi.

- Qu’est-ce que tu t’es fait à la main ? Demanda soudainement l’enfant en observant sa main bandée.
- Je … je me suis coupé avec du verre. Un stupide accident. Lui mentit-il encore, non sans un arrière goût amer.
- J’ai fini Danny. Lança subitement Sheldon en s’approchant de la table. On y va ? L’heure tourne.
- Ouais. On y va. Répondit-il en se levant.
- Vous allez revenir ? Fit aussitôt Mike.
- Non, pas cette semaine. Mais on repassera la semaine prochaine. Promis. Lui assura le jeune médecin.
- Ok. A la semaine prochaine alors. Bye ! Se réjouit à l’avance le gamin avant de prendre ses cahiers et de sortir de la bibliothèque.
- Bye ! Lui répondirent simultanément les deux hommes.

Une fois Mike sorti de la pièce, Danny poussa un profond soupir d’amertume. Sheldon tourna aussitôt la tête vers lui.

- ça va pas ?
- Si. Je veux juste qu’on rentre. Lâcha Danny en fixant le vide que venait de laisser le jeune garçon.

Hawkes hocha la tête, légèrement soucieux. Ils allèrent ensuite dire au revoir à sœur Lucy et se mirent en route vers l’appartement. Sur le trajet il tenta d’entamer plusieurs fois la conversation avec quelques banalités. Mais il abandonna quand il s’aperçut que Danny, trop absorbé par ses pensées, ne lui répondait que par monosyllabes.
Vingt minutes plus tard, leur véhicule se gara et Sheldon coupa le contact.

- Je vais lui dire. Déclara soudainement Danny, sans détacher ses yeux du pare-brise.
- Quoi ? De quoi tu parles ? Fut surpris Sheldon.
- Je ne peux plus lui mentir. Ajouta le jeune expert avec une grande sincérité en regardant son ami.
- C’est une mauvaise idée. Répliqua aussitôt celui-ci, ayant compris à qui Danny faisait allusion.
- Il me fait confiance et moi, je le trahis !
- Danny, bien qu’il soit très mûr pour son âge, Mike n’est qu’un gamin ! Il n’aura pas conscience de ce qu’implique une telle confidence ! Il sera furieux contre toi et pourrait raconter ce qu’il sait à n’importe qui ! Tu es prêt à prendre ce risque ?
- Je sais pas. Murmura l’expert avant de perdre son regard sur le tableau de bord.
- Alors réfléchis. Et surtout pèse bien le pour et le contre.

Jeudi. Journée fraîche et ensoleillée. Une belle journée. Elle aurait pu se dérouler comme les premières. Bien. Sans qu’aucun événement important et déstabilisant ne vienne la troubler. Sans que Danny ne soit obligé de se confronter une fois encore à ses doutes, ses peurs et à cet autre ignoble qu’il tentait de faire disparaître. Mais le destin, dans son jeu perfide, en avait décidé autrement …
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyMer 30 Avr - 15:05

Chapitre 27



De sombres geignements déchirèrent soudain le silence de l’appartement, extirpant Sheldon du léger sommeil dans lequel il était plongé. Allongé sur le canapé, il ouvrit lentement les yeux, et soupira d’affliction quand il comprit ce qui était en train de se passer. Malheureusement, ces réveils nocturnes commençaient à devenir une triste habitude. Inquiet, il tendit l’oreille, mais ne se leva pas. C’était inutile. Hormis se montrer vigilent et présent au besoin, il était inexorablement impuissant.
Comme chaque nuit, les plaintes s’intensifièrent … encore … et encore, jusqu’à ce qu’elles s’achèvent en apothéose sur un cri de terreur teinté de pleurs. Sheldon tressaillit et son cœur se serra. Il aurait tellement aimé pouvoir l’aider à se débarrasser de ce calvaire. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir essayé, d’avoir à maintes reprises tenté de lui faire comprendre qu’il pouvait se confier, qu’il pouvait décharger ce poids bien trop lourd pour ses seules épaules. Mais que faire contre un mur qui refuse de se fissurer ? Progressivement, les gémissements s’atténuèrent et finirent par laisser le silence reprendre possession des lieux.

Dans la chambre, Danny semblait terrorisé. Assis sur le lit, il tremblait, et avait la désagréable impression d’étouffer. Brusquement il se tint l’épaule et grimaça. Celle-ci lui faisait horriblement mal … Il sentait encore le couteau de Sanchez s’enfoncer dans sa chair, il entendait encore ses murmures pervers lui caresser l’oreille, il voyait encore le sang de son frère sur ses mains, … et puis Cécilia …, et Lindsay …
Hanté par ces souvenirs cauchemardesques, Danny balaya la pénombre du regard, comme pour être certain qu’il avait bien rêvé. Il ferma ensuite les yeux et prit plusieurs profondes et lentes respirations. Il fallait absolument qu’il se calme, qu’il reprenne le contrôle de son corps. Il joignit alors ses mains fébriles et les serra très fort pour tenter d’en faire disparaître les tremblements. Mais le plus dur restait encore à faire : combattre cette envie pernicieuse qui le frappait à nouveau. Cette irrépressible envie de succomber au moyen le plus radical d’annihiler son supplice. Plus qu’une envie, un besoin. Le besoin de se laisser submerger par cette ivresse ultime des sens. Ne plus penser, ne plus lutter, ne plus souffrir … Danny enfouit sa tête entre ses mains et souffla. Non. Il ne cèderait pas. Il fallait qu’il résiste, qu’il soit le plus fort. Il fallait qu’il oublie cette satanée came ! Mais Dieu que c’était difficile ! L’envie était si présente, là, dans sa tête. Il ouvrit finalement les yeux et regarda encore une fois autour de lui, avant de soudainement se lever. Pieds nus, il se rendit précipitamment dans la salle de bain. Là, il ouvrit le robinet du lavabo, plongea ses mains sous le jet et s’aspergea plusieurs fois le visage d’eau froide, comme s’il voulait noyer l’obsession qui l’assaillait. Et puis il s’arrêta, appuya ses paumes sur le rebord marbré et plongea son regard dans le fond du lavabo. Pourquoi sa culpabilité ne s’évanouissait-elle pas avec cette eau au fond des égouts ? Pourquoi avait-il toujours aussi mal ? Les yeux brillants, il redressa doucement la tête pour faire face à son reflet. Ses cheveux étaient trempés et des gouttes d’eau glissaient sur son front, ses joues et ses lèvres. Il se fixa alors intensément. Etonnant. Pour la première fois depuis bien longtemps, il n’éprouva pas de colère devant son double. Mais plutôt de la tristesse et des doutes. Aurait-il assez de courage pour aller jusqu’au bout sans rechuter ? Serait-il capable un jour de vivre … sans se retourner sur le passé ? Ce dernier point lui paraissait inconcevable. La douleur était bien trop grande, bien trop vivace. Il ne pourrait jamais oublier. Impossible. Alors quoi ? Se donnait-il tout ce mal pour rien ? N’avait-il désormais aucun avenir, aucun espoir d’être un jour... heureux dans cette vie ?
Mais Danny n’eut pas le temps de chercher une réponse à ses questions. Brusquement, il tressaillit, et s’éloigna du miroir en faisant un pas en arrière. Ce qu’il venait d’y voir lui glaça le sang et lui fila la chair de poule.
Un miroir brisé et ensanglanté, dans lequel était apparue l’image d’un type rongé par la douleur. Un type aux yeux bouffés par la haine et l’avidité, qui haletait et qui tremblait tel un aliéné. C'était comme s’il venait d’avoir la vision d’un homme possédé par le diable. Le problème, c’est que cet homme, c’était lui. Encore sous l’effet de la surprise, Danny fronça les sourcils. Hallucination ou … souvenir ? Il baissa alors la tête et regarda sa main bandée. Peut-être y avait-il une corrélation. Peut-être que c’était sur ce miroir qu’il se l’’était écorchée. Où ? Comment ? Il n’arrivait malheureusement pas à se rappeler, mais ce dont il était sûr à présent, c’est qu’il ne voulait plus que ce salopard revienne. Jamais.

Il poussa alors un profond soupir avant de se détourner du miroir, d’éteindre la lumière et de sortir de la pièce. Quand il entra dans le salon, il essaya d’être le plus discret possible pour ne pas réveiller Sheldon qui semblait dormir. Pas évident dans le noir, mais il connaissait bien les lieux. Il se glissa donc sans trop de difficulté jusque dans la cuisine. Il sortit ensuite un soda du réfrigérateur et, là encore, prit soin de le décapsuler sans bruit. Songeur, Danny s’approcha du minibar et observa de loin son ami. Il réalisa alors qu’il avait une chance incroyable de le connaître. C’était vraiment un type exceptionnel, d’une générosité et d’une amitié sans faille. Qu’aurait-il fait sans lui ? Il aurait probablement déjà abandonné. Cela faisait maintenant presqu’une semaine qu’il ne touchait plus à l’héroïne et il savait bien que c’était à lui qu’il le devait. Pourrait-il seulement un jour lui rendre la pareille ? Une fois le contenu de la canette vidé, il la jeta à la poubelle et reprit le chemin de sa chambre avec tout autant de précaution qu’à l’aller.
Seulement c’était sans compter sur ce malheureux pied de tabouret contre lequel vint se cogner violemment son pied. La douleur fulgurante qui s’en suivit le fit aussitôt trépigner sur place.

« Putain de bordel de merde !!!! Saloperie ! » Pesta-t-il en serrant les dents pour éviter d’élever la voix. Il eut en cet instant la furieuse envie de balancer au travers de la pièce ce putain de tabouret !!! Mais cela ne lui sembla finalement pas être une idée judicieuse s’il désirait rester discret.

Sheldon qui était, contrairement à ce que pensait Danny, réveillé depuis un long moment déjà, ne put s’empêcher de rire. Il se redressa alors et s’assit sur le canapé pour s’enquérir de son état.

- ça va ? Se marra t-il.
- Ouais, c’est ça, vas y, marre toi ! ça fait un mal de chien cette connerie j’te signale ! Râla le jeune expert en reposant son pied sur le sol.
- Tu crois pas que c’est moi qui devrais être furieux ? C’est quand même toi qui fais un boucan du diable en pleine nuit dans la pièce où je dors ! Continua t-il en souriant.
- Ouais, excuse-moi. Je voulais pas te réveiller. J’avais juste soif.
- C’était juste pour ça ? Dit plus sérieusement et calmement Sheldon.
- Oui, bien sûr. Quoi d’autre ? Mentit Danny sans être tout à fait à l’aise.
- Arrête tu veux, je t’ai entendu crier.

Danny baissa la tête et se mordilla la lèvre inférieure. Il resta silencieux.

- Ça te ferait du bien d’en parler tu sais ?
- Ce qui me ferait surtout du bien, c’est d’aller dormir. Répondit-il posément en fixant la silhouette qu’il distinguait à peine dans la pénombre. Encore désolé de t’avoir réveillé. S’excusa-t-il à nouveau avant de quitter le salon.

Déçu, Sheldon soupira et le regarda sortir avec un pincement au cœur. ça ne serait pas encore pour cette fois-ci ...

(à suivre ... : Mr.Red )
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MessageSujet: Re: CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4)   CSI NY - Au fond du Gouffre [Angst] (4/4) - Page 3 EmptyMer 14 Mai - 21:36

Chapitre 28



Epoumoné, Danny s’arrêta et se pencha en avant pour venir appuyer ses mains sur ses genoux. Sheldon, qui courait quelques mètres devant lui, ne fut pas longtemps à s’en apercevoir et revint à ses côtés en trottinant.

- Allez Danny, tu ne vas pas me dire que t’abandonnes déjà ?
- Déjà ? … Tu rigoles ? … ça fait bientôt … 40 minutes … qu’on court ! Peina-t-il à prononcer entre deux respirations sifflantes. … Ton idée de petit tour à Central Park, … c’était sympa, … mais je l’aurais aimé… un peu plus petit … ce tour ! … Tu m’as tué ! Grimaça-t-il en ne relevant que la tête pour jeter un œil sur Sheldon.
- Tu crois pas que t’exagère un peu ? Allez courage, on n’en a plus pour longtemps ! Il faut que tu persévères si tu veux retrouver ton endurance physique.
- Détrompe toi, … mon endurance est très performante … mais dans un sport … bien plus plaisant … et excitant. Sourit-il, fier de sa réponse.
- En tout cas, y a pas à dire, t’as retrouvé ta modestie ! Fit le médecin en haussant un sourcil amusé.
- Non sans blague, c’est pas de la mauvaise volonté … J’en peux plus … je t’assure que j’en peux plus …
- Ok, ok, t’as gagné, on fait une pause. Consentit Sheldon en souriant à son tour.
- Dieu soit loué, enfin le mot magique ! S’exclama le jeune expert, soulagé.

Aussitôt sa phrase achevée, il se redressa et se traîna jusqu’à un banc sur lequel il s’effondra comme une masse. Les bras ballants derrière le dossier du banc, la bouche entrouverte et la tête légèrement renversée, il tenta tant bien que mal de récupérer un souffle régulier. Sheldon, quant à lui, vint s’asseoir tranquillement à ses côtés. Danny l’observa alors et plissa les sourcils, intrigué et stupéfié par son apparente fraîcheur après tous ces kilomètres parcourus.

- J’suis écœuré, t’es à peine essoufflé ! Mais comment tu fais ?
- Entraînement régulier, alimentation saine et équilibrée et puis, faut avouer, que je suis balaise. Sourit triomphalement le jeune médecin.
- Je vois que la modestie ne t’étouffe pas non plus !

Un éclat de rire amical et partagé s’en suivit avant que celui-ci ne s’estompe et ne laisse place à la tranquillité des lieux. Les deux hommes profitèrent alors de l’atmosphère paisible et agréable qui les entourait.
La température était anormalement basse pour la saison mais leur corps, réchauffé par l’effort, n’en subissait pas encore les désagréments. Ils étaient installés sur un banc au bord d’un chemin de promenade, non loin d’un des petits lacs que comptait le parc. Les arbres feuillus avaient perdu leurs feuilles, l’herbe s’était mise en sommeil jusqu’au printemps prochain et le chant des oiseaux se faisait rare. Cependant, malgré ces signes annonciateurs d’un hiver précoce, le soleil brillait en maître au dessus d’eux, déversant sur la nature cette luminosité chatoyante si caractéristique de l’automne. Il était midi passé de quelques minutes et beaucoup de New-Yorkais flânaient dans Central Park. De nombreux joggers s’entraînaient, défilant sans interruption devant les deux amis. Sur un autre banc, à quelques mètres d’eux, un vieux monsieur offrait un morceau de sandwich à son chien tout en le caressant affectueusement. Un peu plus loin encore, sur les pelouses, un groupe de lycéens, filles et garçons mélangés, riait gaiement. Probablement se racontaient-ils les dernières péripéties du rigolo de la bande, à moins qu’ils ne fussent en train de sortir quelques plaisanteries railleuses sur leur prof de littérature. Le regard de Danny se posa ensuite sur un jeune couple qui se baladait en se tenant simplement la main. Ils discutaient et se souriaient, jusqu’à ce que l’homme serre sa compagne contre lui pour déposer sur ses cheveux un tendre baiser. Ils s’aimaient, très probablement. Cette image laissa un arrière goût amer dans le cœur du jeune expert. Il se détourna alors de ce couple heureux, se frotta les bras nerveusement et fixa tristement le vide.

- La vie des autres paraît si simple. C’est pas juste. Déclara-t-il soudain dans un murmure empreint de peine.

Sheldon tourna la tête vers lui et remarqua l’expression sombre de son visage.

- Faut pas se fier aux apparences. Lui répondit-il.
- Ah ouais ? A ton avis, combien de ces personnes se sont mises à se shooter … pour oublier le mal qu’elles avaient fait à ceux qu’elles aimaient ?

Le jeune médecin soupira, affligé par le ton aigre des propos prononcés. Mais, d’un autre côté, il était aussi heureux que Danny commençait à lui parler de ce qu’il avait sur le cœur. Il ne chercha cependant pas à trop le brusquer, par crainte qu’il ne se ferme totalement à la discussion. L’important était pour l’instant d’aborder le sujet et de lui faire comprendre qu’il allait falloir qu’il parle de ses angoisses s’il voulait un jour les voir disparaître.

- Danny, tu n’as fait de mal à personne.

Ce dernier échappa un rictus acerbe et secoua la tête.

- Va donc dire ça à Louie, à Cécilia ou … à Lindsay. Je suis pas certain qu’ils soient d’accord avec toi. Affirma-t-il durement, les yeux brillants, en regardant Sheldon.
- Tu sais, il va falloir que tu te décides à en parler à quelqu’un. Pas forcément à moi ou à Don, mais …
- A un psy ? Haussa-t-il les sourcils, interloqué. C’est ça ? Tu voudrais que j’aille voir un psy ?
- Je pense que ça te ferait du bien en effet.
- Laisse tomber, j’ai déjà parlé à celle que Mac m’avait obligé de voir. Ça n’a pas marché !
- Evidemment, tu l’as baladée ! Lui rétorqua vivement Sheldon. Tu lui as dit ce qu’elle voulait entendre pour qu’elle t’autorise à bosser. Ce n’est pas vraiment ce qu’il faut faire pour que ça marche !
- Si elle était si capable de m’aider, pourquoi n’a-t-elle pas vu que je lui mentais ?

Sheldon ne sut que lui répondre, forcé de constater qu’il venait de marquer un point.

- De toute façon, j’en vois pas l’intérêt, j’ai rien à dire. Poursuivit Danny sur un ton assuré, après un silence.
- T’as rien à dire ? S’étonna Sheldon, sidéré et irrité par l’attitude bornée de son interlocuteur. Et ces cauchemars que tu fais toutes les nuits et qui te bouffent de l’intérieur ? C’est rien ça ? Tu te réveilles à chaque fois en hurlant ! Tu ne dors plus ! Tu crois pouvoir tenir encore combien de temps comme ça ? Tu crois pouvoir tenir combien de temps avant de craquer et d’aller t’acheter une dose ? Danny, parler de tes cauchemars, de ce que tu ressens, c’est un pas que tu devras forcément franchir pour t’en sortir et t’éviter de replonger !

Cette fois-ci, ce fut Danny qui garda le silence, parce qu’il savait au fond de lui que Sheldon avait raison. Il savait que s’il ne se libérait pas de cette douleur et de cette culpabilité qui l’étouffaient, il finirait par se tourner à nouveau vers le moyen le plus facile de les faire taire. De plus, les effets de l’héroïne avaient gravé en lui une empreinte indélébile. Il avait pu encore le constater la nuit dernière. Tout ne tenait qu’à un fil. Touché et apeuré par l’évocation de ses tourments nocturnes et de sa possible rechute dans l’enfer de la drogue, Danny baissa les yeux et détourna la tête. Il aurait aimé pouvoir raconter à Sheldon ce que son esprit lui imposait quand il fermait les yeux. Il aurait voulu lui dire ce qu’il avait ressenti quand il avait découvert le cadavre de Cécilia à la morgue. Il aurait souhaité pouvoir lui expliquer ce qu’il avait éprouvé quand il avait vu le visage tuméfié de Lindsay, quand il s’était aperçu qu’elle était terrorisée par sa présence et que la lueur qui brillait dans ses yeux … avait disparu. Il aurait enfin voulu qu’il sache à quel point il avait eu mal quand il avait entendu l’enregistrement du viol et les cris pervers de son bourreau. Mais il n’y arrivait pas. Quand il repensait à tous ces détails sordides, ses boyaux se tordaient et une boule lui étranglait la gorge. Il n’avait alors plus qu’une envie : fuir ces images, toute cette souffrance, et changer de sujet afin de ne pas se mettre à vomir et à pleurer.
Et c’est ce qu’il fit une fois de plus, après avoir poussé un profond soupir lui permettant de maîtriser ses émotions.

- Stella t’a appelé hier soir je crois ?
- Arrête de changer de sujet sans arrêt. Ça ne fait que repousser l’inévitable, tu le sais bien !

Mais Danny n’en démordit pas, fit la moue et resta muet. Dépité devant tant d’obstination, Sheldon n’insista pas et répondit finalement à sa question.

- Oui, elle a appelé hier soir. Elle voulait s’excuser de ne pas être passée cette semaine.

Soulagé que Sheldon laisse tomber, Danny essaya de se concentrer sur leur nouveau sujet de discussion.

- Et l’affaire de la mairie, ça avance ?
- Ils sont en train de la boucler. Ils ont recueilli assez de preuves pour inculper le conseiller du maire.
- Ah oui ? Wilson peut donc dire adieu à sa réélection !
- C’est ce que je pense aussi. Une publicité pareille laisse des traces.
- Et sinon, Stella ne t’a rien dit d’autre ? … Pas d’autres nouvelles ?
- Non. … Mais t’inquiète pas, je suis sûr que Lindsay va bien. Lui assura Sheldon, ayant compris le sous-entendu de sa question.

Danny lui sourit et hocha légèrement la tête.

- Y a un vendeur de hot dog au bout du chemin. Reprit Sheldon Tu veux boire ou manger quelque chose ?
- Ouais, je crève de soif et de faim aussi.
- Reste là. Récupère encore un peu. Je vais nous cherchertout ça.
- Tu sais que je t’adore Sheld ! Sourit aussitôt Danny.
- Ouais, n’en fais pas trop quand même, je pourrais changer d’avis !

Sheldon commença alors à se diriger vers la sandwicherie qui se trouvait à une quarantaine de mètres de leur banc. L’ambiance autour du petit baraquement était plutôt festive. Des artistes de rue s’étaient installés juste à côté et égayaient l’attente des clients en réalisant quelques pas de danses au rythme des djembes et des banjos qui les accompagnaient. Sheldon sourit, admiratif et intéressé. Ces jeunes gens étaient vraiment doués.

Danny, de son côté, resta songeur. Le regard plongé dans le vide, il ne cessait de ruminer les paroles de Sheldon. Tous ses horribles souvenirs refirent alors surface, lui filant une fois encore la nausée. Il se pencha en avant, souffla fortement et enfouit sa tête dans ses mains pour se frotter le visage. Puis il se redressa, s’adossa contre le banc, et prit une profonde respiration. Il devait absolument se raisonner et ne pas se laisser submerger par la douleur et le désespoir. C’était indispensable, c’était même vital. Pour s’y aider, il se remit à observer les gens qui arpentaient les allées, à observer toutes ces petites scènes du quotidien qui lui semblaient si … normales. Il les enviait, ces inconnus qui s’activaient autour de lui. Ils paraissaient si sereins et insouciants qu’il avait du mal à imaginer que leur vie puisse être aussi chaotique que la sienne. Quoiqu’en dise Sheldon.
Il regarda alors passer un homme aux allures de comptable. Celui-ci mangeait un sandwich dont la sauce dégoulinait sur sa belle cravate grise. Danny sourit, pensant que cette malheureuse tâche deviendrait probablement pour l’homme une affaire d’état d’ici peu. C’est alors que son visage s’illumina d’un sourire encore plus large quand il vit deux adolescents d’une quinzaine d’années s’embrassaient maladroitement contre un arbre. Manifestement, ils manquaient cruellement d’assurance et d'expérience. C’était plutôt amusant ... et touchant.
Deux jeunes garçons obstruèrent soudain son champ de vision. En écoutant furtivement leur discussion ponctuée de plaisanteries loufoques , Danny put en déduire qu’ils étaient frères. Cela lui rappela qu’il n’était toujours pas allé rendre visite à Louie depuis qu’il avait été transféré à la section médicalisée de Sing Sing, il y a trois semaines. Malgré toute sa persévérance et son implication, Mac n’avait rien pu faire pour l’empêcher. En effet, le procureur Mitford avec qui il avait passé un accord, avait été victime d’un anévrisme cérébral. Incapable d’occuper à nouveau sa fonction, il avait dû céder sa place à Stewart Jenkins, un jeune arriviste bien moins conciliant. Celui-ci avait réexaminé le dossier et avait jugé, en fonction des rapports médicaux, qu’il était inutile de prolonger le séjour hospitalier de Louie Messer, qu’il était aussi inutile de dépenser l’argent du contribuable pour une surveillance policière qu’il aurait, de toute façon, en milieu carcéral. Aux yeux de tous, Danny s’était montré fort face à ce nouveau coup du sort. Mais, en réalité et sans que personne ne s’en aperçoive, cette nouvelle l’avait plongé plus profondément dans les abîmes de l’héroïnomanie. Il s’était senti si impuissant, si coupable de ne pouvoir rien faire pour le protéger alors qu’il lui devait tant, si misérable d’être devenu aussi faible, de n’être plus capable que de se piquer le bras pour échapper à ses souffrances. Louie le connaissait trop bien, il aurait deviné que quelque chose n’allait pas. Alors, même s’il craignait pour la vie de son frère en prison, Danny n’avait pas trouvé le courage d'aller le voir et de l’affronter.
Le jeune expert soupira et se mordilla la lèvre, se rendant subitement compte que bien malgré lui, il se retrouverait bientôt au pied du mur. En effet, le procès de Louie s’ouvrait dans une vingtaine de jours et il ne lui serait alors plus possible de l’ignorer ou de le fuir.

Aigri et dépité, Danny secoua la tête en fixant le sol. Il avait décidément beau essayer de penser à autre chose, le passé le rattrapait inévitablement. Qu’est-ce qu’il ne donnerait pas en ce moment pour avoir la vie de monsieur tout le monde, pour être quelqu’un d’autre ou tout simplement, pour que son esprit le laisse souffler un peu, sans qu’il ne soit obligé de se shooter pour ça. Il jeta alors un œil sur Sheldon qui était sur le point de passer commande, puis posa à nouveau les yeux sur le jeune couple d’adolescents en face de lui. Il espérait que la vie les épargnerait, eux. C’est alors que les traits de son visage se figèrent soudain. D’un regard inquiet et suspicieux, Danny se mit à balayer les lieux à la recherche de la moindre anomalie. Autour de lui les gens riaient, discutaient. Il pouvait aussi distinguer l’écho d’une musique africaine et le sifflement d’une légère brise entre les branches des arbres. Mais … dans ce petit univers de sons harmonieux, quelque chose l’avait interpellé. Il lui avait en effet semblé entendre l’espace d’un instant quelques petits cris étouffés. Il tendit alors plus attentivement l’oreille mais la plainte avait cessé. Avait-il rêvé ? … Non. Un autre bruit plus distinct et plus fort se fit aussitôt entendre. Derrière lui. En direction du lac. De l’eau. Une forte et inhabituelle agitation d’eau.
Le cœur battant à un rythme effréné et la respiration alerte, Danny se leva brusquement et se retourna pour scruter la surface de l’eau. Très vite, il comprit que tout allait dépendre de lui et qu’il n’avait pas une seconde à perdre …
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